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Une plage, N° 419. — Un hiver, N° 420 '.

ll semble que la Commission Directrice, en plaçant ces deux tableaux l'un auprèsde l'autre, ait voulu rendre plus embarrassant le choix de l'amateur. En effet l'hiver est si vrai, si froid, si brumeux; sa glace est si naturelle , si transparente, si bien rayée par le fer des patineurs; son petit ciel si fin! mais la petite marine est si séduisante ! comme sa mer est mobile, comme la vague déferle avec grâce sur ce sable où vient de s'étendre en cercle la vague ascendante! comme son ciel est orageux et triste! le temps se gâte, il fait bien du vent sur cette plage; mais on y reste charmé.

Les tableaux de M. Schelfout sont du très-petit nombre de ceux que les artistes ont empreints d'un sentiment. L'exécution sans doute est pour beaucoup dans le succès de ces ouvrages; mais sans la pensée, vraie aussi, que le peintre a mise dans sa composition , toutes ces vérités de détails, qui nous frappent dans cet ensemble , ne produiraient qu'un effet médiocre. La marine de M. Schelfout fait réfléchir, elle émeut ; elle prouvera, nous l'espérons, à ceux de nos paysagistes qui ne s'at

1 Hauteur, métro, 0,53 ; largeur, mètre, 0,45.

tachent qu'à des effets bizarres, que les moyens simples, habilement employés, sont les plus sûrs pour produire une sensation durable; que l exécution délicate des détails ne gâte point un tableau, quand d'ailleurs il est conçu avec ensemble et harmonie.

Nous ne placerons pas l'ombre dune critique auprès de l'éloge que nous venons de faire : nous ne pensons pas qu'un seul reproche puisse être adressé à ces deux tableaux, qui nous ont montré le peintre hollandais dans tout l'éclat de la belle réputation si justement acquise, depuis longtemps, à son talent.

Dans les éloges qui précèdent, nous n'avons été que l'écho de tout le public; nous avons dit ce que tout le monde a dit en voyant ces deux chefs-d'œuvre. Nous les avons jugés comme s'ils étaient les seuls que nous eussions vus du maître. Eh bien! ces peintures si fines, si vraies, si parfaites en tout point, ne vous paraîtraient plus que des esquisses, si vous aviez vu Y Hiver que possède le cabinet de M. le comte de Jonghe. A côté de celui-ci, les autres pâliraient. Aussi terminerons-nous cet article en disant, que, dans ce genre, M. Schelfout n'est vaincu que par lui-même.

ISABEY.

Nous regrettons que cet artiste, dont la réputation est si étendue, n'ait pas jugé à propos de nous envoyer quelque chose de plus important que sa Vue d'une ville normande, n° 274. En vérité, ce petit tableau ne nous permet pas d'apprécier le talent de M. Isabey, comme nous avons pu faire de celui de M. Gudin, par les morceaux dont ce dernier a orné notre Salon. Oserons-nous dire que l'effet qu'a produit sur nous cette Vue est fort au-dessous de ce que nous attendions? Oui, sans doute, et même nous nous croyons en droit de reprocher au peintre d'avoir traité nos artistes un peu trop sans façon. La même chose est arrivée en 1833 à M. Devéria, qui avait pensé que son fond d'atelier, ou de magasin, serait toujours assez bon pour Bruxelles. Il s'est trompé; et

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