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que ses auditeurs étaient déjà tout disposés à murmurer contre la Providence qui avait fait d'un tel paradis la demeure des infidèles, lorsque la voyageuse ajouta: «Il faut avouer, cependant, qu'il y a une chose qui manque en Angleterre.Et laquelle ? s'écrièrent aussitôt tous les Arabes, enchantés de trouver un défaut à ce qui faisait jusqu'à ce moment l'objet de leur envie. On n'y trouve pas un seul dattier. — Pas de dattiers ! --- Je n'en ai pas vu un seul, vous dis-je, et je n'ai pas cessé un moment d'en chercher.» Dès ce moment, tous les autres avantages disparurent aux yeux des Arabes, qui se retirèrent pleins de mépris pour un pays où le dattier n'était pas connu , et s'étonnant que des hommes consentissent à y vivre.

aux Maldives des quantités énormes pour Bombay, et il en va beaucoup aussi en Afrique.

VÉGÉTAUX.

Le dattier. – Pag. 57, lig. 9. — « Ni la Chine « ni l'Inde ne connaissent le palmier. » Il est évident que, dans ce passage, l'auteur, sous le nom de palmier, désigne seulement l'espèce qui est pour les Arabes le palmier par excellence : le datlier. Cet arbre est pour les musulmans l'objet d'une prédilection particulière et d'une sorte de respect religieux. Voici, par exemple, en quels termes en parle Kazwini dans les Merveilles de la nature : «Cet arbre bénit ne se trouve que dans les

pays où l'on professe l'islamisme. Le prophète a dit, en parlant du dattier: honorez le palmier qui est votre tante paternelle ; et il lui a donné cette dénomination parce qu'il a été formé du limon dont Adam fut créé. » (De Sacy, Chrestomathie arabe, 2° édition , tom. III, pag. 395.)

Malcolm raconte, dans ses Sketches of Persia , qu'une femme arabe, qui avait été emmenée en qualité de nourrice par une dame anglaise, racontait à son retour toutes les merveilles dont elle avait été témoin en Europe. La peinture qu'elle faisait de nos pays était si attrayante, long des rochers. Cependant, comme les rameaux de palmier sur lesquels notre auteur dit que l'al-kabtadj s'attache, doivent flotter à la surface, on pourrait supposer que l'auteur a voulu parler d'autres mollusques à test plus léger; mais, outre que des coquilles minces et par conséquent fragiles n'auraient pas été propres à servir de monnaie, ce qui prouve bien qu'il s'agit de l'espèce qui, aujourd'hui, de même qu'au temps de notre voyageur, est employée à cet usage dans une grande partie de l'Inde, c'est

que c'est encore aux Maldives qu'on la va chercher.

M. Lesson, qui l'a vu recueillir dans ces lieux, a bien voulu me donner à ce sujet quelques détails. Ce n'est pas à la surface, mais au fond de l'eau (dans des lieux où d'ailleurs la mer a très-peu de profondeur) qu'on présente à l'animal le corps sur lequel il se fixe. L'appåt consiste en un petit morceau de poulpe ou de calmar, auquel le cauri s'attache par son manteau. Quelques fragments de coquille placés en guise de lest à l'extrémité inférieure de la ficelle qui porte l'appât, servent à la faire descendre verticalement. Avec cet appareil, tout grossier qu'il puisse paraître , on prend en assez peu de temps un grand nombre de cauris. On en charge « pensus, caudam torquebat sinistrorsum; spinulisque pinnæ analis parieti fissuræ adpressis « firmissime illis insistens altius se afferebat per «corporis expansionem, branchiostegis corpori « applicatis : quibus iterum expansis altius quam wantea se in corticis fissura tenebat. Eoque «modo spinosos radios pinnæ dorsalis mox ad «dextrum mox ad sinistrum latus cortici infi"gens, continuabat iter, quod meis demum u manibus impediebatur. Vita videtur tenacisusima : per plures enim horas sub tecto in sicca « arena eodem modo quo antea scandebat arbo« rem obambulabat. Operculorum spinæ ab «incolis venenatæ existimantur. »

MOLLUSQUES.

un

Le cauri (cypræa moneta).- Pag. 5, lig. 9.«Les cauris se rendent à la surface de la mer et renferment une chose douée de vie. On prend

rameau de cocotier et on le jette dans l'eau ; les cauris s'attachent au rameau. On appelle le cauri al-kabtadj. »

Ce passage est assez obscur et, en partie du moins , inexact : des animaux dont la coquille est aussi pesante que celle des cauris ne peuvent s'élever à la surface de l'eau qu'en rampant le Quelque étrange que puisse paraître cette assertion, elle se rapporte à un fait attesté par des témoins assez graves pour qu'on ne puisse guère le révoquer en doute. Le poisson dont il est ici question, le sennal du Malabar, est organisé de manière à retenir de l'eau sous ses branchies, et l'on conçoit fort bien qu'il puisse vivre très-longtemps dans l'air ; mais, comme ses formes générales sont lourdes, on ne s'attendrait pas à le voir grimper aux arbres. C'est cependant ce qu'a constaté un officier au service de la compagnie des Indes, le lieutenant Daldorf, qui, en 1791, a trouvé un sennal à deux mètres de hauteur, sur un palmier à éventail, et l'a vu s'efforcer de s'élever encore. Nous reproduirons ici une partie de la note insérée à ce sujet dans les Transactions de la Société linnéenne. M. Daldorf rattachait à tort l'anabas aux perches, et le désignait sous le nom de perca scandens.

« Capta Tranquebariæ circa id. nov. 1791, « propriis manibus in rivulo defluente ex Borassi «flabelliformis fronde in latâ corticis fissura. «Arbor stagno vicina. Piscis inhærens fissuræ « quinque pedes et ultra supra stagnum elatus « sub ipsis meis oculis altius ascendere annite« batur. Spinis branchiostegorum expansorum « utrinque fissuræ parietes attingentibus sus

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