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des monnoies réelles d'une once d'or qui valoient effectivement une litre ou rotule d'argent. Ces monnoies avoient dans le pays où l'on en faisoit usage un nom quelconque que Pollux ô( d'autres ont rendu par l'expression de /lazere d'or ,- Ô( il me semble que c'est tout ce que cet Auteur veut dite ici.

Selon Pollux encore (segm. 54, lib. IX, c. VI, p. I018.) le talent d'or valoit trois chrysos ou auréus Attiques, mais Celui d'argent valoit soixante mines Attiques. Son sentiment est encore soutenu de celui de Diphile,au rapport duquel plusieurs anciens Auteurs ont assuré que le talent d'or chez les Grecs étoit une petite somme. On trouve encore diverses évaluations de petits talens dans, l'antiquité la plus reculée; selon Polémarque il y en a eu un de quatre livres ou mines; selon Théophraste un autre de quatorze livres, &t selon Tlmée un de vingt-quatre. Pollux (lib. IX.) attribue deux sortes de talens à la Sicile, l'un ancien de vingt-quatre nummus, &t l'autre nouveau de douze nummus. Nous reviendrons à ces talens de la Sicile après avoir évalué les monnoies de la Grèce, c'est ce qu’il est temps de faire.

Le chalcous ou re'ole valoit 6 ñ;- deniers tournois. Il étoit le sixieme de l'obole , selon Suidas, d'après Diodore de Sicile : JCOÀJS Warp' Aenvsussozs 'E’Z e'crzxaotxôv. Quelques Auteurs croient que cette espece étoit d'une once de cuivre, d'où il suivroit que la propqrtion entre l'argent le cuivre auroit été à Athenes comme .22g a 1; c'est trop , ô( je pense que les Auteurs qui égalent le chalcous à une once de cuivre entendent par-là le phollis des Hébreux ô( des Asiatiques. A l'égard des rapports des autres monnoies Grecques entr'elles, je n'alléguerai plus les autorités surd lesquelles ils sont établis, on peut consulter le Chapitre précé ent.

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Le sou tournois vaut 1 ?chalcous, .i2 deniers tournois. L’obole Attique vaut 3 g sous tournois, 6 chalcous, 40 deniers, tournois.

La draclzme Attique vaut une livre tournois, 6 oboles, 20 sous tournois, 36 chalcous.

Le didraclzme Attique vaut 2 drachmes ou livres tournois, 12 oboles, 40 sous tournois, 72 chalcous.

Le télsaa'rac/lme Attique vaut 2 didrachmes , 4 drachmes ou livres tournois, 2.1. oboles , So sous tournois , 144. chalcous.

Le chryfos ou aure'us Attique, slatere d’or, vaut çtétradrachmes, 'io didrachmes, 20 drachmes ou livres tournois, 19.0 oboles, 720 chalcous. Nous avons dit tout-à-l'heure , d'après le témoignage de Pollux , que la siatere d'or n’étoit que du poids deJ deux drachmes Attiques. Si cet Auteur nous trompe à qui auronsnous recours pour nous assurer de la vérité? A l’e’gard de la pro

portion de l’or àl’argent, une mine d’or chez les Grecs valoir P

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parlé dans un endroit du poids d'un talent d'or , en ~parle de nouveau ailleurs en le désignant par le mot decaralanton, parce qu'il valoit dix talensd'argent. On veut consulter au sur lus Xéä nophon, Arrien, Harpocration, l-lésychius, Suidas 8c e Scholiaste d'Aristophanes.

Le talent d’or Attique &t Macédonien vaut 3 chrysos, I5 tétradrachmes, 30 didrachmes , 60 drachmes ou livres tournois, 360 oboles, 2160 chalcous. Le talent d'or Macédonien étoit du poids de six drachmes d'argent, selon Eustarhius, comme le talent d'or Attique, selon Pollux &t d'autres.

La mine Attique 8c Euboïque vaut 1 Ëtalent d'or, 5 chrysos, 25' tétradrachmes, $0 didrachmes, 100 drachmes ou livres tournois, 600 oboles , 3600 chalcous.

Le talent Attique 8c Euboïque vaut 60 mines, 100 talens d'or, 300 chrysos, 1500 tétradrachmes , 3000 didrachmes , 6000 drachmes ou livres tournois, 36000 oboles, 216000 chalcous.

- ll est à présumer que le talent d'or dont nous venons de parler étoit une monnoie réelle. Le grand talent de compte de 60 mines vaudroit en or 60000 livres tournois , c'est-à-dire , 1000 talens espece. Si j'ai inséré ce talent espece dans le numéraire Attique, ç'a été pour ne pas paroître affecter de rejerter des auto~ rités anciennes ; cependant rien ne me paroît plus incertain que l'existence de cette espece de monnoie, ôt j'exposerai ici les rai

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de Naples ou l'ancien talent de Sicile contenoit deux talens nouveaux de Sicile ou deux talens de Syracuse, six drachmes Attiques 6( par conséquent six livres de la monnoie de France, 24livres ou nummus de Sicile, 36 oboles Attiques, 96 trixas ou trionces, 14.4 dixas &t 288 onces de Sicile. Voilà ce qui résulte des témoignages combinés des trois Auteurs allégués. Rapportons encore ici un passage de Festus que nous avons déja vu &t comparons-le au numéraire ci-dessus : talentorum non unum genus. Atticum e/Z sex millium denarium. Rhodium G' Cislopliorum quatuor millium , 6- quinnrentorum denarium. Alexandrinum XII denarium. Neapolitanum V f denarium. Siracusanum III denarium. R/zeginum vic’loriati. Je dis d'abord que le talent d'Alexandrie contenoit douze mille &c non pas douze deniers; nous l'avons prouvé; par conséquent il faut écrire ÎÎI 8c non pas XII denczrium, d'où je conclus qu'il faut écrire de même : Neapolitanum Ï/ÎI denarium.

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res sont justes; si elles le sont on en inférera que' le talent Atti‘* que ou Euboïque ô( les talens de la Sicile ô( Naples étoient égaux ou à-peu-près, ôc encore que le talent Attique ou Macédonien d'or valoit dix talens d'argent, ô( qu'il n'y avoit point de talent d'or de trois stateres. ...3A

Il nous reste à présent àtraiter de la monnoie des anciens Romains; cette partie de notre travail n'est pas la moins étendue ni la moins pénible. M. Dupuy, dans une savante dissertation sur l'état de la monnoie Romaine (Mé/n. de l’Acad. des Inscript. 6Bell. Lettr. tom. X X V111 , p. 6475:) a répandu sur cette matiere beaucoup de clar'té ô( de méthode. J'avois cru d'abord ne pouvoir mieux faire que de profiter de ses profondes recherches sans y rien changer; mais depuis ayant parcouru lesuouvrages de quelques Ecrivains de l'antiquité, je me suis trouvé"dans la nécessité de m'écarter en quelques points de son opinion , ou plutôt je me suis vu forcé de combattre par desçautorités authentiques quelques-unes de celles que M. Dupuy allégue ô( qui sont égale~ ment authentïques. -‘- '

Romulus, F ondateur de Rome, institua des Loix telles qu'elles pouvoient convenir à un peuple agreste. Il fit un partagé’égal des terres de sa nouvelle Ville. Il en donna à chacun des habirans une portion de deux jugeres ou d'une hérédie, étendue qui revient à un peu_ plus d'un arpenr Royal deFrance, ô( qui est la quantité de

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