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dirons pas que l'aspect de cette toile nous a fait l'impression que nous attendions d'une des plus imposantes solennités du culte catholique, dans la plus magnifique église de la chrétienté. Bien plus, nous ne balançons pas à avancer que l'effet d'ensemble est complétement manqué. Ce reproche, tout grave qu'il est, laisse encore au tableau des qualités d'un ordre supérieur. Si de l'ensemble nous en venons aux détails, nous n'hésiterons pas davantage à avancer qu'il est impossible d'imaginer, sous ce rapport, une perfection plus soutenue.

L'espèce de chapelle ardente où brûlent des milliers de cierges et de lampes, autour et en avant du maître-autel, dont le baldaquin est supporté par quatre colonnes torses de bronze, est vraiment éblouissante. Cette lumière, au milieu du jour qui traverse en larges rayons obliques la haute coupole, est rendue avec beaucoup de vérité. Des milliers de figures remplissent le temple : toute la partie de la procession, qui se trouve sur le devant, est exécutée d'une manière supérieure. Le dessin en est pur et élégant; les divers effets produits par la lumière des cierges sur chaque tète sont piquans et très-variés. On nous assure que la plupart de ces figures sont des portraits; ce serait sans doute un mérite de plus. Le tableau de M. Van Brée donne physiquement une idée juste de Saint-Pierre, pendant la procession de la FêleDieu; sous ce rapport, c'est un ouvrage extrêmement précieux, quia dû coûter à son auteur un travail de patience incalculable. On nous a dit que l'artiste y a employé sept années : nous le croyons facilement, tant les moindres détails y sont soignés. Cette toile est digne de figurer dans un musée; rarement il arrivera qu'un homme de talent s'astreindra à un travail aussi minutieux et l'exécutera avec autant de conscience.

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ll y a beaucoup de grâce dans les tableaux de cette jeune personne. Son pinceau manque de vigueur; mais aussi ne choisit-elle que des sujets simples. Sa p^ierge est une jeune mère avec un bel enfant. Ce serait être par trop exigeant que de demander à cette peinture le sentiment divin qu'on trouve chez les grands maîtres. Réduit à cette simple donnée, le sujet n'a plus que les difficultés ordinaires de l'imitation de la nature, et Mlle Noël y a fort bien réussi. Sa Fileuse endormie est encore un très-agréable petit tableau; on y sent une main de femme, à la faiblesse des touches, mais on y retrouve aussi un sentiment de femme à la naïveté de l'expression.

M. J. BATAILLE.

La Scène d'incendie de M. Bataille est un progrès sur tout ce que nous avons vu de lui jusqu'ici. Ce jeune artiste a encore beaucoup à étudier pour avoir un talent fait; il y a tout lieu de croire que de sa persévérance naîtront de brillans succès. Plusieurs intentions, plusieurs poses de son tableau méritent même beaucoup d'éloges; il y a là du dessin et du sentiment; la couleur demande encore quelques réformes. M. Bataille mérite d'être encouragé ; les sacrifices qu'il a faits pour pouvoir se livrer à son art lui vaudront tôt ou tard un triomphe qu'il ne croira pas alors avoir acheté trop cher. En acquérant son tableau pour la loterie, la Commission directrice a montré qu'elle comprenait bien sa mission.

FRANÇOIS CAUTAERTS.

Des trois tableaux que soumet ce jeune artiste au jugement du public, le n° 34, Unfumeur, est sans contredit le meilleur. Une seule figure demi-corps et de petite dimension le compose tout entier. C'est une exacte et agréable imitation de la nature. La tête et les main9 6ont peintes avec beaucoup de soin, une touche légère et sûre.

Le n° 35 ne pourrait jamais être compris sans le secours du livret. En effet, qui reconnaîtrait dans cette peinture rose et molle, le vieux Milton, aveugle et malheureux, le génie biblique et sévère sur cette figure fade et sans expression?

On trouvera dans Lafiancée, tableau du même, in

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