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« Chaque capitale de province possède un musée, des expositions, et un fonds employé à acheter des tableaux et des statues; Bruges, Liége, Gand, Bruxelles, Anvers, ont des Académies, et, toutes les médiocrités à part, il reste aujourd'hui à la Belgique quatre artistes dignes de rivaliser avec ceux de l'Europe. M. Geefsa taillé de belles statues; M. Verboeckhoven est venu jusqu'au Louvre et nous savons que personne entre nous ne le peut égaler dans sa belle manière de faire les animaux; M. Wappers est connu partout où l'on s'occupe de peinture, et pour n'être pas un génie capable de succéder à Rubens, comme ses compatriotes font semblant de le

» croire, ce n'est pas moins un homme d'une grande distinction.

« Mais un artiste vraiment supérieur, et dont le nom résonnera bientôt, c'est M. Madou. Nous avons vu deux dessins de lui dans le célèbre album du docteur Roger, à Bruxelles, d'une beauté si complète, que nous les regardons comme deux chefs-d'œuvre. L'un est une scène de joueurs, l'autre un trait de la vie de Craesbeck, ce

1 Nous pensons que M. Schœlcher se trompe sur ce point. Si Verboeckhoven est connu à Paris, c'est par un tableau de moyenne dimension qui fait partie de la galerie du Palais-Royal. Ce tableau étant peint depuis longtemps, ne donne pas une idée exacte du talent de notre peintre. Le cabinet de M. Hotscbild possède un des beaux tableaux de Verboeckhoven. Pour le Louvre, il n'y a jamais exposé.

boulanger ivrogne, qui se mit à faire d'admirables tableaux pour ne plus quitter son ami, le peintre Brauwer, qui passait sa vie au cabaret. Ce sont deux intérieurs, l'action s'y passe avec clarté; la pleine lumière dans le second, et le jour douteux d'une cave-taverne dans le premier, sont sentis et rendus tout à fait en maître : il y a là des qualités fines et rares.

« M. Madou publie en ce moment chez M. Dewasme, à Bruxelles, la Physionomie de la société européenne, depuis le quatorzième siècle jusqu'à nos jours. 11 cherche les costumes, les caractères, les mœurs, la physionomie enfin, des diverses époques de cette période. Travail ingénieux et spirituel où il ne se dément pas, mais auquel on souhaiterait plus de force dans l'exécution.

« Puisque nous avons prononcé le nom de M. Dewasme , nous devons rappeler, comme témoignage du haut point où est arrivée la culture des arts en Belgique, que cet artiste-éditeur entreprend seul la Collection, sur grand papier, de l'œuvre entière de Bubens. A peine l'eut-il annoncée, que des souscriptions éclairées lui garantirent les moyens de la mener à fin. M. Dewasme a la conscience de ce qu'il fait, etoe formidable recueil lithographique deviendra un hommage digne du géant de l'école flamande. »

LA UT ERS.

Une copie de La chasse au sanglier de Rubens, tableau qui se trouve au palais du prince d'Orange, à Bruxelles, copie exécutée à l'aquarelle, a été placée au milieu des tableaux à l'huile, et y a soutenu son effet. Si le travail du copiste est toujours un travail secondaire, il n'en devient pas moins très - important, lorsqu'il est exécuté dans un autre genre et avec cette supériorité. On connaît les ressources de l'aquarelle, combien certains effets sont difficiles à rendre avec ces couleurs. Eh bien! M. Lauters a lutté avec le coloris si ferme, si vigoureux de Rubens, et il est parvenu à rendre l'effet du tableau et toute la variété de ses teintes. Quoique les figures et les animaux soient exécutés avec une rare perfection , le paysage est surtout étonnant.

Celui qui sait copier avec cette intelligence et ce sentiment est capable de faire par lui-même de fort bons ouvrages. M. Lauters a prouvé déjà l'habileté de son crayon comme lithographe, et de son pinceau comme aquarelliste.

La copie d'après Rubens, dont nous venons de parler, est une des réductions exécutées pour le grand ouvrage de lithographie que se propose de publier M. DewasmePletinckx, sous le titre de Oeuvre De Rubens.

On a pu voir à l'Exposition une planche, n° 589 du Catalogue, dessinée sur pierre par M. Lauters d'après son aquarelle, et qui fera partie de l'ouvrage.

Nous devons toutefois faire remarquer aux connaisseurs que le désir d'en voir figurer une épreuve au Salon a fait mettre un peu de précipitation dans ce premier tirage. Certaines parties faibles prendront de la vigueur, et celles que l'on peut encore trouver opaques gagneront de la transparence, parle fait seul de l'impression confiée à d'habiles ouvriers.

V

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Ce jeune artiste est en possession de lithographier le portrait. Il a déjà acquis dans ce genre une habileté remarquable. Sa manière est originale. 11 rend les physionomies avec vérité, et saisit parfaitement le caractère saillant de chacun. Les nombreux portraits exposés dans les deux cadres, n09 8 et 9,ont fourni à chacun l'occasion dejuger du mérite du dessinateur; dans ce nombre, il en est toujours un ou deux dont on connaît l'original. M. Baugniet a reproduit les traits de tous les hommes un peu en évidence en Belgique. Indépendamment de sa Collection des portraits des membres de la chambre des Représentans, collection déjà fort avancée, il a dessiné les principaux artistes, les peintres, les musiciens,

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