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avec sa couronne de ruines; les eaux ont de la transparence. L'intention de donner de la fraîcheur au paysage nous paraît encore ici produire un effet fort voisin de la froideur.

Site aux environs de Huy, n° 98. La rivière, suspendue un moment en une nappe immobile et transparente , tombe en petite cascade sur le devant; à gauche du cours de l'eau, des montagnes; à droite, au milieu du tableau, un terrain uni couvert d'un bois sombre dont les arbres viennent mirer leur pied dans le limpide miroir. Plus loin, vers le cadre, un chemin qui s'enfonce dans la forêt. Ce paysage est animé par quelques cerfs, au bord de la rivière. L'ombre est jetée avec sentiment sur le massif d'arbres du milieu; au fond, la haute montagne à pic rappelle plus celles de la Suisse que celles des bords de la Meuse: nous serions tenté d'accuser ici le peintre d'infidélité, ou plutôt de s'être laissé aller à une réminiscence involontaire de son voyage aux Alpes. Le versant de la montagne qui descend jusqu'à la rivière est rendu avec beaucoup de vérité, il est très-varié de ton, la lumière y joue bien, et fait une belle opposition avec les teintes rembrunies du massif sombre du milieu. De l'autre côté, le chemin entre si bien dans le bois que l'on serait tenté d'y pénétrer avec lui. Le ciel nous aparu manquer d'harmonie ; le blanc et le noir y tranchent fort.— Les eaux calmes et la cascade sont rendues avec une égale exactitude, elles produisent une belle opposition de pensée, bien conservée dans l'exécution.

Le quatrième tableau de M. Delvaux offre encore de belles qualités.

Nous ne finirons pas cependant sans lui recommander le dessin; ses arbres pèchent souvent sous ce rapport, son feuillé n'est pas toujours assez varié, assez étudié.

En somme, cet artiste s'est montré digne de sa réputation : nos critiques doivent lui prouver le cas que nous faisons de son talent, et la confiance que nous avons dans ses progrès.

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EUG. FLANDIN.

Parmi les vues de villes qui sont exposées au Salon, les amateurs ont remarqué deux tableaux représentant, l'un, La place de Saint-Marc, à Venise, l'autre, La Grand'Place deBruxelles, côté dela maison dite BroodHuys. L'auteur de ces deux ouvrages est un élève de M. Gudin, dont le talent s'est manifesté pour la première fois au Salon de Paris, au mois de mars dernier. M. Eugène Flandin revenait alors d'Italie et en rapportait des études laborieusement acquises. Il s'est mis à l'œuvre et a exécuté pour l'Exposition parisienne, Une plage de Naples avec ruines romaines; Un clair de lune (le pont des Soupirs à Venise, avec une exécution d'une sentence du Conseildes Dix), et enfin, une toile de six

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