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DE KIIY PEU.

Le groupe dont nous donnons le trait représente la Justice protégeant l'Innocence. A part l'expression forcée et la pose théâtrale, il y a de la grandeur et des lignes sévères dans ce groupe. La draperie y est conçue dans un bon style; mais l'exécution en est molle.

On a pu trouver un peu trop de disproportion entre les deux figures; l'Innocence nous a paru trop petite, elle n'atteint pas l'épaule de la Justice.

Nous n'avons pas bien compris l'idée de l'artiste. Pourquoi la divinité protectrice tient-elle de la même main le glaive nu, qui justifie en partie son mouvement énergique, et la balance dont l'équilibre semblerait devoir être troublé par ce même mouvement. Ces deux idées semblent se combattre au lieu de s'aider.

F. DERRE.

Cet artiste brugeois, fixé à Paris, a exposé un morceau fort curieux sous plus d'un rapport. Des fonts baptismaux, taillés dans un seul bloc de pierre de Tonnerre. Cet ouvrage est conçu suivant le style gothique, et rappelle le travail délicat de certaines parties des anciennes cathédrales, et des pièces d'orfèvreries qui, dans les mêmes édifices, renferment les précieuses reliques des saints. Le principal mérite de cette sculpture réside dans la difficulté vaincue; mérite peu apprécié dans les arts, où la pensée doit avoir le pas sur les détails matériels de l'exécution. Toute la partie architecturale du baptistaire est d'un joli dessin, offrant en général le caractère gothique, ou moyen âge. Quelques rosaces nous ont paru faire disparate et n'appartenir point au style du reste du morceau; nous trouvons aussi que les petits anges, ouenfans nus, qui circulent dans les arabesques de la couronne du vase, sortent du caractère et appartiennent à l'époque de la renaissance.

Les statuettes placées dans les niches, et sculptées en ronde-bosse, offraient de très-grandes difficultés d'exécution. C'est là, comme nous l'avons déjà dit, leur véritable mérite; car, pour l'élégance des formes et la pureté du dessin, elles sont loin de la perfection.

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A. JOUVENEL, LECLERCQ, HART.

Peu de médailles ont été exposées cette année; deux de nos premiers graveurs ne nous ont rien montré. MM. Jehotte, père, etBraemt, connus l'un et l'autre par des travaux fort recommandables, ont laissé l'arène à de plus jeunes.

La médaille commémorative de l'Exposition de l'industrie nationale en 1835, gravée par M. A. Jouvenel, graveur du Roi, fait infiniment d'honneur à l'artiste: elle présente, à Xavers, le portrait du Roi et, au revers, le génie de l'Industrie, entouré de tous ses attributs, inscrivant sur une table d'airain les noms des industriels qui ont obtenu des récompenses. Ce petit bas-relief, car, selon l'expression de Winkelmann, la gravure en médailles n'est autre chose que de la sculpture en petit, ce bas-relief est composé avec goût et exécuté avec correction et délicatesse. L'effigie du roi est la meilleure qui ait été donnée jusqu'ici par l'art numismatique.

M. Leclercq nous a encore montré sa médaille du Régent, ouvrage fort médiocre, d'un dessin peu correct et d'une exécution très-faible. Celle du Pape est infiniment mieux; mais un médaillon publié à Rome aura donné à l'artiste beaucoup de facilité pour exécuter cette gravure.

Nous venons de voir, il y a quelques jours, et après la clôture du Salon, un exemplaire de la médaille frappée en l'honneur de feu le chanoine Triest. C'est un fort bon ouvrage, qui atteste de grands progrès dans son auteur, M. Leclercq.

La médaille offerte à M. Bourla par les états de la province d'Anvers, à l'occasion de la construction de la belle salle de spectacle de cette ville, a déjà fait à M. Hart une certaine réputation. Vavers, qui représente la vue perspective de l'édifice, est d'un beau relief et d'un travail fort délicat. La médaille frappée à l'occasion de l'inauguration du chemin de fer de Bruxelles à Anvers, est d'une agréable composition, aussi exécutée avec beaucoup de soin et de goût.

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