Sur l'opinion de feu le docteur Itard, médecin en chef de l'Institution nationale des sourds-muets de Paris, relative aux facultés intellectuelles et aux qualités morales des sourds-muets: réfutation présentée aux Académies de médecine et des sciences morales et politiques

Couverture
Michel Lévy frères, 1852 - 108 pages
 

Avis des internautes - Rédiger un commentaire

Aucun commentaire n'a été trouvé aux emplacements habituels.

Table des matières

Autres éditions - Tout afficher

Expressions et termes fréquents

Fréquemment cités

Page 26 - L'exemple de cet illustre aveugle prouve que le tact peut devenir plus délicat que la vue, lorsqu'il est perfectionné par l'exercice ; car, en parcourant des mains une suite de médailles , il discernait les. vraies d'avec les fausses ', quoique celles-ci fussent assez bien contrefaites pour tromper un connaisseur qui aurait eu de bons yeux; et il jugeait de l'exactitude d'un instrument de mathématiques, en faisant passer l'extrémité de ses doigts sur ses divisions. Voilà certainement des choses...
Page 85 - Il paraît encore par les mêmes observations que l'invention de l'art de communiquer nos idées dépend moins des organes qui nous servent à cette communication que d'une faculté propre à l'homme, qui lui fait employer ses organes à cet usage et qui, si ceux-là lui manquaient, lui en ferait employer d'autres à la même fin.
Page 18 - Si l'aveugle domine le voyant, que » deviendra celui-ci? un esclave. Si c'est le contraire , » plaignons le pauvre aveugle , il peut , au premier •» moment de contrariété, être abandonné seul sur le » bord de tous les précipices. Le sourd-muet circule « tout seul dans nos rues , sur nos places , dans nos » promenades, il voyage tout seul par terre, par mer. » Son œil est bon , car on comprend que , dès qu'un » sens manque , les autres acquièrent aussitôt plus '» d'énergie, plus...
Page 17 - ... des vivants, et même au milieu des plus vives clartés. Le sourd-muet, au contraire, jouit, comme tous les hommes, de l'éclat des cieux, des brillantes couleurs des fleurs, des richesses nouvelles de la campagne, de ce qui fait enfin le charme le plus attrayant de la nature et de la vie. Chez lui, on voit la pensée comme dans une glace transparente. Sa figure n'est pas seulement parlante; elle porte le sceau de la dignité humaine. Son attitude est...
Page 18 - S'agit-il d'envisager la question sous les rapports sociaux, et de déterminer lequel , du sourd-muet ou de l'aveugle, peut le plus utilement servir son pays? Si le sourd-muet ne peut pas , comme M. Rodenbach, siéger dans les chambres de son pays, il peut du moins l'éclairer de ses conseils et lui transmettre des réflexions écrites dont l'absence de la vue n'enchaîne pas l'essor rapide. « Lorsque l'ennemi est aux portes , le sourd-muet peut tirer son coup de fusil comme s'il parlait. Demandez-en...
Page 27 - Nous n'étudions les visages que pour reconnaître les personnes ; et si nous ne retenons pas la nôtre, c'est que nous ne serons jamais exposés à nous prendre pour un autre, ni un autre pour nous. D'ailleurs les secours que nos sens se prêtent mutuellement les empêchent de se perfectionner.
Page 25 - La physionomie trompe rarement le sourd-muet, tandis que le langage trompe presque toujours l'aveugle. Un célèbre diplomate disait : La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée.
Page 20 - ... vérité; il en est de cette question comme de beaucoup d'autres : on la résout en la considérant sous les points de vue distincts et tranchés qu'elle présente. Disons-le donc : sous le rapport de la formation de la raison , du développement de l'intelligence , rien ne remplace le langage ; mais pour les relations sociales , pour les nécessités de la vie positive, rien non plus ne saurait remplacer la vue.
Page 72 - Ainsi réduit à un petit nombre de désirs et de jouissances, le sourd-muet est à l'abri des grandes peines de l'âme : on ne le voit point morose et soucieux, comme ceux qui ont perdu l'ouïe après avoir connu tous les besoins de la vie sociale. Dans une réunion d'hommes parlants , il est distrait , ou inoccupé, ou observateur , mais jamais inquiet de ce qu'on peut dire sur son compte , ou attristé du sentiment de son infirmité. Au milieu, de ses pareils , sa gaieté pour être moins bruyante...
Page 99 - ... son esprit. Il résulte de là un être des plus extraordinaires, qui au dehors a toutes les manières et les usages de l'homme civilisé, et au dedans toute la barbarie et l'ignorance d'un sauvage...

Informations bibliographiques