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£ùc, laissa ïa nièce dans la maison , & l'exhoría à bien faire.

La persécution qui s'étoít allumée contre M. áe faine Ciran pour les raisons que nous avons vues & plusieurs autres que nous verrons, retomboic par contre-coup fur la maison du saint Sacrement. M. de Paris voyant le bruit qu'on en faifoit, & les mauvais rapports qui avoient passé jusqu'aux oreilles du Nonce,voulut éclaircir les choses. II envoya au saint Sacrement M. de Comtes Chancelier de Nbire-Dáme , & Supérieur de la maison , pour faire les informations requises. Cet Ecclésiastique pria d'abord: la Mere Supérieure de lui donner par écrit ses fentimens fur la Confession & la Communion. II n'y trouva rien que de très-orthodoxe. Eníúite il interrogea coûtes les Sœurs , fut trèscontent de leurs réponses , fur-tout de l'assurance qu'elles lui donnèrent que c'étoìt par ^inspiration de M. de saint Cirârr, qu'elles s'étoient mises dans Tentiére dépendance de M. FArchevêque comme de leur unique & vrai Su

Eérìeur. M. Je Comtes rendit compte au Préttx & revint une féconde fois , où il régla, qu'au lieu du scapulaire d'écariatte que M. de íangres avoit voulu leur faire porter , &'qui avoir quelque chose de trop:.brillant, elles prendroìent un scapulaire blanc avecuntcroixjrouge. M. rArchevêque vint ensuite' lui-même ^ interrogea toutes Jes Sœurs, les loua beaucoup íe leur conduite, 8c fit. de grands ffòges de ía chere fille la Mere Angélique ,.auftT-blen: quede M. de saint Ciran , dont la justification-s'eníuivoit tout naturellement des fentimens chrétiens & Catholiques ou íê trOuv oient des filles éespar ce Dúccïeuf. Il 'prit,jour le ii. SèJ'ácásix"

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ttois de Chœur, & trois Converses. LorfqUlf fît la cérémonie , la Mere Supérieure & les anciennes Professes reçurent de fa main 1c scapulaire blanc avec la croix rpuge. Ce sut eu cette occasion que les filles de P. R. commencèrent à faire prendre l'habit aux Postulantes fans aucun ornement, ni aucune parure , avec un habit très-simple, & une coëffé fur la tête: & ainsi fut supprimé dans ce Couvent l'abus très-commun alors , 8rencore aujourd'hui, de faire paroître la Postulante revêtue de toutes les pompes du siécle & de la vanité du vieil homme , dans le moment qu'elle va fe consacrer à Jesus-Christ, & se revêtir de lui & de son humilité.

On disposa ces filles pour la ProfcíTìon durant le cours de Tannée. Mais lorsque tout étoit prêt, par une retraite de six semaines entières que les Novices., & toute la maiíòn avec cUçs avoient faite , on suc arrêté par l'incommoditè de la maison qu'on occupoit, où il y avoit trop peu d'air : à quoi on attribuoit les maladies fréquentes de la plupart des Religieuses. On crut qu'avant toute chose il falloit changer de maison. C'est pourquoi M. l'Archevêque envoya un ami du Monastère proposer aux Religieuses le choix entre l'un de ces deux partis , ou d'acheter promptement urie maison plus commode , ou de s'en retourner à P. R. eri attendant qu'on Pèut trouvée. On fit beaucoup de prières pour consulter lq Seigneur, & ne rien faire que par son esprit ; & on choisit le seconá parti proposé , de retourner à P. R. d'autant plus que la plupart des filles de P. R. avoient toujours souhaité que le.nouvcl Institut s'y établît; & que d'ailleurs celles du saint Sacrement 7 gagnoienc ce qu'elles avoient de plus cher áa. monde , leur réunion avec leur vénérable Mere Angélique. Ainsi finit cette affaire de l'Institut du saint Sacrement , que nous verrons dans la fuite adopté par les deux maisons de P. R.

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Ces filles revinrent à P. R. le 19. Mai 1658. j.*^* ^a

fileines de joie pour les deux personnes qu'el-Sajnt sacrées comptoient y retrouver , la Mere Angéli-ment que & M. de saint Ciran , qui écoit toujours demeuré lié à P. R. La joie fut bien tempérée par la triste nouvelle qu'elles apprirent en arrivant, de la détention de M. de saint Ciran , qui avoit été mené à Vincennes deux jours auparavant. C etoit la Mere Agnès qui étoit en, place , ayant succédé depuis peu à la Mere Geneviève dont le ttms avoit expiré , perdant qu'elle étoit au saint Sacrement. Cettebonne Mere les reçut avec une extrême satisfaction. Elles la prièrent de trouver bon qu'elles rentrassent au Noviciat. Cela leur fut accordé ; ensorte qu'elles avoient le bonheur d'entendre les fréquentes conférences que la Mere Angélique faisoit aux Novices» La maison cependant ne jouilsoitpas d'une parfaite tranquillité. II s'étoit formé une espéce de schisme à í'oecasion de M. de Langres Quelques Religieuses lui demeuroient fore attachées, conservant toujours la première idée qu'elles avoient prise de sa vercu & de sa piété , quoiqu'il y fut arrivé un grand déchet. Elles étoient soutenues dans leur partialité par cette Dame de Pontcatré , dont il a été parlé déja , qui deineuroit'à - P. R. & quLavíút donné Ì4000. liv. qu'on avoit employées à commencer le nouveau bâtiment. Elle étoit très-liée à M. de Langres & ne .. voyoit rien au-dessus de lui ; ensorte qu'elle, dé• íàpprouvoit tout ce qui n'étoit pas selon le goût <ju Prélat ,^ pat coatre-couy improuvohtttat

ce qui se faisoit suivant celui de M. de saint Ciran. Son autorité au reste éroit peu considelable. C'étoit un esprit un peu leger j d'une humeur libre & hardie. EHe avoit assez bién commencé. D'abord elle ne demandoit à la maison qu'un très-petitappartcme»t-, une place pour mettre son lit , disoit-elle , & quatre- pieds pour tourner à í'entour; & une sœur Converse pour la servir.-Elle avoit fait mettre dans le contrat,qu'en cas qu'il lui prît fantaisie de íbrtir,on ne lui rend rok pas ses 8000. écus }-voulaut ainsi se lier elle-même par la crainte de sa propre légèreté. Elle se mit sous la direction de M. de Langrès,. dans le tems que 00 Prélat étoit dans fa plus grande ferveur. H lui fit faire le sacrifice d'un Luth dont elle jouoit fort bica, & de tous ses livres do musique.

Lorsque M. de Langres eut décidé qu'il fatloit employer les 8000. écus au nouveau bâtiment , elle donna signe dès-lorsde relâchement. EHe se fit faire un parloir , un tour , un grand cabinet, un oratoire peint en camaïeu , une terrasse avec des caisses d'orangers : ce quioblir geoit les Sœurs de porter 18. ou 10. seaux d'eau tous les jours au haut de la maison , pour arroser ces jardins. Elie devint aiiili sort haute & impérieuse. Les conversations avec l'Evâque , qui dans les commencemens étoient toutes de piété, dégénérèrent en conversations amusantes. Le Prélat y passoit des journées entières. Ils alloieot souvent promener ensemble au dehors. La DaHìe.nelaissoit pasd'estimer M. de saint Ciran, qui sréquentoit P. R. mais elle ne se mit point íòus £à direction; Lorsque la Mere Angélique tenoit bon pour les observancontre les innovations que M. Jokiattpduiref la Dame.&à

roìt à Tard à la Mete Agnes qui en étoit Ab* besse , de maniéré à lai faire entendre que la kl. Angélique pensoit à se remettre sous la jurisdiction de l'Ordre. Cefut-là t'origìne des préventions que la Mere Agnès & tes compagnes' de Tard prirent contre la Mere Angélique , cóhtre M. de saint Ciran. Quand e-Hes revinrent de Tard, elles err rapportèrent ce levain: la Mere Agnès le déposa bien vîte , lorsqu'elle eut vu ks choses de près. Mais ses compagnes ne firent pas de même. Trouvant quelques esprits dans la maison disposés comme elles,elle ne vivoknt pasen bonne intelligence avec les Mères. La Dame de Pontcarré errtretenoit ce schisme , aussi-bien que FEvèque de Langres qui' continuoit de venir à la maison , & autorisort ces filles dans leurs murmures & leurs désobéissances , comme la Mere Angélique l'assure ellemême dans un Mémoire dont nous parlerons plus bas.

Les Mères furent enfin forcées d'emplbyér XVITT. On remède un peu fort, de crainte que le mal M- de L*tP n'allât plus loin : ce qui auroit été la ruine de 8resR'carte de tout le spirituel de la maison. Elles prièrent tout franch.ementM.de Langres de ne plus revenir à la maison-, &i défendirent à tou:es ks Sœurs de parler à Madame de Pontcarré; à qui il fut aussi fait défense d'aller dans la maison, sans être accompagnée d'une Sœur qu'on chargea de cette fonction. Ces précautions produisirent leur effet, non fans le secours des prières ferventes des deux- saintes Mères, de Madame Arnaud , devenue la Sœur Catherine de sainte Félicité , laquelle pleuroit nuit & jour , la petite Marie-Claire sa fille , qui étoit malheureu{Èment du nombre des schismatiques , & une dej plus renaces* En peu de terns toutes ks Sœurs sé.»

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