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parler , elles méritent a ce titre également le nom de cistophores , —

6c l'on ne sauroit rien dire de .bien raisonnable pour en déterminer la valeur.

Les autres explications que j'ai faites dans le texte de Festus peuvent paroître lus raisonnables; je dirai un mot de celles qui peuvent paroître outeuses. J'ai rendu les six mille deniers qui composoient le talent de Naples, par six mille drachmes Attiques; parce que les Grecs ayant peuplé la partie méridionale de l'Italie, qui pour cela sut appellée la. grande Grece , il est naturel de penser qu'i s y porterent leurs. oids , ainsi que leurs mesures. Au contraire , j'ai rendu les trois mil e deniers qui saisoient la valeur du talent de Syracuse , par trois mille sicles ou tétradrachmes; parce qu'Edouard Bernard, par ses ex ériences sur les monnoies anciennes, nous a appris que l'once A ratique , qui étoit également celle de Messme, l'étoit probablement de toute la Sicile , &t nous fait croire que dans cette Isle on. saisoit usage des mêmes poids qu'en Asie, en Egypte &t à Carthage. Un examen suivi des monnoies anciennes qui ont été conservées jusqu'à présent, seroit très-propre à repandre un plus grand jour sur cette matiere. Je ne suis pas à portée de profiter de cet avantage; j'indique ce moyen à celui qui trouvera bon de s'occuper de cette étude.

Nous avons vu que Pollux évaluoit le talent de Babylone à sept mille drachmes Attiques , qui sont soixante-dix mines ; Hérodote évalue le même talent de Babylone à soixante-dix mines Euboïques; ce qui prouve que Pollux regardoit les mines ô( les drachmes Attiques comme parfaitement égales aux mines ô( aux drachmes Euboïques ; car c'est d'après Hérodote qu'il a sait cette évaluation. Mais il est temps d'examiner le talent de Babylone d'après le pere de l'histoire (Herod. lib. [II, 11°. lxxxix, Ga): nous entrerons sur ce sujet dans un assez grand détail.

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jugé qui avoit son principe dans la haine ô( le mépris , ne voulurent jamais rien emprunter des usages des Perses; ô( par des serrtimens tout-à-sait semblables , les Perses ne voulurent rien tenir des Grecs. Ce seroit donc une chose étrange ô( inouie que Darius eût adopté les poids de la Grece, pour les rescrire dans ses Etats, où ils devoient être ignorés , tandis que la Bille de Babylone avoit ses poids particuliers , dont l'usage devoit être familier aux Perses. Il y a donc dans le récit d’Hérodote quelque vice caché qu’il faut tâcher de découvrir. Voici comme je conçois ce qui a conduit l’Auteur à s’exprimer de la sorte. Hérodote voyant que l’argent de l’impôt devoir être pesé à une espece de talent , &t l'or à un autre qui étoit plus petit, s’informa quel étoit le rapport de ce dernier talent à celui de la Grece: on lui dit qu’il étoit de très-peu plus grand, ô( qu’on pouvoir sans une erreur considérable les regarder comme égaux l’un à l’autre; en effet nous avons trouvé que le talent Asiatique étoit de 57 livres du poids de marc de Paris, ôt le talent Attique d’environ 55. Hérodote adopte donc le talent Asiatique pour le talent Attique ou Euboïque, Ô( demande ensuite quel est le rapport du talent Babylonien au talent Asiatique qu’fl regarde comme égal à celui d’AtheneS; on lui répond qu’il est d’un sixieme plus rand : or comme le talent Attique est de 60 mines Attiques , érodote ajoute le sixieme de 60 , ô( la somme est 70 mines Attiques pour la valeur du talent de Babylone , valeur que des Hisioriens postérieurs , comme Pollux , ont colpiéeôtcon'ñ signée dans leurs ouvrages. Mai-s ce n'étoit pas cela; e talent de -Babylone étoit d'un .sixieme de lui-même plus grand que le talent courant de l’Asie , ensorte que celui~ci contenant go mines Asiatiques, l'autre en contenoit 60 , qui reviennent à 75 mines Attigues ou Euboïques. C’es’c d'après un raisonnement ô( des renseis

gnemens tout semblables, que le talent de Babylone se trouve évalué à 72 mines Attiques ou Euboïques dans plusieurs endroits de Plutarque , ô( dans Elien (Var. Iii/Z. lib. I. ). Le talent commun de l'Asie étant réputé égal au talent Attique , on demandoit quel étoit le rapport du talent de Babylone au talent Asiatique supposé égal à celui de la Grece; la réponse étoit que celui de Babylone surpassoit l'autre d'un cinquieme : on prenoit donc le cinquieme de 60 mines Attiques , savoir 12 , que l'on ajoutoit à 6o , ô( la somme 72 mines Attiques étoit, censée être la valeur du talent de Babylone. Mais celui qui donnoit ces instructions entendoit qu'il falloir prendre le cinquieme de go mines Asiatiques, savoir IO , pour avoir 60 mines Asiatiques , valeur du talent Babylonien , ce qui revient toujoursà 75 mines Attiques ou Euboïques. Ainsi Pollux a raison de dire que le talent de Babylone étoit composé de 60 mines, mais que ces mines étoient plus grandes que celles d’Athenes. 7 _

Malgré le vice qui regne dans le rapport assigné par Hérodote, entre le talent Attique 6c le talent Babylonien , je trouve qu'on peut rectifier à peu près cet Auteur par ses propres résultats; car il fait monter la somme des talens d'argent réduits au poids Euboïque à 9540 talens : mais si l'on veut se donner la peine de rassembler ses taxes partielles, on verra que la somme s'en monte à 7740 talens Babyloniens: divisant donc 572400 mines Euboïques, valeur de 9540 talens Euboïques , lpar 7740 talens Babyloniens , on aura au quotient 73 Z;- mines uboïques pour la valeur d'un talent de Babylone ; apparemment que ce n'étoit pas Hérodote lui-même qui avoit fait cette réduction , mais qui l’avoit trou-' vé toute faire d'après des rapports plus exacts que les siens.

Enfin le talent de Babylone étoit de 60 mines Asiatiques , comme le sont observer les Commentateurs de la Bible sur Esther (III, vers. 9.), dans un endroit où il s'agit du talent de la Ville de Suse en Perse : Si Iibi placer , decerne ut pereat (gens .sudaica) , 6- decem millia talenrorum appendam arcariis gaïæ tuæ. On peut ajouter encore que ce même talent de Babylone se trouve évalué dans quelques Auteurs à [go litres Asiatiques. Voyez l'Epitome du Traité des mesures ô( poids de George Agricola , par Philandre , dans Vitruve. —

De tout ce que nous avons dit il résulte que pour réduire les talens de Babylone àceux d’AtheneS , il saut ajouter le quart. Ainsi

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