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mages au Roi immortel, & se loger dans íéf plaies sacrées , azile assuré contre les traits enflammés du démon.

Enfin S. Bernard eut fa supplique le jour de sa Fête qùi tombe dans l'Octave de rAflomption. Elles le regardent comme leur protecteur,& en cette qualité elles prient ce Saint qui a servi dans son tems de bouclier à l'Eglise au défaut de ceux qui auroient du l'être , de les soutenir par son intercession dans l'épreuve à laquelle les expose fobligation où elles font , quoique fragiles par leur sexe & leur peu de vertu , de réparer l'aíFoibliísement où ceux qui dévoient être des colomnes , font tombés ; de leur obtenir les feules armes qu'il leur a dit être capables de repousser I'ennemi du salut, sçavoir les larmes d'un cœur humilié , & qui ne met fa confiance que dans la toute-puissance du Seigneur. jX, Ces extraits que je mets íbus les yeux du lettre de la Lecteur , des pieuses Requêtes de ces vertueuMere Agnès fcs fijles t Iui feront connoître ce qui fe pat aux Religieu- ç -t ^ s je C0Eur <je ces vierges, en même ses de P. R. / ■ , 9,

àcs Champs. tems °iu" 'u *e reclt °e ce <lu' 'eur arrlvolt au dehors. U faut aussi lui donner un échantillon des régies sages de conduite qu'on leur suggéroit dans la maison. C'est ce qu'on voit (dans une Lettre de la M ère Agnès écrite le 18. Juillet à la Communauté de P. R. des Champs. Gémissant d'abord fur la situation préfente où elles font, menacées d'être séparées les unes des autres , & enlevées de leur cloître, elle les console fur le champ par cette noble vue que leur vœu de stabilité se terminera à une instabilité sainte qui les rendra plus fermes & plus stables dans l'amour & la fidélité qu'elles doivent avoir pour Dieu. Rien de plus judicieux & de plus salutaire que l avis Îu'elle leur donne ensuite ; que comme la vue e 1 état fâcheux où elles seront peut-être réduites , est capable de faire trembler , aussi nç faut-il pas beaucoup s'y arrêter, de peur dç tomber soi-même ; mais plûtôc considérer l'obligation qu'on a de s'abandonner à Dieu, & d'espérer en sa protection. Elle leur fait observer avec erand soin que d'aimer la vérité, ce qui consiste à ne tien croire & à ne rien embrasser qui ne lui soit conforme , n'est pas le principal; que ce n'est encore rien, si on n'étend cet amour de la vérité à une autre vérité , qui est celle des moeurs , fans quoi la première seroit comme une lampe qui s'éteindroit bientôt, parce qu'il n'y auron pas assea d'huile. Elle entend qu'il faut s'efforcer par un avancement continuel dans la vertu , d'obtenir la grâce de la pratiquer dans un degré extra» prdinaire, lorsque le tems fera venu. Les ren? contres, dit-elle, qu'on trouve à prêtent de se mortifier & de se renoncer soi-même , ne sonc que des peintures, en comparaison des grandes difficultés où nous nous trouverons engagées. Dieu nous demande les premières , & il nous promet qu'il nous donnera les secondes.. Ne pensons donc point au lendemain , en craignant trop de manquer de la grâce qui nous fera nécessaire ; mais employons bien celle qu'il nous donne aujourd'hui, & ce fera une semence qui produira cent fois autant. II y faut Ajouter les prières continuelles , &c. J'aurai occasion plus bas de faire un détail des avis particuliers que cette sage Mere avoit mis par écrit , pour régler la conduite qu'il faudroit tenir dans tous les cas nouveaux Sc singuliers* ©u l'on pourroir se ttouver. Elle y pourvoit à fout. Des âmes soutenues par de si belles ex

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hoitations, animées par tant de prières & tant de pratiques de Religion , enflammées par la haute idée qu'elles avoient de la cause qu'el» les foutenoient, étoient sans doute bien préparées à la grande tentation qui étoit proche. "X . Dans l'attente donc de ce que la Providence

Acte caP'- leur faisoit envisager comme prochain , les Retulaue desRe-.. - , » . , j c

ligieuses,fait ngieutes de P. R. jugèrent a propos de faire avec grande encore un Acte capituíaire pour se lier ensemsolemnné, ble , & s'unir plus étroitement dans la défense F^dTC f'" a ^e 'CUr CDH^c'ence' Pour tendre compte de leur confiance de conduite au public, & pour faire d'avance des layérué. protestations communes contre les violences qu'on pourroit exercer contre elles. Ce font les trois motifs qu'elles se proposent dans cette dématche. L'Acte fut passé avec une solemnité édifiante. Elles étoient toutes rangées à leur place dans le chapitre ; le livre des Evangiles éroit au milieu fur une table. La Mere Agnès ouvrit le livre avant qu'on le mît fur la table, &c elle trouva à l'ouverture les chap. 16. & 17. de S. Jean, 011 lut ces paroles : dans 1e premier endroit, En vérité, en vérité je vous le dis, vous pleurere^ , & vous gémirez vous au~ tres, & le monde fera dans la joie.. . . Je ne vous dis point que je prierai mon Pere pour vous; car mon Pere vous aime lui-même, parce que ■vous m'avez. aimé. , .. Le tems va venir, & il efl déja venu, que vous ferez, dispersés chacun de son côté. . . . Fous aurez, des affligions dans le monde: mais aye^ confiance ; j'ai vaincu le monde. Et dans le second endroit on lut la prière que J. C. fait à son Pere , qu'il unisse en lui tous ceux qu'il lui a donnés , & qu'aucun d'eux ne périsse.

La rencontre parut une.espèce de prophétie que l'évéiiemeut véjifia. L'uságe s'étoit ctabli

depuis

áepuis long-tems parmi ces Religieuses de chercher ainsi dans l'Ecritiire sainte à livre ouvert , ce qu'il plairoit à Dieu de leur faiíe rencontrer dans les occasions où elles souhaicoienc de connoître ce que Dieu demandoit d'elles. Nous en verrons encore plusieurs traits dans la fuite, comme nous en avonsdéjavus. Communément elles rencontroient assez juste ce qui «onvenoit à la conjoncture présente. Peut-être quelqu'un trouvera à redire à cette conduite: N'est-ce pas , dira-t'on , tenter Dieu en quelque forte , que de lui demander qu'il s'explique par des rencontres fortuites? Pour moi je pense que la simplicité & la foi de ces saintes filles leur mérite quelque indulgence , supposé qu'on prétendît absolument qu'il y eût en cela quelque faute. Si elles avoient voulu absolument dépendre de ces rencontres pour se déci* der sut la volonté de Dieu , sans l'avoir consulté par les voies ordinaires , elles mériteroient assurément des reproches sérieux 8c un blâme considérable. Mais ayant d'ailleurs la loi de Dieu & les conseils de la prudence chrétienne pour régies, elles ne cherchoient qu'à édifies leur piété par ces passages pris au hazard dans l'Ecriture sainte. Revenons.

Le Livre donc ayant été placé fur la table , •une Religieuse lut tout haut la profession de' foi da Concile de Trente , toutes étant à genoux dans leurs rangs. Ensuite elles fe levèrent les unes après les autres pour approcher de ia table , & mettre la main fur les saints Evangiles , & baiser le Livre , en signe qu'elles embrassoient & juroient tous les articles de foi dont elles venoient de faire prosession. On fit ensuite la lecture de l'acte qui étoit tout ■dressé , lequel fut signé l'aprcs-midi de toutes

Tome I. Y

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