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COMPTE-R

U SAL

EXPOSITION

VONS

COMPTE-RENDU DU SALON D’EXPOSITION. 339 a pu réparer son tableau du comte Ugolin. Nous avons encore vu enrichir la salle des sculptures d'un petit groupe d'après Thornwalsen, et d'une statue de BienAimé. Certes, les salles supplémentaires que l'on a été forcé d'ajouter à la galerie auraient, à défaut d'autre considération, suffisamment motivé la disposition royale qui a retardé la clôture. , M, Verschaeren est un lauréat de l'école d'Anvers, pensionnaire à Rome. Le tableau qu'il en a rapporté prouve qu'il a bien employé son séjour dans la capitale du monde chrétien et du monde des beaux-arts. Il a profité si bien des modèles que l'Italie a étalés à ses yeux, qu'il ne parait pas avoir conservé le souvenir de la Flandre. Nous l'en féliciterons, si quelques années de séjour dans son pays le débarrassent aussi complétement des réminiscences italiennes sans le ramener à l'imitation de l'école flamande. M. Verschaeren n'est pas original; on ne peut pas dire absolument qu'il imite un maître, mais il y a dans son Éliézer et Rebecca un dessin et une composition qui rappellent fort N. Poussin, une couleur et une manière de contourner les draperies qui sentent leur Mignard. C'est donc en suivant un système qui ne peut pas être le résultat de ses propres observations, en employant des procédés qu'il n'a pas imaginés, que M. Verschaeren a conçu et exécuté son tableau. Aussi

nau

qu'en est-il résulté? L'action principale a été négligée pour les accessoires. Ces accessoires, qui ne devaient pas nécessairement avoir un caractère bien décidé, pouvaient, sans trop grand danger de plagiat, s'exécuter sur des thèmes banaux. Les deux figures principales nécessitaient seules quelque invention, et c'est la partie indigente du tableau.

Éliézer, attachant à Rebecca le bracelet d'or, a une pose maniérée et déplaisante. Sa tête est belle sans doute; la nature a fourni un beau modèle au peintre, et il a prouvé, en le copiant, qu'il y a de l'habileté dans son pinceau; mais tout ce qui dépendait de l'artiste, tout ce qui était création, est précisément ce qui a fait défaut. Le personnage de Rebecca, qui devait être toute gráce, cù devaient se montrer tous les charmes de l'élue que le ciel destinait à Isaac, le fils du serviteur de Dieu, est la moins bonne figure du tableau. Elle manque d'expression, le dessin n'en est pas très-correct, elle est trop courte dans ses proportions.

Certes, le paysage est admirablement bien composé; certes, les cinq femmes, dans la demi-teinte à gauche, ont des poses charmantes; certes, ces femmes des arrière-plans, portant des cruches sur la tête, ce conducteur de chameaux, ces bergers sont très bien dessinés ; inais jamais M. Verschaeren n'aurait trouvé tous ces motifs s'il n'avait pas vu les arcadies de Poussin et les compositions de quelques autres maîtres d'Italie. Quoi qu'il en soit, l'aspect général du tableau est enchanteur, le site est profond et plein d'air, la couleur en est flatteuse.

On nous a parlé d'un Væu de Jephté que le même artiste aurait également exécuté en Italie; nous regrettons qu'il n'ait pas pu figurer à l'Exposition.

Le portrait, exposé auprès de Rebecca, témoigne d'une main habile. En résumé, M. Verschaeren revient en Belgique avec des preuves irrécusables du bon emploi de son temps; il en rapporte cette grâce de dessin, cette élégance de formes qu'on a presque toujours déniées aux peintres flamands. Sa couleur ne manque pas d'harmonie et de suavité, bien que nos yeux, accoutumés à un autre genre, ne lui trouvent pas assez de chaleur de ton. Nous ne pouvons toutefois, à raison du manque d'originalité de son tableau, nous faire une opinion exacte de la portée du talent de M. Verschaeren, et de ce qu'il pourrait produire s'il était absolument abandonné à lui-même.

MIC

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M. Ruyten expose deux tableaux, nos 411 et 412 , qu'il a tout simplement appelés Vue de ville ', Intérieur de ville , sans désigner plus positivement l'endroit qu'il a voulu représenter. Nous sommes donc autorisé à penser que ces vues sont de sa composition, et alors nous lui en faisons compliment. Il y a de la grâce et un arrangement pittoresque dans ses deux tableaux ; le dessin de ses maisons est de bon goût, elles sont groupées fort artistement, la perspective en est belle et bien ordonnée. Ses figures sont distribuées avec entente, posées et dessinées avec esprit; l'ensemble de la couleur est d'un

auteur, mètre 0,60; largeur, mètre 0,47.

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