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VIEILLEVOYE.

Cet artiste, qui brillait au salon de Liège , où il occupait la première place , ne nous a pas traités aussi bien que ses compatriotes liégeois. Un portrait et une étude de vieillard, voilà tout ce qu'il nous a envoyé. Il est vrai que le peintre avait plus d'intérêt à établir solidement sa réputation dans la ville dont il dirige l'académie, que de l'étendre au loin. Sans cette considération, peut-être aurait-il réservé pour le mois de septembre les travaux plus importans qu'il a exhibés au mois de mai.

Le portrait du général M est très-ressemblant; il

est peint avec conscience, mais non avec charme. La fraîcheur de la carnation y produit un effet dur et donne de la sécheresse au dessin qui manque de fondu. C'est donc à la manière dont M. Vieillevoye a éclairé sa figure que nous adresserons nos reproches. 11 est fâcheux qu'un tableau, exécuté avec autant de soin, pèche par le soin même que l'on a mis à le rendre parfait. C'est qu'il faut savoir sacrifier des détails à l'ensemble, les exécuter ensuite dans la demi-teinte ou dans l'ombre, afin que l'œil puisse les y retrouver s'il les y cherche. Mais il ne faut pas que toutes les parties se disputent la prééminence de l'effet. De même qu'un critique trouvait des longueurs dans un distique, nous trouvons du papillotage dans cette figure, dont toutes les parties attirent également notre attention et visent à l'effet. On ne saurait trop louer la manière exacte dont le peintre a rendu tous les détails de l'uniforme, c'est à s'y méprendre, à s'approcher pour s'assurer que les décorations sont bien de la peinture. Encore une fois, c'est là du faire et de la main, ce n'est pas de l'art.

M. Vieillevoye a surtout réussi dans les tableaux de genre. Le peuple liégeois lui a fourni des scènes et des types originaux, que nous lui conseillons de continuer à exploiter; il peut se faire un genre dans lequel il n'aurait pas de rivaux.

Nous l'engageons aussi à s'occuper sérieusement du coloris : le sien n'a pas encore le fondu et l'harmonie qui font le charme des ouvrages des grands maîtres. Sa tête de vieillard, n° 364, est une étude admirable, qui fait désirer un tableau.

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J. PAELINCK.

M. Paclinck est un des artistes belges qui ont le plus contribué à relever l'école flamande, dans le pays et à l'étranger. Plusieurs de ses ouvrages lui ont valu une célébrité bien acquise, et assurent à son nom une belle place dans nos annales.

Le tableau de YInvention de la fraie Croix, qui se trouve dans une église de Gand, est encore aujourd'hui un des meilleurs ouvrages que le pinceau flamand ait produits depuis vingt ans; c'est ce que nous appelons un tableau capital.

Les Disciples d'Émaiis, le Calvaire peint pour le village d'Ostaeker, lieu de naissance de l'artiste, sont de ces toiles qu'une nation peut montrer avec orgueil;

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