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Cette maxime doit s'étendre
A tout ordre d'observateurs,
Et par tout elle est bonne à prendre.

5) Jupiter et les femmes,

Le bon Jupin, comme on sait, a doté
Chaque animal d'une propriété
Qui le distingue, et fait son apanage.

Les uns ont la légéreté,

La souplesse et l'agilité;
I D'autres, la force et le courage.

L'oiseau vole, le poisson nage,
L'homme raisonne; il eut pour son partage :

La sagesse et l'habileté :
Les femmes eurent la beauté,
Qui vaut encor bien davantage.
Après avoir fait cet ouvrage,
Jupiter croyoit bonnement
Qu'un aussi juste arrangement

N'exciteroit aucun murmure,
Et de la part de chaque créature

Lui vaudroit un réinerciment,
On murmura pourtant; les femmes se plaignirent,

Et dans leur requête établirent ,

Que le céleste réglement,
En paroissant leur faire un sort charmant,
Ne leur offroit qu'un bien de si courte durée
Que c'est l'affaire d'un moment;

Elles invitoient l'empirée
A réformer leur traitement,

Et demandoient expressément
Que leur beauté devint un don à vie,
Sans que jamais on pût la voir suivie

Du moindre petit changement.
Jupiter a bon coeur; il reçut la requête
En monarque indulgent toujours prêt d'obliger;
Mais aussi, comme il a bon sens et bonne tête,

Il ne prétendit rien changer

Au cours constant de la nature. La beauté conserva sa passagèrę allure, Et le beau sexe en dut passer par lå;

Mais Jupiter le consola

En lui donnant l'amour-propre qui dure
Toute la vie, et même par de-là.

6). La Mort et le Vieillard. Un jour, en feuilletant son redoutable livre,

La mort se trouvoit en retard

Au sujet d'un certain vieillard
Que par mégarde elle laissoit trop vivre.

Tout aussitôt elle prend dans ses mains
Cette faulx qui moissonne à son gré les humains,

Et s'en va droit à la demeure
Du pauvre vieux. Il faudra bien qu'il meure
Pour cette fois, dit-elle; me voici

A sa maison: beurtons ici;
Elle frappe à ces mots. Le bon homme en personne
S'en vient ouvrir. Que voulez-vous, ma bonne ?

Ce que je veux ? Vois cette faulx:

Connois la mort, et sois dispos
A me servir ainsi que je l'ordonne.

Je viens chercher un vieux sorcier
Qui loge ici. Montons a son grenier,

Et dépêchons, le temps me presse;
Six médecins m'appellent chez un roi.

Eh bien! je suis tout prêt, déesse;

Vous pouvez disposer de moi,
Dit le vieillard. Non, non, rassure-toi,
Keprit la mort, je n'en veux qu'au vieux reitre
De ce logis. Il m'a fraudé, le traitre !

Je veux qu'il déloge aujourd'hui;

Mais je n'en veux ici qu'à lui.
J'entends fort bien, repartit le bon homme;,
Il faut aller s'endormir du grand somme:
Encore un coup, je suis prêt au départ;

Car' enfin je suis ce vieillard
Doot le grand âge vous ennuie.

Bon! dit la mort, quelle folie !
Et ce teint frais, ces cheveux et ces dents,

Cette marche ferme et hardie,

Où le prends-tu donc, je to prie? Comment conserve-t-on à quatre-vingt-dix ans

Tant d'apanages de la vie ?

C'est quelque secreț, je parie;
Garde - le bien, je t'en saurai bon gré:

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Je veux qu'il soit à jamais ignore;

Mais j'en veux savoir la recette.

Elle est facile à retenir.
Dit le vieillard, et la voici complète.

De l'heure où vous deviez venir
Je n'eus jamais aucune inquietude;

Jamais crainte de l'avenir

Ne m'a troublé; ma seule étude
Fut de prendre le temps comme il vient d'en jouir

Sans passion et sans sollicitude,
Emportement ni repentir.

1
J'ai pris de tout avec mesure,
Et je n'ai de rien abusé:
Toujours le corps sain, l'ame pure,
Je n'ai jamais à la nature
Rien demandé ni refusé.

L E O N A RD.

Nicolas Germain Léonard wurde zn Guadaloupe im Jahre 1744 geboren und starb den 6. Januar 1793 zu Nancy. Von seinen Lebensumständen können wir weiter, keine Nachrichten mittheilen, als dass er anfänglich die diplomatische Laufbahn betrat, und zuletzt General - Lieutenant bey dem Admiralitärskollegio war. Die Ausgabe seiner Werke, welche wir vor uns haben, ist zu Paris im Jahre 1788 in 3, Bünden in 8. erschienen. Sie enthält zwey in Briefen abgefasste Romane, la nouvelle Clémentine und Lettres de Sainville et de Sophie; einige kleinere lesenstvůrdige Gedichte; ein Lehrge. dicht in '3 Gesängen, überschrieben: l'existence de Dieu, la Vertu und l'Immortalité de l'ame; eine poetische Nachahmung des Temple de Gnide von Montesquieu ( vergl. den ersten Theil dieses Handbuchs S. 224); verschiedene mittelmässige Romanzen u. s. w. Am vorzüglichsten sind seine Idyllen, die auch einzeln unter dem Titel: Idylles et poëmes champê. tres zu Paris im Jahre 1782 in 8. erschienon. Sie sind Theil Nachahmungen der Gessnerschen Idyllen, zum Theil, aber auch von eigner Erfindung. Sie enthalten reizende ländliche Gemälde, mit vieler Empfindung entworfen, und empfehlen sich vorzüglich von Seiten des Verfbaues. Zu den schönsten gehoren le Sacrifice and l'enfant généreux. Die neueste

zum

nen,

Ausgabe seiner Werke, die wir indessen noch nicht näher ken

ist von Vincent Campepon zu Paris in 3 Bänden in 8. unter dem Titel: Oeuvres complettés de Léonard, besorge worden. Vor derselben steht einc Biographie des Dichters,

1

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que

1) CANTIQUE DU MATIN.

Idylle.
La nuit a disparu; déjà l'aube vermeille
Repand sur l'orient un jour serein et pur :
A l'aspect de ses feux, la terre se réveille,
Et le ciel, de sa robe à déployé l'azur.

Fuyez, sombres vapeurs, dans les forêts antiques!
Réveille-toi, mortel, esclave des cités !
Peux- tu nourrir encor tes songes léthargiques,
Tandis la nature offre mille beautés ?
( temples consacrés aux douces rêveries !
Que l'éclat du matin répand sur vous d'attraits?
Je crois voir la gaité, l'innocence et la paix,
Me 'sourire par-tout, du sein de ces prairies,
Du bord de ces ruisseaux, sous ces voûtes fleuries,
Où règne avec l'ombrage un zephir toujours frais.

Vous qui des yrais plaisirs abandonnez la route,
Pour égarer vos pas dans un marais trompeur,
Vous avez beau construire un tissu de bonheur:
Ce pénible agrément ne vaut pas ce qu'il coûte.
Ali! que je vous préfère au vain luxe des rangs,
Asyles du repos! campagnes fortunées,
Où le Sage, éloigné de la foule des Grands,
Voit couler comme un jour ses nombreuses années !
Il brille à son réveil d'un éclat rajeuni;.
Son esprit est serein comme un ciel sans nuages,
Paisible comme un lac dont le crystal uni
Répète, à nos regards, le plus beau paysage.

Quels chants mélodieux remplissent les bosquets!
C'est l'univers charmé qui t'offre ses cantiques,
Toi, qui dores des monts les stériles sommets ;
Toi, qui parfumes l'air d'esprits aromatiques,
Souverain Créateur, quels sublimes tableaux
Du jour que tu fais naître, annoncent l'ouverture!
Tel étoit ce matin ou, quittant le repos,

Tu disois au néant d'enfanter la nature.
A ta voix le cahos ouvrit ses profondeurs;
Le soleil en sortit pour embellir le monde,
Et prêter: aux objets ses brillantes couleurs :
La terre, transformée à sa clarté féconde,
Se para devant lui de verdure et de fleurs.

Sur un char enflammé, le voilà qui s'avance!
Comme un Dieu bienfaiteur, il monte au haut des airs,
Versant de toutes parts la joie et l'espérance,
Ei dispensant, la vie à mille êtres divers.
L'univers étonné renaît en sa présence:
Les collines, les tours, les rochers et les mers
Etincelent des feux dont il les a couvert :
L'horizon s'aggrandit; le ciel paroît immense.

O Soleil! *) Ô flambeau dont tout sent l'inquence!
Fertilise le champ par le juste babité !
Puisse l'or, qu'il épand sur la pâle indigence,
Remonter vers sa source, en ruisseau d'abondance !
Mais de maux et d'erreurs, ce globe est infecté.
Que dis-je? tu luiras pour le fils parricide;
Pour le vil séducteur, qui flétric la beauté ;
Pour le pe fide ami; pour l'oppresseur avide.
Tel est un fleuve pur dans sa cours emporté,
Ici parmi des fleurs, là sur un sable aride,
Mais en tous lieux suivi de la fécondité,

C'est toi seul que j'implore, Auteur de la lumière !
Daig e entendre mes voeux, quand la nature entière,
Dans ses chants variés t'exprime ton amour;
Quand, des bords du couchant à ceux où naît le jour,
L'homme à ton trône auguste élève sa prière.

*) Folgende vortreffliche Apostrophe an die Sonne, die wir in einem Almanac des Muses gefunden haben, steht hier vielleicht nicht am unrechten Orte;

Soleil! Astre sacré! contemple ton empire,
Tout vit par tes regards, tout brille, tout respire,
Souverain des saisons, le monde est ton palais,
Les globes ton cortège et le ciel est ton dais.
Qui pourroit s'égaler à ta yaste puissance ?
Ta présence est le jour, la nuit est ton absence.
La Nature sans toi, c'est l'univers sans Dieu,

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