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La Belgique est une des contrées de l'Europe qui offre le plus de variété à l'œil de l'observateur attentif; longtemps nous n'avons pas paru nous douter de tant de richesses répandues sur notre sol. Aujourd'hui nous reconnaissons , comme les étrangers eux-mêmes, que les environs de Liége, le cours de la Meuse, de la Sambre, entre leurs belles chaînes de montagnes, que les bords de l'Ourthe, de la Vesdre, de l'Amblève, ont une nature à part, riante et originale; que la sauvage Ardenne a plus d'un site pittoresque dont l'art pourrait faire son profit. Les imposantes ruines des abbayes de Yillers et d'Aulne, les masses orgueilleuses et féodales du château de Gaesbeek, les profondes et mystérieuses galeries des grottes du Han, de Freyr et de Rémouchamps, méritent d'être chantées sur la lyre et reproduites sur la toile.

Quant aux villes flamandes, elles sont comme pavées de souvenirs des époques brillantes où la culture des beaux-arts plaçait nos provinces au premier rang des nations civilisées; de même que notre commerce et notre industrie, en répandant au dedans l'oppulence, faisaient respecter le nom Belge sur toutes les mers et dans les contrées les plus lointaines. Un artiste qui visite ces villes dans l'intention de recueillir des études pour le paysage, les tableaux d'intérieur, les monumens d'architecture, n'est embarrassé qi . du choix.

L'art du moyen âge a-t-il produit beaucoup de cathédrales supérieures, en richesse et en belles proportions, à Notre-Dame d'Anvers; de tours plus colossales et plus délicatement découpées que celle qui surmonte ce magnifique édifice?

Il n'est pas à Anvers, par exemple, une église qui ne mérite une attention particulière. Si nous n'avons pas de musée national; si les collections municipales de Bruxelles, de Gand et d'Anvers sont loin d'approcher de la richesse des musées de France, d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne et d'Angleterre, en revanche, nos églises sont de véritables musées. L'amateur, il est vrai, doit parcourir une grande étendue pour satisfaire sa curiosité; mais, à tout instant, la foule des habitans est admise à contempler les chefs-d'œuvre de nos artistes, à la place même pour laquelle ils ont exécuté leurs ouvrages.

A Notre-Dame, vous admirerez le prodige de la peinture, cette Descente de Croix, dont la renommée est dans tout le monde.

Aux Dominicains, vous vous arrêterez devant les boiseries qui tapissent toute son étendue intérieure, encadrant une foule de tableaux, souvent fort remarquables; sculpture d'un travail prodigieux, que l'on n'obtiendrait pas aujourd'hui avec d'immenses sacrifices. C'est unesuite de confessionnaux, ce sont des stalles d'une finesse d'exécution, d'une richesse d'ornemens que nous sommes loin d'atteindre dans les ouvrages de ce genre, si rares en ce siècle positif, où règne l'angle droit avec son despotisme mathématique, où nos meubles les plus soignés n'affectent guère que des formes réglées par le compas, où l'art enfin se réduit trop souvent à la géométrie descriptive.

L'église des Jésuites, bâtie d'après le plan donné par Rubens, ne vous étonnera pas moins par le caractère particulier de son style, un peu bizarre.

A Saint-Jacques, vous trouverez, sur le pavement d'une chapelle, derrière le chœur, une inscription latine qui vous apprendra, que là, devant un de ses tableaux représentant une Sainte - Famille, reposent les

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