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Yeuses' RtH' 3 ^eUreS ^u matin avant ,eur» ^'Ka K'

i'uneqûwîí* c°nipagné. II avoit avec lui Grand-Vicaire , p*. j Aumônier, Porte-Croix , & scn fidèle M. Chamillard. On le conduisit avec des lanternes au Chapitre, il trouva les Religieuses déja assemblées , parce que la Mere Eugénie avoit fait sonner le Chapitre , aussitôt qu'elle avoit sça son arrivée. Les Religieuses furent étrangement surprises de voir arriver à une telle heure celui qu'elles sçavoient bien ne pas venir en bon Pasteur, mais comme un Juge inexorable. Une des sœurs tomba évanouie dans lc Chapitre : on fut près d'un quarc-d'heure à la faire revenir ; après quoi oij la porta à l'infirmerie. Pendant cetems-là l'Archevêque étoir assis dans son siège , ne disant mot. II commença par reprocher à la Communauté d'une manière vague de grands déréglemens , & dit qu'il venoit pour y remédier. On voulut l'interrompre pour justifier la maison de ces prétendus déréglemens. II ne voulut pas écouter , & il expliqua ce que c'étoit; c'est que les Religieuses non contentes de lui désobéir sur la signature , sur quoi elles pouvoient au moins alléguer leur conscience . lui désobéissoient sur a autres points fur lesquels elles n'avoient point d'excuse , ayant même leurs Constitutions contre elles. Ces points étoient qu'on ne gardoit pas le silence , qu'on alloit dans les cellules les unes des autres , qu'on parloit des matières de Théologie , qu'on passoit au dehors des écrits & qu'on en recevoit, qu'on se communiquoit les nouvelles au'on appienoit fur l'état des affaires pour aviser ensemble ce qu'on feroit. II fit faire ensuite la lecture de l'Ordonnance qu'il avoit rendue pour l'enlévement de ttois saurs, la secur Eustoquie de Bregy, ia soeur Melthide & la sœur Françoise-"Claire Soulain: & pour déclarer toutes les Religieuses de nouveau interdites des Sacremcns , & toutes privées de voix active & passive. Aussitôt toute I'assemblée éleva la voix , & dit qu'on en appclloit. La sœur Eustoquie lui demanda permission d'aller à sa cellule prendre plusieurs choses. Pendant qu'elle y étoit allée , il sortit du Chapitre , & y fit enfermer les Religieuses afin qu'elles ne s'attroupassent point autour des trois proscrites à leur sortie. La sœur Eustoquie l'ayaut rencontré à la porte du cloître, lui demanda encore permission d'aller dire adieuà sessœtirs. II le voulut bien. Elle entra, & s'étant mise à genoux elle demanda pardon à la Communauté de toutes ses fautes passées , & se recommanda aux prières. Elle sortit ensuite avec la sœur Françoise - Claire & la sœurMelthide.

Celle-ci en passant la porte , dit àM.l'Arr chevêque i » Monseigneur , vous voyez bien » que je vous obéis à cette heure avec joie. » Quand j'ai signé , je vous ai obéi avec beau»coup de répugnance , parce que j'agissois *>contre ma conscience. Mais à présent jc suis •» ravie de pouvoir vous donner des preuves de «ma soumission dans toutes ks choies qui ne *> blesseront point ma conscience ni la vérité. * Les trois sœurs érant parties , Eustoquie pour les Ursulines de S. Denis, Melthide pour les filles de Ste Marie de S. Denis , & FrançoiseClaire pour les Ursulines du fauxbourg S. Jacques , l'Archevêque rentra , reprit son sujet ordinaire , la signature & la soumission au Pape. 11 s'observa , & garda beaucoup de modération , s attendant bien, disoit-il, que lepro*ís-verbal alloit marcher. Les Religieuses tcdoublèrent leurs instances pour obtenir de fut' <juelqu'adoucissement dans leurs peines, surtouc pour lut demander d'être délivrées de M. Châmillard ; il ouvrk brusquement la porte 8c s'en alla. Elles allèrent toutes ' auslîtôt Te prosterner devant le-S. Sacrement, póu'r déposet, discnt-elles, aux'-pieds du Tribanat de J. C. l:appel qu'elles venofent d'i-slterjetter de vive • Voix. Puis elles dressèrent un Procès-verbal de teute la triste scène, oii elíes renonvellérent leur appel par écrit. L'acte est du 5. Décembre signé dê j y. Religieuses. L'Archevêque avoif tâché dans cette séance de jetter l'al 1 arme dan* l'esprit des Religieuses ,-en leur disant qu'onavoit en main les originaux des Ecrits "qu'onr faifoit passer au dehors ; que c'étoit une chose étrange que des- filles qui'ne devraient s'occuper que de la prière & du recueillement, s'a-' musassent à faire des journaux de tout fee qui fe passe. Les soeurs ne laissèrent pas d'être inquiètes.-Enfin après l'avoir entendu rebattte plusieurs fois la même chose, -& articuler le» faits qui' étoient dans ces journaux-, elíes comprirent Ce que c'étoit; & la sœur Christine lui dit : 33 Je voisbien, Monseigneur, de quoi vous M parlez: c'est fans doute d'un chiffon de pa» pier qa'on aura trouvé à Ste Marie au fondis d'un peloton de fil qu'une de nos sœurs en» voyok à la Mere Agnès. » L' Archevêque lui dit : » Encore est-ce quelque chose que vous 33 vouliez bien avouer la vérité, n La- sœur Christine lui demanda s'il jugeoit que ce fùt un grand crime, d'avoir mis un'petit Mémoire dans un peloton de fil. II ne répondit tien.

- • Trois semaines après,lePrélat revint pour une -nouvelle expédition de la même nature: c'éfoit l'enlévement de la sœur Christine Briquet. II la fit conduire aux filles Ste Marie de la rue S. Antoine; & en attendant que son cafosse qui l'y menoit, rut revenu, il confessa ses cheres Profanes , comme il avoit coutume de faire à l'approche des grandes Fêtes. Autre procès-verbal de ce qui venoit- d'arriver, figné de même de 55.

Quelques jours auparavant son enlèvement, tir; la soeur Christine avoit eu une conversation ]a "^ur Chriavecun de Mrs ses oncles,le Maître desRequê- stfnC,avecMrs tes.L'oncle dit à fa nièce qu'on l'avoit fait aver- fe ondes fut tir sous main qu'il y aurôit dans peu quelque de Péiínouvel enlèvement. Puis il se mk en frais pour' lui présenter des motifs qui dévoient la déterminer à la signature. Comme ce qu'il disoit v n'étoit pas de son crû , mais qu'il redisoit ce? qu'on lui avoit suggéré rles motifs qu'il alléguois étoient assez louches , & la petite soeur jui les écoutoit, n'en étoit pas bien émue. A on tour elle lui dit ses raisons, qu'il avouoit* êrre fortes. Ensuite il voulut lui persuader que ee quï ha retenoit, c'étoic la crainte que la Mère Agnès ne fçût qu'elle auroit ligné , & rattachement qu'elle avoit à la doctrine de M. Arnaud , qui avoit , dit -il , été condamnée. II lui fit cependant l'aveu qu'il avoit été convaincu de la justice de leur cause par 1a lecturç qu'il avoit faite du Traité de la soi humaine tqu'il l'avoit dit à M. l'Archevêque , & lui avoj« déclaré qu'il ne pouvoit pas comprendre après cela comment il pouvoit exiger la créance dtt Fait: que l'Archevêque lui avoit répondu que: » jamais il n'avoit exigé rien de pareil : ( nous » avons bien vu le contraire jusqu'ici : ) qu'il •» laissoit atout le monde la liberté de croire n ce qu'on youdroit j que ce qu'il demandoit

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» n'étoìt antre chose qu'une soumission exté» rieure de jugement & un acquiescement à la «décision de i'Eglise : qu'il avoit ajouté que *> de tous les Ecclésiastiques de son Diocèse qui *> ont signé , il y en a peut-être la plus grande » partie qui n'ont pas plus vu Jansénius que » les Religieuses de P. R. mais qu'ils ne laisn sent pas de signer fur la foi de leur Evêque «qui leur commande ; parce que c'est une » soumission extérieure que l'on est toujours » obligé de rendre à ses Supérieurs , & qui » n'empêche point qu'on ait toujours la liberté » de croire tout ce q'ue l'on veut, pourvu qu'on w soit dans son devoir en obéissant à ses Pré» lats ; comme moi , j'ai liberté d'avoir telle » créance que je voudrai; je puis être CalviM niste dans mon cœur , s'il me plaît; mais »cela n'empêcheroit pas que je ne fusse obligé » de/aire toutes les fonctions de l'Archevêque de *> Paris , parce que pour l'extérieur , il faut *> que Tordre & la police soient toujours gar» des. » La sœur Christine sot étrangement surprise; elle ne pouvoitpas se persuader que ie Prélat eut tenu un pareil discours ; & elle dit à son oncle qu'elle croyois qu'il se méprenoit. Mais l'oncle recommença mot á mot ce qu'il lui avoit rapporté , & l'assuraque M. l'Archevêque lui avoit dit tout cela en propres tetmes. II faut présumer que ce pauvre Archevêque íè tirait comme il pouvoit, quand il se voyoic dans l'embarras , fans trop peser ses termes, & fans considérer ni comment il se mettoit en contradiction avec lui-même, ni si ce qu'il «vancoit ne tirait pas à conséquence.

I.e lendemain elle reçut la visite de son autre oncle M. l'AvocatGénéral, qui débuta par les dernieres paroles que venoit de lui dite M.

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