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tiques Petimus superfluos foras mittite. Synodus episcoporum est, non clericorum. (Concil. Labb. t. 4, col. 111. ) Cette maxime n'est point contredite, malgré l'intérêt des ministres inférieurs qui assistent à ce concile. La lettre de saint Avit, évêque de Vienne, pour la convocation aux conciles d'Epaone en 517, porte expressément que les ccclésiastiques s'y rendront autant qu'il sera expédient; que les laïques pourront s'y trouver aussi, mais que rien n'y sera réglé que par les évêques. Ubi clericos, prout expedit, compellimus : laicos permittimus interesse, ut ea quæ à solis pontificibus ordinata sunt, et populus possit agnoscere. (Hard., Concil. t. 2, col. 1046.) Celui de Lyon, tenu en 1174, exclut de l'assemblée tous les procureurs des chapitres, les abbés, les prieurs et les autres prélats inférieurs, à l'exception de ceux qui y ont été expressément appelés; et de pareils règlements n'ont point infirmé les actes de ces deux conciles. Point de concile où il y ait eu un plus grand nombre de docteurs et de prêtres que celui de Trente. Aucun pourtant n'y eut droit de suffrage que par privilége. Or, si les prêtres avoient eu juridiction, et surtout une juridiction égale à celle des évêques, ou pour juger de la doctrine, ou pour faire des règlements, tous ces conciles, qui remontent jusques à l'origine de la tradition, eussent donc ignoré les droits des prêtres; ils eussent commis une vexation manifeste, en les privant du droit de suffrage qu'ils avoient dans ces assemblées respectables.

Dira-t-on que les prêtres ont consenti, au moins tacitement, à leur exclusion, en adhérant à ces conciles?

Mais, premièrement, ces conciles auroient donc prévariqué, en privant les ministres inférieurs de leurs droits. Ces ministres auroient donc prévariqué aussi, en se laissant dépouiller d'une puissance dont ils devoient faire usage, surtout dans les conciles où ils voyoient prévaloir l'erreur et la brigue : et cependant leur exclusion n'est jamais alléguée comme un moyen de nullité.

En second lieu, pour supposer un consentement tacite à la privation du droit acquis, il faut au moins un titre qui établisse ce droit; il faut quelque exemple où il paroisse clairement qu'on l'a exercé comme un droit propre; autrement la pratique la plus constante et la plus ancienne des siècles mêmes où la discipline étoit dans sa première vigueur, ne prouveroit plus rien.

En troisième lieu, cette supposition seroit contraire aux faits. On voit des prêtres assister aux conciles, on les y voit en grand nombre; et aucun n'y a droit de suffrage que par privilége. Or il seroit contre la règle, contre la justice et contre la sagesse, contre l'usage établi dans tous les tribunaux, contre la décence, contre le respect dû au caractère sacerdotal et à la personne des ministres, la plupart si respectables par leurs lumières et leurs vertus, qu'ayant par leur institution la qualité de juges, qu'assistant à un tribunal où ils avoient juridiction et où ils donnoient leurs avis, on les eût exclus du droit de suffrage.

En quatrième lieu, cette supposition seroit contraire à la nature des choses. Car peut-on supposer en effet que les prêtres qui, au moins dans les siècles postérieurs, ont toujours été en beaucoup plus grand nombre que les évêques, se fussent laissé dépouiller, par une affectation si marquée et si soutenue, de l'exercice d'un pouvoir que Jésus-Christ leur auroit donné ? Peut-on supposer que, pendant cette suite de siècles, ils eussent été aussi peu jaloux de la conservation de leurs droits ? Si les hommes oublient quelquefois leurs devoirs, ils n'oublient jamais constamment leurs intérêts.

Enfin cette supposition seroit contraire à la doctrine de ces mêmes conciles, qui déclarent expressément les prêtres exclus du droit de suffrage, comme dans les conciles d'Ephèse, de Lyon et de Trente.

Les Pères et les historiens s'accordent avec la pratique constante des conciles. Ils ne considèrent, dans ces assemblées saintes, que le nombre et l'autorité des évêques. Le pape saint Célestin enseigne expressément, en parlant des évêques, que personne ne doit s'ériger en maître de la doctrine, que ceux qui en sont les docteurs, c'est-â-dirc les évêques. Les papes Clément VII, Paul IV, Grégoire XIII, déclarent que le droit de suffrage n'appartient qu'aux évêques. Les conciles de Cambrai en 1563, de Bordeaux en 1583, un autre de Bordeaux en 1624, rappellent la même doctrine. C'est la maxime des cardinaux Bellarmin et d'Aguirre, de M. Hallier, de M. de Marca, du père Thomasşin, de Juénin. On peut y ajouter les témoignages des cardinaux Torquemada, (Summa Theol., l. 3, c. 14,) et d'Osius, (l. de Confess. Polon., c. 24,) de Stapleton, (Controv. 6, de med. jud, Eccles. in causâ fidei, q. 3, art. 3,) de Sanderus, (Hist. schism. Angl.regn.

Elisabeth, n. 5,) de Suarės, (Dispen. II. de concil. sect. 1, ) de Duval. (Part. 4, qu. 3, de Compet. Summ. Pontif., etc.) Le clergé de France a déclaré expressément que les évêques ont toujours eu seuls le droit de suffrage pour la doctrine dans les conciles, et que les prêtres n'en ont joui que par privilége. Par cette même raison, il fut délibéré, dans l'assemblée de 1700, que les députés du second ordre n'auroient que voix consultative en matière de doctrine.

Concluons donc d'après une tradition si constante, si unanime, si solennelle, si ancienne, que non seulement l'évêque a sur les prètres une supériorité de juridiction, mais encore que cette supériorité est d'institution divine, puisqu'elle a commencé avec les apôtres; que les évêques l'exercent comme successeurs des apôtres; que les Pères, et le concile de Trente en particulier, enseignent qu'elle dérive de la puissance que Jésus-Christ a donnée aux apòtres, et de la mission que les évêques ont reçue de Jésus-Christ pour gouverner l'Eglise; puisque enfin dès les premiers siècles, les Pères, les canons, les conciles supposent toujours cette supériorité comme constante, comme généralement reconnue, sans qu'on trouve aucune trace de son institution que dans les livres saints, L'Autorité des deux Puissances, part. 3, chap. 1. Voyez l'art. JURI DICTION

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Les axiomes, les principes de la science des mathématiques ne sont pas susceptibles: d'une démonstration proprement dite; la démonstration des vérités mathématiques en est plutôt l'exposé manifeste et méthodique, que la démonstration à priori, ou par une raison antérieure à toute raison. Cependant on ne révoque point en doute les axiomes; les principes qui servent de base au système des sciences purement humaines; mais s'ils sont certains, ce n'est pas qu'ils soient démontrés; ils sont au-dessus de toute démonstration ce n'est pas non plus parce que la démonstration en est impossible, qu'ils deviennent certains pour l'homme. Ils sont certains, parce qu'ils sont avoués, et reconnus vrais également par tous les esprits ; quiconque renie cette autorité qu'ils reçoivent de l'assentiment universel des hommes, n'a plus aucune raison philosophique d'en affirmer la vérité.

On fait quelquefois cette objection, peu digne, il est vrai, de la gravité des questions qui y donnent lieu la simple raison de l'individu ne lui suffit-elle donc point pour affirmer que deux et deux font quatre? et faut-il, pour être certain de cet axiome trivial, consulter la voix du genre humain ? Il est triste de répondre à de telles puérilités. Deux et deux font quatre, cela est sûr; je veux même, si on le veut, avouer que je le sais de moi-même, quoiqu'une philosophie rigoureuse établisse que je ne le sais que parce qu'on me l'a appris, comme tout le reste, et que sans l'enseignement la parole eût manqué à ma langue pour exprimer au dehors cette vérité, et à mon intelligence même. pour la concevoir au dedans de soi; mais enfin, dans l'état de développement où m'a mis la société, je sais et je dis que deux et deux font quatre. Mais quand j'énonce cette vérité, je ne lui donne pas sans doute de moi-même le caractère de certitude qui lui est propre. Je n'ai pas besoin non plus qu'elle se présente à mon esprit avec l'autorité que pourroit lui donner une démonstration quelconque, si elle étoit possible. Dans quelle hypothèse donc est-il permis d'imaginer que je puisse avoir besoin du témoignage du reste des hommes ? dans la supposition que je voulusse me donner une démonstration philosophique de cette vérité; et je dis qu'alors ma conviction ne seroit pas une démonstration, et qu'elle ne seroit une autorité pour ma raison, qu'autant qu'elle seroit confirmée par la conviction des autres hommes.

Qu'on reconnoisse donc, en fait de vérités primitives, deux sortes de certitudes bien distinctes une certitude, pour ainsi dire, inhérente à la nature de l'homme, qui l'attache par une conviction invincible à ces vérités; et une certitude philosophique ou rationnelle dont les fondements sont hors de lui. Par la première, je suis certain, comme malgré moi, des principes qui servent de fondement à mes connoissances; par la seconde, je donne un motif et une règle à cette conviction qui, sans cela, s'attache quelquefois témérairement à des principes mal conçus. Par cette distinction je vois clairement que je puis, sans consulter le genre humain, donner mon assentiment aux premiers axiomes, mais qu'il me faudroit néanmoins recourir à cette grande autorité, je voulois motiver par des raisons philosophiques cet assentiment.

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Les plus profonds géomètres ont été forcés de reconnoître la nécessité de l'autorité,

pour établir les premiers principes de chaque science, et les conséquences qui en dé

rivent.

Les principes d'où l'on doit partir, dit d'Alembert, « sont des faits simples, bien vus, » bien avoués en physique, l'observation de l'univers; en géométrie, les propriétés principales de l'étendue; en mécanique, l'impénétrabilité des corps. ( Encyclopédie, article Elem. ) »

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« Ce seroit, dit le même géomètre, une entreprise chimérique de vouloir chercher » dans la géométrie une rigueur imaginaire. Il faut y supposer l'étendue telle que tous » les hommes la conçoivent, sans se mettre en peine des difficultés des sophistes sur l'i» dée que nous nous en formons, comme on suppose en mécanique le mouvement, sans > répondre aux objections de Zénon d'Elée. Il faut supposer par abstraction les surfaces » planes et les lignes droites, sans se mettre en peine d'en prouver l'existence. (Ibid., » art. Géométrie.) »

Leibnitz, écrivant à Molanus, s'exprime ainsi « Je croyois fermement, monsieur, que ma dernière lettre seroit capable de faire voir à M. Eckardus en quoi consiste l'imperfection de la méthode dont il s'est servi; mais j'ai appris plusieurs choses par cette dispute, entre autres celle-ci que je ne croyois pas : c'est qu'il faut un juge de controverses en mathématique aussi bien qu'en théologie. » — - M. Laurentie, Introduction à la philosophie, ch. 10, § 3.

L'abbé Lamourette dit que, « c'est une vérité très-sensible pour tous ceux qui sont capables de saisir le résultat exact de toutes les études et de toutes les connoissances humaines, que le genre d'évidence qui manque à la foi ne se trouve absolument nulle part; et que, s'il n'y a pas de théologien qui soit capable de nous faire concevoir un seul des mystères dont il propose la croyance aux hommes, il n'y a non plus ni physicien, ni géomètre, ni métaphysicien, qui soit en état de nous dévoiler le fond d'un seul être réel; de sorte qu'en philosophie commé en religion, nous n'avons et nous ne saurions jamais avoir d'autre guide que l'évidence de l'expérience ou du témoignage. » Nous n'avons, dit le même auteur, pour éclairer nos pas, soit dans la sphère de la nature, soit dans celle de la religion, qu'un même flambeau, l'attestation.

» Jamais la société n'a été solidement éclairée et servie que par les savants qui n'ont jamais abandonné le principe de l'expérience, et qui s'en sont tenus à l'évidence du tếmoignage.

» Quelle perte en effet ç'eût été pour nous, qu'un Copernic, qu'un Galilée, qu'un Cassini, se fussent avisés d'employer leur temps, leurs talents et leurs lumières à disserter sans fin sur la matière universelle, sur le vide, sur les atomes, et sur le mouvement en ligne droite, elliptique et circulaire ! et combien de découvertes utiles et précieuses nous manqueroient encore aujourd'hui, si les Torricelli, les Pascal, les Bayle, les Malpighi, les Réaumur, les Tournefort, et tant d'autres excellents physiciens, avoient réglé leurs travaux sur les idées d'Aristote, sur les généralités de Gassendi et de Descartes, et qu'ils eussent passé leur vie à la poursuite d'une évidence qui n'est pas faite pour l'homme. (Pensées sur les vérités de la foi, page 63 et suiv.) »

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Si, eu égard aux mœurs des différents siècles, les censures étoient autrefois le seul moyen capable de contenir des princes licencieux et déréglés, si l'usage que l'Eglise en a fait a prévenu plus de maux qu'il n'en a causé, on ne voit pas pourquoi l'on accorde si facilement aux ennemis de l'Eglise, que les papes et les évêques aient abusé de l'excommunication.

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L'auteur d'un livre impie, intitulé Dieu et les Hommes, pour prouver que Moïse ne peut avoir écrit le Pentateuque, apporte la raison suivante.

• Moïse ne pouvoit ordonner à son peuple de payer un demi-sicle par tête, selon la mesure du temple, (Exode, c. 30, v. 13.) puisque les Juifs n'eurent de temple que plusieurs siècles après lui. »

Cet auteur ajoute ensuite cette note:

« Voyez, mon cher lecteur, si le sceau de l'imposture a jamais été mieux marqué. » Si cet écrivain avoit consulté le texte original et toutes les anciennes versions, à l'ex

ception de notre Vulgate, il aurolt reconnu combien est valne la difficulté qu'il nous

oppose.

Le texte hébreu porte, Scekel ha kodesc. Le texte et la version samaritaine portent le sicle du sanctuaire. La paraphrase chaldaïque, la version syriaque, la version arabique, traduisent de même; la version des Septante, et notre ancienne Vulgate, traduisent didragme saint, évaluant ainsi le demi-sicle hébreu, que les Grecs ne connoissoient pas, par une monnoie en usage parmi eux.

Fagius, Vatable, Marin, Pagnin et Mercier, dans leur grand trésor de la langue sainte, la Bible de Genève, la Bible angloise, Leigh, Calmet, Le Clerc, traduisent le texte hébreu par ces mots : le sicle du sanctuaire. Pagnin dans sa version, Mario de Calasio, dans ses Concordances hébraïques, la Bible espagnole, le traduisent par le sicle de sainteté. Ces deux versions ne diffèrent que du mot, puisque Pagnin a employé ces deux termes dans la traduction du même passage. D'ailleurs on voit aisément qu'une monnoie ne peut être appelée monnoie de sainteté, que parce qu'on en gardoit une pièce dans un lieu saint, pour régler le poids de toutes celles qu'on fabriqueroit de même espèce.-Bullet, Réponses critiques, tom. 1.

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Les expiations ont été en usage chez tous les peuples. De tant de religions différentes, dit Voltaire, il n'en est aucune qui n'ait pour but les expiations. Or, quel en est le fondement, la raison ? C'est que l'homme, continue le même philosophe, a toujours senti qu'il avoit besoin de clémence. ( Essai sur l'Hist. génér. et sur les mœurs .. l'esprit des nations, chap. 120.) Si l'on a répandu le sang, et trop souvent même le sang humain, c'est, dit M. de la Mennais, qu'on a toujours été persuadé que l'homme devoit à Dieu une grande satisfaction, qu'il étoit pour lui un sujet de colère. A quoi bon tant d'expiations, s'il n'avoit rien à expier, et tant d'hosties, s'il n'existoit point de coupables? La conscience, éveillée en tous lieux par la tradition, tâchoit par ces moyens d'apaiser le ciel irrité, de suspendre des châtiments dont elle sentoit la justice. (Essai sur l'indifférence, etc., tome 3, chap. 27.) Voyez les articles PÉCHÉ ORIGINEL PURGATOIRE.

FIN DES NOTES.

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