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A déployé ses sombres voiles.
Au jour in certain des étoiles,
La ruse et les soupçons jaloux,
Les amours timides et doux,
Et les plaisirs nuds et modestes
Que l'éclat du jour éblouit,
Le crime et ses 'transports funestes
Qu'une nuit épaisse enhardit,
La méfiance et le mystère,
D'un pas inquiet et tremblant
Se répandent sưr l'hémisphère;
Tout s'endort, hormis le méchant
Qui commet le crime ou le trame;
Et le sage qui refléchit
En donnant l'essor à son ame.

Tandis qu'un bruit sourd et lointain,
Ces feux et vacillans et sombres,
Ces tristes accens de l'airain
Frémissant au milieu des ombres,
Signaux de la mort et du temps,
Vers les murailles de la ville
Vont diriger tes pas errans;
Ce calme attrayant et tranquille,
Heureux apanage des champs,
Cette lumière solitaire
Qui brille et se perd par instant,
La fumée épaisse et legère
Qui couvre en nuage ondoyant
L'heureux toit de cette chaumière;
Ce ramier, ou plus vigilant,
Ou plus amoureux, soupirant
Dans l'épaisseur de cet ombrage,
Me désignent mon hermitage.
Lå sur mes yeux un doux repos
Verse à pleines mains ses pavots :
Souvent un riant paysage
Vient se peindre sur mes rideaux :
Je dors de ce sommeil du sage,
De ce sommeil pur, sans orage,
Sans sursaut, comme sans effroi;
Enfin, ami, content de moi,
J'attends le retour de l'aurore.

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Eh! qu'ai je à désirer enfin,
Quand j'ai fait un pas vers le bien
Et le projet d'en faire encore?
Puissent, o mon ami, mes sens,
Brulant d'une plus douce flamme,
N'être bientôt plus de mon ame
Que les ressorts obéissans;;
Cette ame, dans son équilibre,
Sans ivresse, mais sans langueur,
D'un pas majestueux et libre
Aller au devant du bonheur!
Puisse à l'automne de ma vie,
Dans cet hermitage riant,
Mon ame pure et rajeunie
S'abandonner au sentiment,
Posséder un ami fidèle,
Dont l'esprit encore étincelle

De la chaleur des passions; the light
- (On aime à voir, après l'orage,
S'allumer dans au beau nuage
L'éclair en lumineux sillons;)
Une femme à l'été de l'âge,
Qui dans le monde ait peu vécu,
Dont le sein consolant et sage
Serve d'asyle à ma vertu,
Qui soit moins vive que touchante,
Instruite sans être savante,
Pénétrante sans fausseté,
Plus intéressante que belle:
Que sur son coeur tendre et fidèle
Mon ame avec sécurité
Se tranquillise et se repose;
Que ses heureuses moeurs enfin
Avent l'odeur de cette rose
Qui s'ouvre aux rayons du matin.
Puisse à ce bonheur trop serein
La capricieuse fortune
De quelques instans d'infortune
Mêler les utiles leçons !
Ainsi quelquefois les tempêtes
Du soleil qui luit sur nos têtes
Tempèrent les brulans rayons.
Puissent mes yeux encore répandre

Ces pleurs délices d'un coeur' tendre,
Et remplis d'un charme secret,
Ces doux pleurs que verse le sage
Sur les malheureux qu'il soulage,
Et sur les maux qu'il n'a

pas

fait!
Puissé-je, dans un doux silence,
Au bien me livrant tout entier,
Ne rien haïr, rien envier,
Faire le bien sans récompense,
Par goût fuir le vice, n'avoir
De juge que ma conscience,
Et de plaisir que mon devoir;
Etre enjoué sans phrénesie,
Sérieux sans 'misantbropie,
Plaindre les maux du genre humain
Former des voeux pour ma patrie,
M'intéresser à son destin,
Attendre la mort sans la craindre,
Et la recevoir sans me plaindre,
Terminer ma carrière enfin
Sans répentir et sans orages ;
Ainsi qu'un beau soleil d’été,
Qui s'éteint avec majesté,
Dans un horison sans nuages.

B ERQUI N.

U IN S. den ersten Theil dieses Handbuchs S. 421. Seine poetischen Arbeiten machen den 10 ten Band der im ersten Theile dieses Werks angeführten Ausgabe von 1796 aus. Sie bestehen aus Idyllen und Romanzen, Von den 24 Idyllen dieses Dichters sind nur sieben von seiner eigenen Erfindung; die übrigen sind rzeistentheils aus Gessner copirl. Dass Berquin ein sehr glücklicher Nachahmer des deutschen Dichters sry, wird eine l'ergleichung der hier aufgenommenen Idylle le naufrage T.zit dem Original zeigen; ininder haben uns seine selbst erfun. c'enen Hirtengedichte gefallen, von denen zwar manches eigenthümliche Schönheiten besitzt, aber doch keins in diese Samml'ung aufgenommen zu werden verdient. Auch von den meisten d'er Romanzen, die wir von ihnt haben, gehört ihm der Fond nicht eigenthümlich zu.

Es sind folgende: 1) plaintes d'une femme abandonnée par son amant, auprès du berceau de son fils, ein äussersi rührendes Stück, das viel Aehnlichkeit mit einem Liede des englischen Dichlers Hayley hat. (S. das Handbuch der englischen Sprache Th. II. S. 554.) 2) Le lit de Myrthé. 3) L'inconstance. 4) Le berceau, ein sanftes und rührendes Stück. 5) L'hermite, eine Nachahmung der bekanntı:n Romanze Goldsmith ́s im Vicar of Wakefield: Turn gentle hermit of the dale etc. und 6) eine aus drey Abschnitten. bestehende Romanze: l'innocence reconnue.

1.) ROMANCE s.
I) Plaintes d'une Femme abandonnée par son amanı.

Dors, 'mon enfant! clos ta paupière
Tes cris me déchirent le coeur:
Dors, mon enfant! ta pauvre mère
A bien assez de sa douleur.

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