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assez haut pour être vue de dehors. Toutes le* Religieuses communièrent à la Messe. Après la Mefle on chanta le Te Deum & le Célébrant donna la Relique à baiser au peuple. L'affluence du monde fut si grande à P. R. ce jout-là , qu'il fut débité à la porte du Monastère pout cent francs de Sentences de l'Ofïicial fur le miracle , à un fou la pièce. La Cour elle-même crut le miracle , & le Cardinal Mazarin avoit été le premier à solliciter le Grand-Vicaire de Paris d'en faire la publication. Une circonftaace très-remarquable fut que ce Grand-Vicaire , qui avoit eu des ordres pour faire une visite à P. R. à mauvaise intention , le miracle étant survenu, fit au lieu de la visite les procédures pour constater le miracle. M. Pascal , oncle de la petite Perrier, fut si frappé de l'événement, que ce fut ce qui lui donna occasion de mettre sur le papier toutes ses pensées fur les miracles, qui font imprimées; & fa sœur la Religieuse, qui est la Sœur sainte Euphémie, qui avoit en toute jeune un si grand talent pout la poésie , composa un poëme françois de plus de 100. vers fur cette guérison miraculeuse : il se trouve dans le recueil des pièces de P. R. imprimé en 1740. in-douze. Le pere & la mere de lajeune Demoiselle ont fondé dans la fuite à perpétuité dans la Cathédrale de Clermftnt ( où fe voit une inscription qui conserve la mémoire du miracle) une Messe en musique qui s'y chante encore le 14. Mars. 11 ne faut point oublier le témoignage récent qu'a donné au miracle de P. R. le Pape Benoît XIII. l'ayant cité dans ses homélies fur l'Exode, qu'il a fait imprimer , & dans lesquelles il prouve que les miracles n'ont pas cesse dans l'Eglife.

Aptes cette guérison , & la fête qui en sut cilavant avec une très-grande confiance ; & M. d'Aubigni son parent , & parent auífi du Roi d'Angleterre , avoit écrit à ce sujet à M. de Bagnois le billet suivant: » M. deBagnolsest » prié par son très-humble serviteur d'Aubigni de faire toucher le présent mouchoir à la » sainte Epine de P. R. & de faire recommanda der aux prières de toutes les bonnes Religieu« ses Madame la Princesse Palatine , cjui elt » à l'extrémité depuis ce matin ; & de me ren» voyer le mouchoir qui y aura touché, avec » une ou deux images de la sainte Epine. » II étoit neuf heures du soir , lorsque ce billet fut envoyé : & dès que le linge qui avoit touché à la sainte Epine, fut appliqué sur l'estomach de cette Princesse réduite en un péril évident de mort, elle se trouva mieux à l'instant , & dans la fuite elle recouvra parfaitement la santé.

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f. Dans le tems que les Grands-. Vicaires procédoient aux informations & à la vérification du miracle de la Demoiselle Baudran, il s'en fit un autre qui paroissoit encore plus extraordinaire que le précédent. Ce fut en la personne d'une petite fille , pensionnaire , âgée de douze ans , toute contrefaite de naissance 8t reconnue pour telle parla sage-femme qui étoit encore vivante, boiteuse au point qu'une de ses jambes étoit plus courte de demi-pied que l'autre , sourde depuis quelque tems , ne voyant pas d'un œil où il y avoit un dragon , ayant la bouche si bistournée , qu'on avoit peine à entendre ce qu'elle vouloir dire. Après une neuvaine à la sainte Epine , elle fut guérie de tous ces maux, & la jambe courte s'allongea successivement.

- .6t Une Religieuse de la maison de Dieu de

Vernon Diocèse de Rouen , paralitìque dey deux jambes depuis deux ans , qui ne pouvoic marcher qu'avec une très-grande difficulté , & qui avoit été inutilement aux eaux de Rouen, pour y chercher le remède à son infirmité , étant revenue à Paris , eut dévotion d'aller à P. R. révérer la sainte Epine. Elle se trouva guérie aussitôt qu'elle l'eut baisée , & s'en retourna quelques jours après à son Couvent , alsez forte pour faire à pied près d'une lieue'. Cette Religieuse étoit sœur de M. de Mcrçai Ecuyer de la Reine d'Angleterre, & nièce da Commandcurde Merçai. Le miracle sut attesté par le Médecin & le Chirurgien de Vernon , dont la Prieure de Vernon envoya les certificats avec le sien. VI. 7- Madame Durand , femme d'un Procureur

Suite des mi-de la Cour , avoit entr'autres infirmités un voracles. missement continuel depuis deux ans dix mois , qui lui faisoit rejetter toute nourriture. Elle fc fit porter à P. R. Ie 18. Juillet pour demander à Dieu fa guérison par l'attouchement de la sainte Epine. Elle se sentit guérie dans Je moment qu'elle l'eut baisée : & pour s'en assurer > elle prit de la nourriture fur le champ au Couvent, & elle la retint fans peine : elle n'a eu aucun retour de son mal.

8. Un Officier de la Fauconnerie vint de Vincennes où étoit la Cour, & présenra à M. Singlin son enfant, âgé de dix mois, porté entre les bras de fa mere, qui se mouroit d'une fièvre très-violente , & n'avoit pas tetté depuis quatre jours. M. Singlin dit la Messe, fit baifer la siinte Epine a l'enfant après la Messe. Aussitôt l'enfant s'émut, cria , & tetta fort bien, & le pete s'écria : Mon enfant eft guéri. Quelques jours après il le rapporta à P. R. en plei

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