Tableau de Paris, Volume 1

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Samuel Fauche, 1782 - 12 pages
 

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Page xix - ... plutôt qu'ailleurs ? Et de là naissent peut-être ce sentiment vif et léger qui distingue le Parisien, cette étourderie, cette fleur d'esprit qui lui est particulière. Ou si ce ne sont pas ces particules animées qui donnent à son cerveau ces vibrations qui enfantent la pensée, les yeux, perpétuellement frappés de ce nombre infini d'arts, de métiers, de travaux, d'occupations diverses, peuvent-ils s'empêcher de s'ouvrir de bonne heure, et de contempler dans un âge où ailleurs on...
Page 371 - Ecran chez le roi , et on le fit griller pendant quinze jours pour accoutumer se* jambes, à soutenir l'ardeur d'un brasier. On lui annonça un jour qu'il devoit être reçu membre de l'académie de Pétersbourg , pour avoir part aux bienfaits de l'impératrice: mais qu'il falloit préalablement ap— .prendre le russe.
Page 7 - Montez sur les tours de Notre-Dame. La ville est ronde comme une citrouille ; le plâtre qui forme les deux tiers matériels de la ville et qui, tout à la fois blanc et noir, annonce qu'elle est bâtie de craie et qu'elle repose sur la craie.
Page 169 - Dans quelques-uns de ces cafés, on tient bureau académique ; on y juge les pièces de théâtre ; on y assigne leur rang et leur valeur ; et les poètes qui vont débuter y font ordinairement plus de bruit, ainsi que ceux qui, chassés de la carrière par les sifflets, deviennent ordinairement satiriques ; car le plus impitoyable des critiques est toujours un auteur méprisé...
Page 478 - S'il daignoit encore jouer à Paris , c'ctoit feulement pour ne pas perdre la mémoire de huit ou dix rôles à peu près femblables , qu'il promenoit enfuite de tous côtés , dès que les beaux jours étoient venus. On le payoit à Paris , tandis qu'il déclamoit à Bruxelles.
Page 115 - Pont-Neuf senties racoleurs, qu'on appelle vendeurs de chair humaine. Ils font des hommes pour les colonels qui les revendent au roi. Autrefois ils avaient des fours où ils battaient, violentaient les jeunes gens qu'ils avaient surpris de force ou par adresse, afin de leur arracher un engagement. On a supprimé enfin cet abus monstrueux : mais on leur permet d'user de ruse et de supercherie pour enrôler la canaille.
Page 274 - Paris, tout le monde sort de la ville ; c'est à qui étalera la plus magnifique voiture, les chevaux les plus fringants, la livrée la plus belle. Les femmes, couvertes de pierreries, s'y font voir; car l'existence d'une femme à Paris consiste surtout à être regardée. Les carrosses à la file offrent tous les états allant,, reculant, roulant dans les allées sèches ou fangeuses du bois de Boulogne.
Page 14 - ... rangs; parce qu'il y peut choisir son monde, et se dérober aux sots et aux importuns, que l'on n'évite point dans les petits endroits. Il y trouve aussi une plus ample matière à réflexions; des scènes journalières ajoutent à ses nombreuses expériences; la diversité des objets fournit à son génie l'aliment qui lui convient; il blâmera la folie des hommes qui dédaignent les plaisirs champêtres, mais il partagera leurs folies. A dix-huit ans, quand j'étois plein de force, de santé...
Page 115 - Saint-Martin, de longues perches surchargées de dindons, de poulets, de cailles, de levrauts, afin d'exciter l'appétit de ceux qui ont échappé à celui de la luxure. Les pauvres dupes, qui sont à considérer la Samaritaine et son carillon, qui n'ont jamais fait un bon repas dans toute leur vie, sont tentés d'en faire un, et troquent leur liberté pour un jour heureux. On fait résonner à leurs oreilles un sac d'écus, et l'on crie : Qui en veut ? qui en veut...
Page 148 - Un lieutenant de police est devenu un ministre important, quoiqu'il n'en porte pas le nom ; il a une influence secrète et prodigieuse; il sait tant de choses, qu'il peut faire beaucoup de mal ou beaucoup de bien , parce qu'il a en main une multitude de fils qu'il peut embrouiller ou débrouiller à son gré: il frappe ou il sauve, il répand les ténèbres ou la lumière ; sou autorité est aussi délicate qu'étendue.

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