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D'étonnement, d'effroi, peint ses regards brillants :
Ses mains du choix des fruits se formant une étude,
Demeurent un moment dans la même attitude.

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Ne tremble point, Zama, dit le tendre Vieillard,
Ces -'êtres nés du Ciel, des mers, ou du hazard,
Sans troubler notre asyle, entreront en partage
Des mets que ton adresse apprête à mon usage.
Bientôt sur des tissus d'écorces de palmiers
On joint aux poissons secs des, miçots, 14) des ramiers,
Et
pour

dons de Cérès la fertile banane. 15)
Le Vieillard et sa fille, assis sous leur cabane,
La jeunesse Indienne et les Ibériens,
De ce festin frugal se partagent les biens.
Le besoin indulgent en chérit l'abondance.
Déjà dans ce repas regnoit la nce
Qu'une longue habitude ajoute å nos plaisirs.
Dès que la faim ardente eut calmé les désirs,
Le père de Zama dans sa surprise extrême,
Occupé de son hôte, et s'oubliant lui-même,
L'oeil fixe sur Colomb, l'interroge en ces mots :
(L'interprète l'écoute, et le rend au héros)

Etranger, dont l'air noble et la douce éloquence
Annoncent que des Dieux ta race a pris naissance,
Voyant qu'à nos besoins t'ont soumis les destins,
J'oserois, te compter au nombre des humains,
Si nos pères n'avoient appris de leurs ancêtres
Que, seuls dans l'univers, nous en sommes les maîtreg. 16)
Dans le sein de la terre engendrés du soleil,
Chaque jour par nos voeux nous hâtons son réveil;
On sent, à son lever, que par lui tout respire:
Les flambeaux de la nuit respectent son empire;
Tu vois, dans ses rayons, leur éclat s'absorber.
Ces feux du firmament, qu'en l'air on voit tomber,
Tauroient-ils donné l'être? Arrives-tu des mondes

14) Sorte de Sapajou, que mangent les Indiens. 15) Fruit d'un gros roseau, haut de douze à quinze pieds, dont la feuille suffit pour emmaillotter un enfant. Le fruit du bananier est au sommet, en grappe grosse comme le bras, et propre à caire sous la cendre. Les Indiens s'en servent au lieu de pain. 16) On a trouvé plusieurs isles dont les habitans croyoient que leur terre étoit le monde entier, n'ayant eu commerce avec aucun peuple.

Où la mort nous conduit par des routes profondes?
Les fruits de ces beaux lieux, les liqueurs, les plaisirs,
En te prêtant peut-être une nouvelle essence,
Ont de nos traits aux tiens changé la ressemblance,
Apprends-moi tes destins: dis quels secrets ressorts.
T'ont porté, par les airs, sur nos terrestres bords,
Sensible à tes malheurs, charmé de la sagesse,
Une amitié naissante à ton sort m'intéresse.

SE DA I N E.,

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Michel JBAN SÉDAINE wurde 1719. zu Paris geboren und starb daselbst 1797 in einem Alter von 78 Jahren. Nach dem Tode seines zu Berry in Dürftigkeit gestorbenen Vaters, sah er sich genöthigt, sich, seine Mutter und seine beiden Brüder durch Steinhauer-Arbeit so lange zu ernähren, bis es ihm gelang sich durch seine Talente als theatralischer Dichter Brod und Ehre zu erwerben, Dies geschah durch mehrere Arbeiten für die Bühnė, von welchen die Operetten Rose et Colas, le Déserteur, la Reine de Lion und Guillaume Tell, die bekanntesten sind. Alle. wurden vom Publikum mit ungetheiltem Beyfall aufgenommen, und selbsë die frühern haben sich durch ihrer innern Werth bis jetzt auf der französischen Bühne erhalten. Ausserdem machte sich Sédaine durch verschiedene kleinere leicht versificirte Gedichte, die unter andern im Jahre 1760 zu Paris unter dem Titel: Oeuvres et poësies de Mr. Sédaine erschienen sind, rühmlichst bekannt. Wir theilen daraus die Epitre à mon habit mit, die einen glücklichen Commentar zu dem bekannten Sprichwort: Kleider machen Leute, abgiebt. So sehr man Sédaine wegen seiner vielseitigen Talente, seines durchdringenden Geistes und seiner feinen Menschenkenntniss schätzte; $0 sehr liebie man ihn wegen seines gefühlvollen Herzens und seiner gesellschaftlichen Tugenden. Erst spät wurde er in die französische Akademie aufgenommen, zu welcher ihm vorzüglich sein Richard.coeur de Lion den. Weg bahnte. In den letzten Jahren seines Lebens genofs er ein Jahrgehalt, das die Stellvertreter des französischen Volks, unter mehreren verdienten Gelehrten, auch ihm ertheid

Nähere Nachrichten von ihm giebt folgende Schrift: Eloge historique de M. J. Sédaine par Constanc- D. T. Pipelet, lu par l'Auteur à la 54 me séance publique du Lycée des Arts. S. Millin's Mag. Encycl. An Ill. No. 9.

ten.

1

EPITRE A MON HABIT.
Ah! mon habit, que je vous remercie!
Que je valus hier, grace à votre valeur !
Je me connois; et plus je m'apprécie,
Plus j'entrevois qu'il faut que mon tailleur,

Par une secrette magie,
Ait caché dans vos plis un talisman vainqueur,
Capable de gagner et l'esprit et le coeur.
Dans ce cercle nombreux de bonne compagnie,
Quels honneurs je reçus! quels égards! quel accueil!
Auprès de la maîtresse, et dans un grand fauteuil
Je ne vis que des yeux toujours prêts à sourire.
J'eus le droit d'y parler, et parler sans rien dire!

Cette femme à grands falbalas
Me consulta sur l'air de son visage;

Un Blondin *) sur un mot d'usage

Un Robin **) sur des opéras.
Ce que je décidai, fut le nec plus ultra.
On applaudit à tout, j'avois tant de génie!
Ah! mon babit

, que je vous remercie!
C'est vous qui me valez cela !
De complimens, bons pour une maîtresse,

Un petit-maître m'accabla,

Et pour m'exprimer sa tendresse
Dans ses propos guindés, '

me dit tout Angola ***).
Ce Poupart à simple tonsure, t)
Qui ne songe qu'à vivre, et ne vit que pour soi,
Oublia quelque temps son rabat, sa figure,

Pour ne s'occuper que de moi.
Ce Marquis, autrefois mon ami de collège,
Me reconnut enfin, et du premier coup d'oeil

Il m'accorda par privilège
Un tendre embrassement, qu'approuvoit son orgueil.
Ce qu'une liaison dès l'enfance établie,
Ma probité des moeurs que rien ne dérégla,

N'eussent obtenu de ma vie,

*) Blondin, eigentlich jemand der blondes Haar hat; dann auch ein Stutzer. **) Robin, 'eine verächtliche Benennung der Gerichtspersonen. ***) Er wird hier wahrscheinlich auf einen uns unbekannten süssen Roman angespielt. V Gentilhomme å simple tonsure

zum Scherz einen armen Schlucker.

nannte

man

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Votre aspect seul me l'attira.
Ah! mon habit, que je vous remercie!

C'est vous qui me valez cela !
Mais ma surprise fut extrême :
Je m'apperçus que sur moi-même
Le charme sans doute opéroit.
J'entrois jadis d'un air discret;
Ensuite suspendu sur le bord de ma chaise,
J'écoutois en silence, et ne me permettois'

Le moindre Si, le moindre Mais;
Avec moi tout le monde étoit fort à son aise,

Et moi je ne l'étois jamais;
Un rien auroit pu me confondre,
Un regard, tout m'étoit fatal:
Je ne parlois que pour répondre;

Je parlois bas, je parlois mal.
Un sot provincial arrivé par le coche,
Eût été moins que moi tourmenté dans sa peau;

Je me mouchois presqu'au bord de ma poche;
J'éternuois dans mon chapeau;
On pouvoit me priver, sans aucune indécence,

De ce salut que l'usage introduit;
! Il n'en coûtoit de révérence

Qu'à quelqu'un trompé par le bruit:

Mais à présent, mon cher habit,
Tout est de mon ressort, les airs, la suffisance,
Et ces tons décidés qu'on prend pour de l'aisance,

Deviennent mes tons favoris ;
Est-ce ma faute, à moi, puisqu'ils sont applaudis ?

Dieu! quel bonheur pour moi, pour cette étoffe,
De ne point habiter ces pays limitrophes

Des conquêtes de notre Roi:
Dans la Hollande il est une autre loi.
En vain j'étalerois ce galon qu'on renomme,
En vain j'exalterois sa valeur, son debit;
| Ici, l'habit fait valoir l'homme;

Lå, l'homme fait valoir l'babit.
Mais chez nous (peuple aimable!) où les graces, l'esprit,

Brillent à présent, dans leur force,
L'arbre n'est point jugé sur ses leurs, sur son fruit;

On le juge sur son écorce.

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NIVER

513

N Í V E R N O I S. Von MÀNCINI, ehemaligem Herzoge von NIVERN 1$, Pair von Frankreich, Grande von Spanien, Mitgliede der dkademie der Vierziger und der Akademie der Wissenschaften zu Berlin, woselbst er auch vormahls, so wie in Rom, Ambassadeur gewesen ist, hat màn eine zu Paris 1796 erschienene Sammlung von Fabeln, die vorher ztım Theil schon einzeln in verschiedenen periodischen Schriften bekannt gemacht waren. Man kann sie freylich nicht denen des La Fontaine an die Seite setzen; allein mån würde ungerecht seyn, wenn man sie mittelmässig nennen und ihrem Verfasser nicht den Rang vor den ineisten neuern Fabeldichtern der Franzosen, cinräumen wollte, Seine Manier isč leicht und seine Schreibart korrekt. Man findet in seinen Fabeln' alle die Urbanität, welche die feinen Pariser Zirkel vor der Revolution auszeichnete, und einen Schatz von ächter Lebensweisheit. Sie nehinen in der

1797
bis

1799 in Berlin bey la Garde herausgekommenen Sammlung der Deuvres de Mancini-Nivernois, den I sten und 2ten Band ein; der 3te, 4 te und 5 ie enthält seine Mélanges de Littérature en vers et en proše; der 6te, jte u. fte die Übersetzung des Ricciardetto von Fortiguerra (auch Carteromaco genannt ;) im geen u, joten findet man eine Fortsetzung der Mélanges. Wir be, merken noch, dass Nivernois zu den wenigen Französen seines Standes gehörte, die sich in die neue Ordnung der Dinge zu fügen wussten, und

an seinen Tod die ungetheilte Achting seiner Mitbürger genossen hat, wie schon der Umstand lehrt, dass er einer der am 26. August 1796 in Paris gekrönten Greise war. Er starb im Jahre 1797;

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1) Les deux Rui 3 se ate it.
Un sage campagnard avoit deux jeunes fils;
Tous deux étoient jumeaux, bien faits et bien appris ;
Tous deux faisoient pourtant le malheur de leur père.

Leurs penchans et leur caractère
A ceux du bon vieillard étoient mal assortis.

Ils vouloient quitter le pays,

Et fuyant les travaux champêtres,
Abandonner le toit de leurs ancêtres,

Pour chercher fortune à la cour:
Ne doutant pas d'y voir un jour

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