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DE PHARMACIE

ET

DE CHIMIE,

CONTENANT UNE

REVUE DE TOUS LES TRAVAUX PUBLIÉS EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER,

SUR LES

SCIENCES PHYSIQUES, NATURELLES, MÉDICALES ET INDUSTRIELLES,

AINSI QUE LE

BULLETIN

DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS.

RÉDIGÉ PAR MESSIEURS
E.-J. BOUILLON-LAGRANGE. A. BUSSY.

P.-A. CAP.
P.-F.-G. BOULLAY.

E. SOUBEIRAN. A.-F. BOUTRON-CHARLARD.
J.-P. BOUDET.

0. HENRY.

E. FREMY.
J.-J. VIREY.

F. BOUDET.

Troisième série.

TOME CINQUIÈME.

00000

PARIS.
FORTIN, MASSON ET CIE, LIBRAIRES,

PLACE DE L'ÉCOLE DE MÉDECINE, 1.

1844.

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JOURNAL

DE PHARMACIE

ET

DE CHIMIE.

TROISIÈME SÉRIE. -- TOME V. N° 1.- JANVIER 184

Chimie.

Sur les produits d'oxydation de la protéine dans l'organisme

animal, par J. G. Mulder. (Annalen der Chemie und Pharmacie, vol. XLVII, cah, 3, p. 300.)

La fibrine, l'albumine, la caséine sont, ainsi que je l'ai déjà démontré précédemment, des corps essentiellement différents. Ils diffèrent dans leur proportion de soufre et de phosphore; mais ils contiennent le même principe, la protéine, dont la connaissance doit un jour donner la clef de la transformation de la plupart des substances les plus importantes du corps animal; mais ce moment n'est pas encore arrivé, puisque la connaissance de ce corps est encore de fraîche date et imparfaite.

Le lecteur trouvera quelques données pour cette étude dans le mémoire suivant; nous allons, pour le mieux faire comprendre, en exposer par avance et en peu de mots le contenu :

1. Le tritoxyde de protéine existe toujours dans le corps animal.

2. Il est produit dans les poumons par la protéine et l'oxygène de l'air, et parcourt les artères : la protéine forme ainsi en quelque sorte un aliment pour l'oxygène absorbé par la respiration. Journ. de Pharm. el de Chim, 3° SÉRIE. T. V. (Janvier 1844.)

1.

3. Il en existe une bien plus grande quantité dans les inflammations : sa présence paraît être la condition de l'inflammation.

4. Il est produit peu à peu par la fibrine et l'albumine (vraisemblablement aussi par la caséine) dans des circonstances trèsdifférentes, mais seulement lorsque l'oxygène se trouve en contact avec ces matières , c'est-à-dire, pendant l'ébullition , l'exposition à l'air, etc. 5. M. Bouchardat a confondu ce corps avec la gélatine.

M. Bouchardat a en effet cherché à démontrer que la fibrine est formée d'une combinaison de protéine et de gélatine, et M. Dumas n'a pas tardé à en tirer quelques conclusions. Bien que M. Dumas rétracte quelques semaines plus tard l'opinion qu'il avait émise, et ses données sur la présence de la gélatine dans la fibrine, il publie pourtant des analyses de ce principe. Mais dans ces analyses il y a pour la proportion du carbone une erreur, qui n'est pas moins de 3 pour 100. Voici en effet les résultats :

I

II
Carbone.

47,68 48,15
Hydrogène.. 6,27 6,97
Azote.

15,04 14,87 Oxygène.. 30,51 30,01 Suivant M. Bouchardat, la fibrine donne de la gélatine lorsqu'on la fait bouillir avec de l'eau. Il a pris à cet effet des fausses membranes et de la couenne inflammatoire, et bien qu'il dise : «A l'état normal dans la fibrine de l'homme en santé, il est quel» quefois difficile d'établir nettement la présence de la gélatine,» la fibrine n'en doit pas moins donner de la gélatine, et d'après M. Dumas elle doit toujours fournir plus d'azote et moins de carbone que l'albumine. Les

personnes qui liront avec impartialité la description des recherches faites à ce sujet, ou qui les répéteront sans prévention, ne trouveront pas de gélatine dans la fibrine des hommes ou des animaux sains ; mais elles en retireront dans différentes circonstances un corps qui, différent de la gélatine, contient beaucoup moins d'azote et plus de carbone que cette dernière, un corps qui est de la plus haute importance pour l'étude de la vie animale.

Il faut dans les recherches de M. Bouchardat distinguer deux choses : la fibrine des individus sains et les produits pathologiques considérés comme de la fibrine ou qui en sont en partie formés. M. Bouchardat a trouvé dans la fibrine saine une si faible quantité de gélatine que sa présence a été quelquefois difficile à reconnaître : mais il annonce l'avoir toujours observée dans les couennes inflammatoires et dans les fausses membranes, Nous verrons de suite le résultat fourni par la fibrine saine.

Les fausses membranes doivent nécessairement contenir de la gélatine. Voici l'analyse d'une fausse membrane que j'ai publiée en 1836 : Tissu cellulaire. .

1,4
Fibrine.

28,6
Gélatine.
Extrait de viande.

70,0

100,0 (1)

Il doit se faire un dépôt de fibrine dans les membranes séreuses enflammées, et elles doivent conserver quelques restes du tissu de la membrane séreuse. Le diaphragme donne de la gélatine par l'ébullition, et les fausses membranes qui en naissent par l'inflammation doivent par conséquent fournir plus ou moins de gélatine. Il en sera toujours ainsi dans les portions enflammées du tissu cellulaire ; mais la découverte de la gélatine dans ces tissus paraît également digne de remarque à M. Bouchardat, tandis que

le contraire serait très-surprenant. Un acte pathologique dans un tissu, et qui détruit tout ce qui existait dans le tissu sain, sera des plus rares.

Quant à la couenne inflammatoire, les recherches entreprises et continuées avec beaucoup de soin sur mon invitation par M. J. W. Von Baumhauer ont fait voir qu'il ne s'y trouve pas de gélatine.

Suivant l'indication de M. Bouchardat, on débarrasse la couenne inflammatoire de sérum (et par conséquent d'albumine) par le lavage sous l'eau, et on la fait bouillir avec trois fois son poids d'eau jusqu'à ce que la moitié de l'eau soit évaporée et en

(1) Les recherches suivantes font voir qu'il faut lire dans cette analogie bi-oxyde de protéine en place de fibrine, et que la substance indiquée comme de la gélatine contient du tritoxyde de protéine.

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