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aussi vite que leurs camarades voyants l'alphabet, la lecture et l'écriture.

L'Académie, heureuse des efforts infatigables faits par M. Méricant pour arriver à l'instruction complète et rapide des jeunes aveugles, lui décerne une médaille de vermeil1.

Si la moisson a été relativement abondante dans la section des lettres, la classe des sciences a dû, en revanche, constater avec regret la pénurie des mémoires soumis à son appréciation. On ne s'est point disputé ses couronnes. L'Académie ne voit dans ce fait qu'un hasard. Elle connaît ces alternatives de disette et d'abondance, et reste toujours disposée à encourager ceux qui viennent à elle. Un seul mémoire a appelé son attention. Elle n'a pas cru devoir nommer un rapporteur spécial pour la classe des sciences. Je transmets donc ici très exactement le rapport de notre honorable confrère, M. Salles, sur la chaudière à vapeur de M. Privât.

M. Privât définit sa chaudière de la manière suivante: «Chaudière à bouilleurs tronçonnés cylindriques, à faisceau multi-tubulaire, à dilatation libre et inexplosible». Elle est formée de deux corps superposés mis en communication à l'avant et à l'arrière. Le corps supérieur, servant de réservoir d'eau et de vapeur, est cylindrique; le corps inférieur est formé de deux tronçons cylindriques réunis par un faisceau de tubes inclinés de l'avant à l'arrière. Grâce à cette disposition, la vapeur et l'eau chaude sont entraînées de la partie basse vers la partie haute, tandis que l'eau froide, rejetée en arrière, descend du corps supérieur dans le tronçon inférieur. Ce mouvement général imprimé à la masse d'eau qui remplit les deux corps de la chaudière a l'avantage d'égaler rapidement la température dans toutes les parties, de contrarier le dépôt des matières inscrustantes, et enfin de concentrer ces matières dans la partie basse, qui est le tronçon d'arrière, le moins exposé aux coups de feu et le plus facile à nettoyer. Le constructeur a d'ailleurs

1. Rapporteur spécial, M. Saint-Charles.

ménagé pour ce nettoyage deux ouvertures autoclaves très faciles à manœuvrer, qui suffisent pour l'enlèvement du dépôt en service courant. Quand une opération plus complète devient nécessaire, on enlève les plaques amovibles qui forment les tètes des tronçons cylindriques et l'on nettoie le corps inférieur avec la plus grande facilité.

Toutes les parties de cette chaudière ont été bien étudiées. Le mode d'assemblage des deux corps supérieur et inférieur permet d'établir une solidarité complète entre eux quand on veut les déplacer et leur laisser, une fois mis en place, l'indépendance nécessaire pour le jeu des dilatations. Le foyer est disposé de manière à donner un grand développement à la surface de chaufle directe, et aussi de manière à faciliter le mélange des gaz à achever leur entière combustion. Enfin, le danger des explosions est, comme l'annonce le constructeur, amoindri autant que possible. En effet, les flammes du foyer n'atteignent que les parties basses de la chaudière, qui risquent peu d'être découvertes par un abaissement imprévu du niveau intérieur; les assemblages sont soustraits à l'action d'une chaleur trop vive, et les incrustations dangereuses sont très atténuées, peut-être même en grande partie évitées par suite du mouvement de circulation intérieure.

Tout concourt donc à prouver que la chaudière de M. Privât possède les avantages signalés par son auteur et qui se résument ainsi : mise en pression rapide, combustion satisfaisante des gaz, liberté des dilatations, atténuation des dépôts incrustants et, par suite, facilité d'entretien et diminution du danger d'explosion.

Par ces motifs, l'Académie accorde à M. Privât une médaille de vermeil, en regrettant de ne pouvoir lui attribuer la médaille d'or, qui appartient cette année à la classe des lettres.

Tels sont. Messieurs, les résultats du concours de l'année 1887. Ils prouvent, dans leur ensemble, que la région toulousaine entend rester fidèle à ses vieilles traditions de travail scientifique et littéraire. Je termine en remerciant encore une fois, au nom de l'Académie, tous ceux qui ont contribué pour leur part d'homme, selon l'expression de Tite-Live, à conserver et à fortifier ces bonnes traditions, en félicitant ceux qui emportent nos couronnes, et en adjurant les autres de ne voir dans l'apparence de rudesse que nous avons mise dans la forme de nos jugements que le désir sincère de retrouver, dans les années suivantes, les concurrents malheureux avec des travaux nouveaux ou améliorés, qui leur assureront une éclatante revanche.

SUJETS DE PRIX

PROPOSES

PAIt L'ACADÉMIE DES SCIENCES, INSCRIPTIONS ET BELLES LETTRES

DE TOULOUSE
POUR LES ANNÉES 1888. 1889 ET 1890

Art. 31. du Règlement. — L'Académie propose, tous les ans, dans la séance publique, une question relative au sujet de prix. Cette question, annoncée trois ans avant que le prix soit décerné, est fournie alternativement par la section des Mathématiques, par celle des Sciences naturelles et par la classe des Inscriptions et BellesLettres.

Les sujets de prix sont proposés dans l'ordre suivant : 1° les Mathématiques; 2° la Chimie; :!° l'Histoire naturelle; 4u la Physique; u° la Médecine et la Chirurgie; 6Q l'Astronomie. Cet ordre est interrompu tous les trois ans pour les sujets de prix dans la classe des Inscriptions et Belles-Lettres.

SUJET DU PRIX DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE A DÉCERNER EN 1888:

Ètiologie de la fièvre typhoïde.

8UJET DU PRIX DE LITTÉRATURE A DÉCERNER EN 1889:

Recherches sur l'histoire du pays Toulousain pendant la guerre de Cent Ans.

SUJET DU PRIX D'ASTRONOMIE A DÉCERNER EN 1890:

Exposer l'ensemble des résultats déduits, jusqu'à ce jour, des observations des taches du soleil, en ce qui concerne la rotation de cet astre. Discuter en particulier, à ce point de vue, les observations faites à Toulouse; en déduire la position de l'équateur solaire.

Chacun de ces prix sera une médaille d'or de la valeur de 500 fr.

Les savants de tous les pays sont invités à travailler sur les sujets proposés. Les membres résidants de l'Académie sont seuls exclus du concours.

L'Académie n'a pas décerné le grand prix de 1887, dont le sujet était la question suivante:

Etude historique et littéraire sur Bernard De La Roche Flavin et ses « Treize livres des parlements de France. »

C'est l'homme, l'écrivain, le moraliste, le témoin de la vie provinciale et des mœurs judiciaires des seizième et dix-septième siècles, plutôt que le jurisconsulte, qu'il s'agit de faire connaître.

En conséquence, et conformément à l'article 32 du règlement, l'Académie se réserve de décerner un prix extraordinaire à tout auteur d'un mémoire qui lui serait adressé sur ce sujet avant le 1" janvier 1888, et qui lui paraîtrait digne d'une palme académique

PRIX OAUSSAIL

Pour se conformer scrupuleusement aux intentions de Mm" veuve A. Gaussail et aux résolutions prises dans la séance du 8 mars 1883, l'Académie décernera tous les ans, et pour la troisième fois, en 1888, sous la dénomination de prix Gaussail, une récompense à l'auteur dont le travail manuscrit paraîtra le plus digne de celle distinction.

Ce prix, pour 1888, est fixé à 670 francs. Il n'est imposé aucun sujet particulier aux concurrents, qui sont libres de choisir parmi les matières variées qui font l'objet des études de l'Académie, dans les sciences et dans les lettres.

Les dispositions générales du concours Gaussail seront les mêmes que celles du prix ordinaire annuel de l'Académie.

MÉDAILLES D'ENCOURAGEMENT.

L'Académie décerne aussi, dans sa séance publique annuelle, des prix d'encouragement : 1° aux personnes qui lui signalent et lui adressent des objets d'antiquité (monnaies, médailles, sculptures, vases, armes, etc.), et de géologie (échantillons de roches et de minéraux, fossiles d'animaux, de végétaux, etc.), ou qui lui en transmettront des descriptions détaillées, accompagnées de figures;

2° Aux auteurs qui lui adressent quelque dissertation, ou observation, ou mémoire, importants et inédits, sur un des sujets scientifiques ou littéraires qui sont l'objet des travaux de l'Académie;

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