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? » Or, nous avons indiqué le nom et la dem. meure de l'éditeur du manuscrit venu de SaipteHélène ; nous avons publié cet écrit sans y rien changer, et sans en approuver une seule ligne;, nous n'avons eu pour but que de détruire l'effet qu'il pouvait produire, et à moins que ce but ne soit criminel, nous ne pouvons pas être punis.

: » Il est donc prouvé qu'il ne peut y avoir d'injure ou de calomnie là où il n'existe pas d'imputation injurieuse ou calomnieuse de la part de celui à qui l'on impute un délit de cette nature; qu'on ne commet pas un délit de ce genre, en, rapportant des écrits qu'on désapprouve , quoique l'auteur de cet écrit ait pu lui-même être coupable ; qu'il est injuste de condamner en, nous ce qu'on a autorisé chez les aụtres, depuis que le gouvernement actuel a été rétạblị; que l'injustice serait d'autant plus grande que la réimpression du manuscrit venu de Sainte-Hélène , avec des potes explicatives et une réfutation,

of law, that no action is maintainable against a person who repeats the slander of another, announcing at the same time the name of his author; and the identical words by which such slander was first communicated, so as to afford the plaintiff a good ground of action. Starkie, pages 248 et 249. — Voyez Ludlow Holt, pages 181 et suivantes. -* suivantes.

- - - . .

; . am'. .,

n'était pas moins dans l'intérêt da gouvernement que dans l'intérêt du public; que le but dans lequel cette réimpression était faite, suffisait pour lui enlever toute apparence de criminalité; enfin, que de Manuscrit venu de Sainte-Hélène, était déjà publié en France, ainsi que cela serait prouvé s'il en était besoin. ust. ....... **»M. l'avocat du Roi, tout en soutenant que pour juger l'éditeur d'un écrit il ne fallait avoit aucun égard à ses intentions, a senti cependant que ce système pourrait n'être pas adoplé; et, en conséquence , il s'est cru obligé d'accuser de mauvaise foi l'auteur de la réfutation du Manus*crit venu de Sainte-Hélèné. Qubique cette impụtation soit par elle-même assez grave'; quoiqu'elle ait été faite dans le réquisitoire que M.lavocat du Roi a donné devant la chambre du conseil, je pourrais peut être mę dispenser d'y répondre. Je- l’exanzinerai cependant : il est des "ciréonstances où il faut oublier ce qu'on se doit à soi-même, pour songer à ce qu'on doit à auTricy

! I." sininen on sinna trụ1 (12: ; . . . . . . . . . . . " • ),

?". "(1) Voici un fait qui peut faire juger de la bonne ou de - la mauvaise foi des accusés et des accusateurs. Lorsque

nõus eumes fórmé le dessein d'insérer dans notre troisième volume, le manuscrit de Sainte-Hélène , nous en » M. l'avocat du Roi a cru voir une preuve de mauvaise foi dans ce que toutes les propositions du Manuscrit venu de Ste.-Hélène, n'avaient pas été réfutées. Votre refutation, a-t il dit; n'est pas complète , et, puisque vous entrepreniez de ré

donnâmes un exemplaire à un écrivain public du Palais, nommé. Acary , pour nous le copier. Cet écrivain en fit, en effet, une copie ; mais, au lieu de nous, la remettre, il voulut rendre un éminent service à la police : il lui livra l'original. Lorsque celui de nous qui le lui avait confié, se présenta chez lui pour le retirer, il répondit qu'il l'avait remis à un commissaire de police. Nous allâmes chez celui-ci pour le reprendre, en lui annonçant l'usage que nous voulions en faire. Il répondit qu'il l'avait envoyé au préfet de police , et dressa un procès-verbal de la déclaration de l'intention où nous étions de l'imprimer. Ce procès-verbal fut adressé à l'autorité supérieure. Nous nous présentâmés chez le préfet de police, pour réclamer l'exemplaire confié à l'écrivain public, et nous déclarâmes encore au secrétaire général de la préfecture que nous ne le réclamions que pour l'insérer dans notre troisième volume. Il nous'. renvoya au ministère de la police , où, disait-il, notre exemplaire devait se trouver. Nous primes alors le parti d'écrire au ministre pour lui faire connaître nos inten*tions : nous lui demandâmes notre exemplaire , en lui annonçant que nous ne le réclamions que pour le rendre à la personne qui nous l'avait donné, puisque nous en avions un autre pour le livrer à l'impression ; que s'il pen-'. sait qu'il valait mieux le rendre avec la réfutation que . fuler le Manuscrit venn de Sainte-Hélène , vous ne deviez pas laisser une seule proposition sans y répondre , bien ou mal, il n'importe. M. l'avocat du Roi nous a donné des principes : fort sages et fort justes, en matière de réfutations : il nous a dit qu'en général elles étaient peu estimées ; qu'elles produisaient peu d'effet , et que souvent-même on ne les lisait pas. Le premier mérite d'une réfutation est donc de se faire lire; et pour se faire lire, elle ne doit pas en. nuyer. Or, . ,

» Le secret d'ennuyer est celui de tout dire ; et, si nous avions tout dit, bien ou mal, M. l'avocat du Roi nous aurait probablement reproché d'avoir fait une réfutation ennuyeuse, et

nous nous proposions d'en faire", nous ne nous opposions point à ce qu'il le retînt; enfin , que nous étions bienaises que le zèle de ses agens nous eut fourni l'occasion de lui faire connaître nos intentions. Tout cela eut lieu dix ou douze jours , aư moins , avant que le Manuscrit venn de Sainte-Hélèrie fût livré à l'impressioni Si nous nous étions trouvé engagés dans une conspiration don't Pohjet aurait été le renversement du trône, on n'aurait pu pion noncer contre nous aucune condamnation si nous avions dénoncé le complot avant l'exécution : nus avons voulu. faire réimprimer un écrit da:is le dessein de le réfiter : nous avons fait connaître nos intentions à l'autorité avant de le livrer à l'impression, et l'on sait ce qui est arrivé.

Cens. Europ. — Tom. V. 20

par conséquent une réfutation qu'on n'aurait pas pu lire, une réfutation de mauvaise foi. . » Il est remarquable combien les mêmes passages affectent diversement les esprits. M. l'avocat du Roi a frémi d'épouvante à la lecture d'un passage auquel nous avions à peine fait attention, au passage de la page 148. Il y a vu une de ces prédictions que les Romains auraient appelées mala et nefanda omina , et dont ils auraient dévoué les auieurs à l'exécration publique ; la lecture de ce passage a produit en lui un mouvement d'éloquence qui est encore présent à notre pensée. . .

» Il est dans le monde , Messieurs, une mullitude de choses ou de personnes qui n'ont pas d'autre importance que celle qu'on leur donne , et je crois que celle-ci est du nombre. En général , j'ai peu de goût pour les prédictions; et si les Romains me paraissent quelquefois remarquables par la force de leur raison, ce n'est assurément pas quand ils règlent leur conduite sur le vol des oiseaux ou sur l'appétit de leurs poulets sacrés. Je n'ai pas cru plus nécessaire de répondre au passage que M. l'avocat du Roi considère comme une espèce de prophétie, que je n'aurais cru nécessaire de répondre à une prédiction de Nostradamus ou de Mathieu Lans

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