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masse.

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une guerre ouverte aux partis ennemis qui mcnacent son existence ; nous voulons qu'il se donne l'appui de la masse laborieuse, qui seule peut le soutenir; enfin nous lui indiquons les moyens par lesquels nous croyons qu'il pourrait dissiper les factions et conquérir l'appui de la Ne sont-ce

là d'excellens moyens

pas de l'affaiblir, de le renverser! Pauvres raisonneurs ! Séditieux mal habiles ! Nous youlons ren

le

gouvernement, et nous ne cessons de faire sentir le danger des révolutions ! Nous voulons renverser legouvernement, et nous sommes les ennemis de ses ennemis ! Nous voulons renverser le gouvernement, et nous cherchons comment il pourrait se concilier l’affection et l'appui de la partie la plus saine et la plus nombreuse des peuples ! Nous voulons renverser le gouvernement, et nous travaillons de tous nos moyens à affermir , à améliorer les institutions qui lui servent de fondement ! » Mais vous vous élevez contre les lois d'e

'exception,contre les juridictions extraordinaires,contre les dépenses'excessives; vous demandez la réforme du conseil d'état et des préfectures, que vous traitez d'institutions dispendieuses et despotiques; vous insinuez qu'on ne doit pas composer la représentation nationale d'agens du gouvernement...

Et c'est par là qu'on veut que nous tendions à l'affaiblir ! C'est, au contraire, par-là que nous croyons travailler à le consolider; nous sommes bien convaincus de n'attaquer ainsi que les principes de sa faiblesse. Me sera-t-il permis de vous le dire, Messieurs ? Si nous voulions affaiblir le gouvernement et travailler efficacement à sa ruine , nous ferions, sans balancer , tout juste, le contraire de ce qu'on nous reproche d'avoir fait. Nous lui exposerions la nécessité de concentrer le plus possible dans ses mains toutes les branches de l'administration ; nous tâcherions de lui faire peur de l'indépendance des tribunaux , et ne négligerions rien pour qu'ils demieurassent sous son influence. Nous l'exciterions à resserrer les cas où l'on aurait recours au jury, et à retenir dans ses mains les

moyens

de Je composer , au besoin , d'hommes à sa guise. Nous nous appliquerions , sur-tout , à lui faire sentir la nécessité de rester maître de la représentation nationale , et de faire qu'on n'y appelat que

des hommes liés par leurs places au gouvernement. Enfin , nous ferions en sorte qu'il s'emparât de toutes les avenues du trône, de manière que, quand le pripce voudrait connaitre l'opinion des peuples , il ne pût jamais entendre que la voix de ses ministres, et n'eût aucup

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moyen de reconnaître s'ils le trahissent. Après avoir ainsi mis le gouvernement partout , nous l'exciterions à lever le plus de contributions possibles. Si la faim arrachait des plaintes aux peuples, nous transformerions ces cris de dé-' třesse en cris de sédition; nous l'exhorterions à prendre des mesures sévères, à s'armer de lois de rigueur, à opposer le fer å la famine. Si les factions attirées autour de lui par l'appåt de ses richesses , et irritées de ne pouvoir les partager, se montraient impatientes de les lui ravir, nous l'exciterions à les repousser par des moyens qui ne fussent propres qu'à les rendre plus furieuses. Ainsi , nous lui ferions perdre l'appui de la niasse , nous l'exposerions à la fureur des partis, et le prince n'aurait pas même les moyens de connaitre les dangers de sa situation. Dès lors une secousse deviendrait inévitable, et nous pourrions nous reposer en attendant que quelque cause vint déterminer l'explosion. Voilà ce que nous ferions, ce que nous croirions devoir faire si nous étions les enneniis du gouvernement, et si nous avions le coupable dessein de travailer à sa ruine. Comment, en faisant le contraire, pourrions-nous avoir eu la pensée de l'affaiblir ?

» Messieurs, nous avions les plus fortes raisons

de penser que

le ministère public s'abstiendrait de faire entrer dans le cercle de l'accusation la partie de notre ouvrage dont je viens de vous faire connaître le véritable esprit. Nous aurions d'autres moyens

de repousser les attaques dont elle a été l'objet. Ces moyens , nous ne les ferons pas valoir en ce moment ; toutefois, nous ne renonçons pas à en faire usage ».

: Les accusations faites à l'occasion de l'article sur la loi des finances, ayant été ainsi repoussées

par M. Dunoyer, son coaccusé, a pris la parole en ces termes :

« MESSIEURS > On a beaucoup disserté en France sur l'utilité et sur le danger qu'il y aurait à laisser å chacun la faculté de divulguer ses pensées au moyen de l'imprimerie. Enfin, après beaucoup de discussions, on a fini par reconnaître que

le libre exercice de cette faculté offrait beaucoup plus d'avantages que d'inconvéniens.

» Mais une vérité n'est rien, tant qu'elle reste consignée parmi les théories. Il a fallu réduire celle-ci en pratique ; alors les débats ont recommencé; et, qu'il me soit permis de le dire, on n'a pas mis à la défendre l'art qu'on a mis à l'attaquer.

» Au lieu de ne reconnaître leurs ouvrages que phrase par phrase, ligne par ligne, et d'o- : bliger ainsi le ministère public à préciser ses accusations, les prévenus les ont reconnus en masse, et ont fourni à leur accusateur un champ immense pour établir ses conjectures,

» Au lieu de demander la restitution des parties de leurs écrits qui ne donnaient lieu à aueune plainte , ou de les faire imprimer de nouveau ,

si l'on refusait de les leur rendre', ils ont laissé envelopper dans la confiscation les parties non répréhensibles avec les parties qui avaient servi de base à leur condamnation.

Ils ne se sont pas aperçus qu'à l'aide de ce système, et'au moyen de quelques mots dont on forcerait le sens , on pourrait, dans un temps où l'on agirait avec peu de bonne foi, étouffer les vérités dont on n'aurait pas le droit de se plaindre , et qui seraient cependant la véritable et seule cause de la poursuite des écrivains.

» Enfin, au lieu d'expliquer nettement le but qu'ils s'étaient proposé en écrivant , et de le comparer à la loi pénale invoquée contre eux , ils se sont mis à disserter avec la partie publique sur les effets

que

leurs ouvrages pourraient produire; ils ont paru

croire

que

le délit était, non dans l'intention de l'auteur, mais dans le livre,

» Ils

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