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Graf von Vaudreuil, ein liebenswürdiges und damahls in hoher Gunst stehender Hofmann, bot ihm eine Wohnung in seinem Hause an, wo er, frey' von aller Abhängigkeit, bald die grosse Welt genofs, bald seinen vertrauten Freunden und Lieblingsbeschäftigungen lebte. In den ersten Jahren jener Periode bildete sich seine genaue Freundschaft mit Mirabeau, auf dessen öffentliches Leben' sein Rath und seine Leitung den entschiedendsten Einfluss gehabt haben, wie dies die neuerlich zu Pariş erschienene Sammlang der Briefc Mirabeau's an Chamfort zeigen. Die letzlen schriftstellerischen Arbeiten un. sers Chamfort waren mehrere Artikel im Mercúre, woran er seit 1790 Antheil nahm, und seine Tableaux de, la Révolution, eine Reihe von Beschreibungen der Hauptbrgebenheiten der Revolution, mit Kupferstichen begleitet, welches. Werk her. nach von seinem Freunde Ginguené forigesetzt worden ist. Ein Zug, der Chamforť von vielen witzigen Köpfen seiner Zeit unterscheidet, ist der Enthusiasmus, nit welchem er der neilen Ordnung der Dinge entgegenkam. Die Folgen der Revolution, die ihn bald aus gewohntem Überflusse in die einge. schränkteste Lage versetzten, machten ihn in seiner Eifer für sie nicht irre. In den unglücklichen Zeiten, wo die anarchische Parthay die Oberhand gewann, kehrte sich die kühne Offenherzigkeit seiner Reden gegen dieselbe, 'und seine beissenden Einfälle wurden ihm als Staatsverbrechen angerechnet. Die Stelle eines Bibliothekars ån der Nationalbibliothek, die er noch von Roland hatte, musste zum Vorwande seiner Verhaftung die

Man brachte ihn 1793 zuglcich mit Barthélemy ins Gefängniss der Madelonettes, liess ihn zwar" nach einigen Tagen wieder los, gab ihm aber einen Gendarmen zur Bewachung. Seine Krünklichkeit und das Bedürfriss beständiger Pflege machten ihm ein ungesundes Gefängnifs unerträglich, daher er, als ihm der Gendarine eine zweyte Verhaftung ankündigte, beschloss, sich das Leben zu nehmen. Verschiedene Versuche, die er zu dem Ende machte, missglückteri; er ward gerettet und bis auf einen gewissen Grad geheilet, 'starb indessen doch nicht lange nachher an den Folgen der sich beygebrachten wurden. Sein schätzbarer literarischer Nachlafs, nebst den schon früher im Druck erschienenen Aufsätzen, ist nebst einer Notice sur l'a Vie de Chamfort von dem ober gedachten Ginguené; Mitgliede: des Nationalinstituits, im Jahr 17:14 in 4 Bänden in 8. zu Baris horausgegeben worden. Der erste Band dieser interesantan Sammlung enthalt aufser einigen kleinen prosaischen Aufsätzen 1) seine Lobschriften anf Molière und Lafon

nen.

taine, beydes Muster einer scharfsinnigen Beurtheilung. Von dem letztern sagt er sehr treffend: wenn er gleich nicht Erfinder seiner Fabeln ist, so hat er sich doch dadurch das Verdienst des angenehmsten Sittenlehrers erworben, dass er die Personen seiner Thierwelt in so lebendige Handlung setzt, ihre Charactere gegen

einander in so anziehenden Dramen spielen lüfst, dass sie die geheimsten Falten des Herzens derer, von denen sie die Repräsentanten sind, offen darstellen, und uns Lehren geben, die durch ihren glücklichen Ausdruck sich dem Gedächtniss einprägen und als Sprichwörter in Jedermanns Munde sind, 2) einen Aufsatz über die Akademien, den Mirabeau 1791 in der ersten Nacionalversammlung vorlesen sollte. Er sucht darin die Unnützlichkeit gelehrter Gesellschafien überhaupt, besonders die der ehemahligen Académie françoise zu zeigen. Die beyden folgenden Bände sind mit seinen Gedichten (Schauspielen, Episteln, Oden u. s, w.) und verschiedenen kleinen aus dem Mercure de France gezogenen prosaischen Aufsätzen ange. füllt. Unter seinen Gedichten verdienen die hier abgedruckte Epitre d'un père etc. und ein discours philosophique mit der Überschrift l'homme de lettres die meiste Aufmerksamkeit, Überhaupt aber erkennt man Chamfort's Geist in seinen poetischen Aufsätzen von einer weniger vortheilhaften Seite, als in deu prosaischen. Der vierte und anziehendste Band enthält 1) Maximes et pensées, in welchen durchaus ein scharfer Beobachtungsgeist bemerkbar ist;/ 2). Caractères et Anecdotes. Es ist sehr zu bedauern, dass Chamfort nicht länger gelebt hat, um dicse trefflichen Materialien zu verarbei

Er hatte sie zu einem sittlichen Gemälde bestimmt, das er unter der Aufschrift: Produits de la Civilisation her. auszugeben gedachte.

ten.

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D'UN

P È A E
sur la naissance d'un petit-filsa
Il est donc né, ce fils, objet de tant de voeux!
Il respire! Avec lui nous renaissons tous deux,
Mon coeur s'est réveillé: cette ardeur qui m'enflame,
Au jour de ta naissance, a pénétré mon ame.
Je te pris dans mes bras: un serment solemnel

wshu
Promit de t'élever dans le sein paternel.,
Le temps, qui m'a conduit au bout de ma carrière, oso
De mes yeux par degrés épura la lumière.,

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Vainement et trop tard allumant son flambéau
La raison nous éclaire aux portes du tombeau.
Ah! si l'expérience, école du vrai sage,
Pouvoit de nos enfans devenir l'héritage!.
Si nos malheurs au moins n'étoient perdus pour eux !
Un père, 'en expirant, se croiroit trop heureux:
Mais il meurt tout entier; et la triste vieillesse
Dans la tombe avec elle emporte sa sagesse.
De mon vaisseau du moins que les tristes débris,
Epars sur les écueils, en écartent mon fils.
Je le vois, en mourant, s'éloigner du rivage;
Ah! s'il arrive au port, je bénis mon naufrage.
Parmi tous ses mortels sur ce globe semés,
Les uns portent un coeur, des sens inanimés ;
Le feu des passions n'échauffe point leur ame:
D'autres sont embrasés d'unc céleste flame:
Mais trop souvent, hélas ! sa féconde chaleur
Enfante l'es talens, et non pas le bonheur.
Et de l'infortuné dont elle est le partage,
Elle fait un grand homme et rarement un sage,

Le bonheur! ô mortel! ose te détacher
D'un espoir que bientôt il faudroit t'arracher:
Si le songe est flatteur, le réveil est funeste;
Fais le bonheur d'autrui, c'est le seul qui te reste.
Si ton fils n'a reçu que des sens émoussés,
Qu'il se'traîne à pas lents dans les chemins 'tracés
Sans lui frayer toi-même une route nouvelle,
De tes seules vertus offre lui le modèle:
Mais si des passions le germe est dans son sein,
Veille, père éclairé, sur ce dépôt divin :
Loin de lui ces prisons où le hasard rassemble
Des esprits inégaux qu'on fait ramper ensemble:
Où le vil préjugé vend d'obscures erreurs,
Que la jeunesse achette aux dépens de ses moeurs :
Si' ton fils ne te doit son ame tout entière,
Tu lui donnas le jour, mais tu n'es pas son père.
Le chef-d'oeuvre immortel de la divinité
Sur la terre au hasard paroît être jetté,i
L'homme naît: l'imposture assiège son' enfance:
On fatigue, on séduit sa crédule ignorance:
On dégrade son étre: ah! cruels, arrêtez:
C'est une ame immortelle à qui vous insultez ;.

De

De l'éducation l'influence 'suprême,
Subjuguant dans nos coeurs la nature elle-même,
Peut créer à son choix, des vices, des vertus.
C'est du fils de César que Caton fit Brutus.
Règne sur le hasard, affoiblis son empire;
L'homme peut le borner, ou même le détruire.
Que son fier ascendant soit dompté par tes soins :
Transforme pour ton fils les vertus en besoins.

toi! fille des Cieux que l'univers adore,
Toi qu'il faut que l'on craigne, ou qu'il faut qu'on implore,
Sainte Religion, dont le regard descend
Du créateur à l'homme, et de l'être au néant,
Montre nous cette chaîne adorable et cachée,
Par la main de Dieu même, à son tróne attachée,
Qui, pour notre bonheur, unit la terre au ciel,
Et balance le monde aux pieds de l'Eternel.

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Mais déjà de ton fils la raison vient d'éclore;
Sache épir, saisir l'instant de son aurore,
• Où l'homme ouvrant les yeux, frappé d'un jour nouveau
S'éveille, et regardant autour de son berceau,
Eton é de penser, et fier de se connoître,
Ose s'interroger, s'aperçoit de son être,
Dévore les objets autour de lui semes,
Jadis morts à ses yeux, maintenant animés,
Demande à ces objets leurs rapports à lui-mêmes
Et du monde moral veut saisir le système.
A de sages leçons consacre ces momena:
De ces vertus alors pose les fondemens:
Des vrais biens, des vrais maux. trace - lui les limites :
Renferme ses regards dans les bornes prescrites :
Qu'il sache tour - å- tour se concentrer dans lui;
Etendre ses rapports à vivre dans autrui.
Ne fais briller pour lui que des clartés, utiles :
Il est pour les humains des vérités stériles,
Le ciel est parsemé de globes lumineux;
Mais un seul nous éclaire et suffit à nos yeux.

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Prolongé pour ton fils det heureux temps d'ivresse,
Cet aimable délire où la simple jeunesse,
Ignorant l'artifice et les retours cruels,
N'a point perdu le droit d'estimer les mortels,
Et goûte ce bonheur si pur, si respectable,

De croire à la vertu pour aimer son semblable.
Jeune homme, j'aime à voir ta naïve candeur
Chercher imprudemment nos vertus dans ton coeur,
Chérir une ombre vaine, adorer ton ouvrage,
De tes purs sentimens reproduire l'image,
Et se plaire à créer, dans ta simplicité,
Un nouvel univers par toi seul habité.
Oui, que mon fils embrasse un fantôme qu'il aime:
Nous croyant des vertus, il en aura lui-même.

Mais voici ce moment utile ou dangereux, Qui, souvent annoncé par un naufrage affreux, Des sens avec le coeur préparant l'alliance, Donne à l'homme étonné toute son existence, Etablit ses devoirs sur ses rapports divers, Le fait vivre à lui-même et naître à l'univers. Ce sont les passions, dont la fatale ivresse L'élève quelquefois, et trop souvent l'abaisse; Mais quel que soit sur nous leur ascendant vainqueur, Leur force ou leur foiblesse est toute en notre coeur. Indociles coursiers, ils éprouvent leur guide; Le foible est entrainé par leur élan rapide: Le fort sait les dompter, les asservir au frein; Pour jamais de leur maître ils connoissent la maia. Les coursiers du soleil, dans leur vaste carrière, Répandoient sans danger les feux et la lumière: Phaëton les conduit: bondissans, furieux, Ils consument la terre, ils embrasent les cieux. Si ton fils des vertus à reçu la semence, Des passions pour lui ne crains point l'influence, De nos égaremeos on les accuse en vain; Le germe corrupteur dormoit dans notre sein: De sable, de limon cét impur assemblage, Rebut de l'océan, soulevé par l'orage, Avant que la tempête eut ébranlé les airs, Il existoit déjà dans le gouffre des merś. Passions, c'est nous seuls et non vous qu'il faut craindre. Epurons notre coeur sans vouloir les éteindre. Parmi tous ces désirs dans notre ame allumés, Le tytan le plus fier de nos sens enflåmés, C'est ce fougueux instinct fait pour nous reproduire, Bienfaiteur des mortels, et prêt å les détruire. Qu'un seul objet, mon fils, t'enchaînant sous sa loi,

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