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hestilité contre l'armée, elle s'engagerait à le rétablir et à le rendre de tous les conquérans lo mieux afferni dans'sa conquête (1). . , "L'armée des maîtres, retirée en Irlande , soules vait ce peuple dont elle disposait , et préparait une invasion ; le parlement invita' un corps de troupes à s'y porter, il reçut un refus formel. « Nous » n'irons pas en Irlande', 'nous nous tiendrons » ici; nous nous tiendrons 'réunis tant que vous » ne nous aurez pas contentés ; vous verrez que » nous pouvons autant que vous (2) : » voilà ce que des Anglais répondaient aux ministres du peuple anglais; et ils se tenaient dans des quartiers de leurs choix, tandis que la patrie restait ouverte,

Dans cette situation, campés comme les an= ciens maîtres au centre du pays , occupant tous

(i) That if he and his party would sit still, and neither act or declare against the army, they would restore him, and make him the most glorious prince in cristendom..!!. ... ;::... : : ...(Echard's history of England, liv. II, chap. v.).

(2) « That they would n. ither be employed in, Ire» land , till their full arrears were paid; that they o would neither be dịvided , nor disbanded, iill their » desires were granted..... they knew how to make them» selves as considerable as the parliament. »

(Echard's history of England, liv. II, chap. v.) Cens. Europ. Tom. Y.

TOM

les lieux forts, ils songèrent à se déclarer maitresi et à faire un sénat , d'où sortirait leur volonté suprême. C'était au conseil des communes, devenu pour eux ce qu'il était pour les premiers conquérans , que devait parler cette volonté (1). Au quartier général de l'armée, on créa l'institution qu'établissaient les barbares dų Nord, quand ils se reposaient sur une contrée envahie. Les officiers supérieurs siégeaient à part, et décidaient des moindres affaires ; deux soldats. pris, dans chaque compagnie formaient, sous le nom d'agitateurs, une seconde assemblée qui, de concert avec l'autre, délibérait sur les choses importantes (2). Dans sa première séance, cette cour redoutable décida qu'il fallait exiger des communes, une somme d'argent, et des sûretés pour une autre somme ; puis, demander raison d'un acte où les soldats étaient appelés ennemis. Cromwell alla lui-même signifier ce décret à la chambre (3). is : « Si vous n'êtes pas ennemis , répliqua le par

(1) Voy. la 1re, partie de cette histoire, p. 30...

(2) De minoribus rebus principes consultant, de majoribus omnes ; ità tamen ut ea quoque quorum penes plebem arbitrium est , apud principes pertractentur. i

(Tacit. de mor. germ.)" (3) Hume's history, chap. LIX. ..

» lement, allez donc en Irlande, contre les enne» mis de vos compatriotes; si vous n'êtes pas en» nemis, retournez dans vos familles, et travaillez » pour mériter de vivre.» Pour réponse, le conseil de l'armée assigpa un rendez-vous à tous les régimens. On devait y prendre une résolution décisive (1).

Pendant ces mouvemens, le roi prisonnier était à Holdenby, dans le comté de Northampton, en conférence avec des commissaires des communes qui traitaient pour la fin des massacres , et stipulaient pour lui et pour les siens une manière de vivre dans le pays, qui permit aux sujets de vivre en même temps. Tout d'un coup, cinq. cents cayaliers parurent , conduis par Joice, cornette et agitateur dans l'armée ; cet homme passe à travers les gardes qui lui font place, et se présente devant le captif : Suivez-moi sur le champ, dit-il.Qu?--A l'armée.---Mais par quel ordre ? Joice montre du doigt ses soldats, Les commissaires entrent et demandent au cornętte s'il a des ordres du parlement. Non, répondil. Du général? --- Non; et il montre encore ses soldats. Toute résistance était vaine; le roị fut conduit à l'armée , qui pressait sa marche pour

(1) Hume's history, chap. LIX.

arriver à son rendez-vous près de Cambridge. Le parlement fut consterné au récit de cette aventure (1).

Fairfax, lui-même, fut surpris de voir le roi dans le camp; c'était Cromwell qui avait dirigé cette manoeuvre; il partit de Londres à la nouvelle du succès. Le jour même de son départ il devait être saisi et enfermé dans la tour de Londres par ordre de la chambre , qui se voyait forcée à combatre ; c'eût été un ôtage dans les mains des sujets. Echappé à ce péril, Cromwell fut reçu par les soldats avec des acclamations universelles, et investi du commandement suprême.

Sans perdre de temps, il dirige l'armée contre les communes, et en peu de jours il arrive à Saint-Albans (2)..

Une troupe d'hommes, campée au sein de l'Angleterre, déclarait aux habitans qu'elle voulait vivre de leur travail, et rester armée parmi eux. Une autre : troupe, refoulée vers les frontières, déclarait la même volonté de ses divers eampemens d'Ecosse et d'Irlande. La première

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marchait à grandes journées pour aller donner

l'assaut à la capitale du pays, et dissoudre ce - corps de députés qui ralliait encore les sujets et pouvait concerter leur action. La seconde se pressait aux portes du pays , impatiente de disputer son ancienne conquête à ceux qui venaient de se l'arrogér. Les Anglais, menacés à la fois par les deux partis rivaux, incapables de tenir tête et de réagir des deux côtés, avaient résolu de se soumettre à un maître pour échapper à l'autre. Ils s'empressaient de conclure, ayec le chef des anciens vainqueurs, un traité qui devait les remettre dans la, situation qu'ils n'avaient pu supporter. Mais, voilà que tout d'un coup cette triste ressource leur est enlevée. L'armée de l'intérieur s'empare de celui avec lequel ils négoçiaient , et le rend inabordable pour eux. Ele menace le pays d'une coalition avec l'armée sa rivale , et épouvante les sujets par l'idée de deux peuples entiers de maîtres, se donnant la main sur la terre anglaise, et se partageant les hommes et le fruit du travail des hommes, On ne peut guère imaginer des extrémités plus cruellès,

La milice de Londres qui avait 'combattu dans les mêmes ranys que les soldats , quand ils étaient citoyens, se leva pour défendre contre

main

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