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ANGLETERRE.

Six lectures on political economy, delivered at Cambridge in michaelmas term 1861, by W.Whewell, d. d. master ofTrinity college, Cambridge, 1862, in 8°, xI1-1 o2 pages. — Six leçons sur l'Economie politique, etc. — Ce qui donne à ces leçons un intérêt particulier, c'est qu'elles ont été faites pour le prince de Galles, pendant qu'il suivait les cours de l'université de Cambridge. A la demande du prince Albert, l'illustre D'Whewell voulut bien se charger de ce soin, et il enseigna au futur héritier de la couronne les principes les plus généraux et les plus essentiels de la science. C'est nécessairement un résumé très-concis; et le D' Whewell s'est attaché surtout à faire un exposé le plus clair possible d'après les auteurs les plus autorisés.Mais, sans prétendre à être nouveau, ce petit manuel sera fort utile, car il contient tout ce que l'économie politique présente de plus solide et de moins contestable. L'auteur s'est spécialement arrêté, dans les deux dernières leçons, à l'étude des fermages et à l'état actuel du système agricole en Angleterre.

Travels in Peru and India, while superintending the collection of chinchona plants and seeds in South America and their introduction into India; by Clements R. Markham, with maps and illustrations. Londres, Murray, 1862, in-8° de 572 pages. — Le principal but de cet ouvrage est de faire connaître les essais tentés récemment pour introduire dans l'Inde la culture du quinquina, qui tend à disparaître de l'Amérique méridionale. Le livre de M. Markham donne en outre beaucoup de détails nouveaux ou peu connus sur la civilisation, les mœurs, et les ressources industrielles et commerciales des contrées qu'il a parcourues.

TABLE.

Pages.

Bogdan Chmielnicki, par M. Nicolas Kostomarof. (2° article de M. P. Mérimée.) 77

Dessins et peintures bouddhiques. (l" article de M. Barthélemy Saint-Hilaire).. 96 Le Guide des égarés, par Moïse ben Maîmoun, dit Maïmonide, publié et traduit

par S. Munk. (3" article de M. Franck.).............................. 1 ] 3 Fragmenta historicorum graecorum, etc. — Scriptorum de rebus Alexandri Magni fragmenta, par Car. Müllerus. — Diogenis Laertii, etc. libri X, par G. Cobet. — Olympiodori, Ammonii, Jamblichi, Porphyrii et aliorum, vitœ Platonis, Aristotelis, Pythagorae, par Ant. Westermann; Marini vita Procli, par J. F. Boissonade. — Histoire du Roman, etc. — Le Merveilleux dans l'antiquité

grecque et latine, par A. Chassang. (3° et dernier article de M. E. Egger.)... j 22

Nouvelles littéraires. - Livres nouveaux. ................. .. ... .. , ..... 133

FIN DE LA TABLE,

DES SAVANTS.

MARS 1863.

ThÉÂTRE coMPLET DE TÉRENcE, traduit en vers par le marquis de Belloy. — Paris, Michel-Lévy frères. 1 vol. grand in-18, xII-438 pages.

Voltaire écrivait à madame du Deffand, qui s'était avisée un jour de vouloir comparer Virgile et Pope : « Savez-vous le latin, Madame? Non. « Voilà pourquoi vous me demandez si j'aime mieux Pope que Virgile. « Ah! Madame, toutes nos langues modernes sont sèches et pauvres et « sans harmonie en comparaison de celles qu'ont parlées nos premiers « maîtres, les Grecs et les Romains. Nous ne sommes que des violons de « village ". » Si madame du Deffand avait eu la fantaisie de juger Térence, et qu'une traduction pareille à celle que j'ai sous les yeux fût tombée dans ses mains, elle aurait pu répondre à Voltaire que la langue du traducteur français n'avait rien qui ressemblât à un violon de village, et qu'il savait, au contraire, habilement manier un instrument souple, harmonieux, expressif et sonore, presque autant que le latin. Et, de plus, elle aurait affirmé qu'il joignait l'exactitude à l'élégance, si, piquée au jeu, elle eût voulu, ne fût-ce que pour contredire Voltaire, avec qui elle aimait quelquefois à disputer, se mettre en état de lire l'œuvre même du poète romain; mais elle était trop paresseuse pour cela. Nous y suppléerons. y a, en effet, deux épreuves à faire subir à une traduction : d'un côté, la confrontation avec le texte qu'elle doit interpréter; de l'autre,

' Correspondance de Voltaire, édit de Beuchot, n° 2o62.

connue qu'elle ne l'est en général, et M. Barthélemy Saint-Hilaire a essayé d'en faire sentir la haute valeur historique dans une longue préface. La méthode du philosophe grec est excellente; et personne, même Bacon, n'a recommandé l'observation exacte des faits avec plus d'insistance que lui. Pour son compte, il l'a pratiquée autant qu'il l'a pu; et ce n'est pas sa faute si plus tard son exemple n'a pas été mieux suivi. On trouve même dans la Météorologie d'Aristote des e.tpériences formelles, qui attestent que ce procédé d'investigation n'était pas aussi ignoré des anciens qu'on le suppose. Dans une dissertation spéciale, M. Barthélemy Saint-Hilaire a démontré l'authenticité incontestable de la Météorologie, et il a prouvé que le petit traité apocryphe du Monde avait été traduit en grec du latin d'Apulée. Enfin, une très-ample table des matières est destinée à faciliter toutes les recherches dans ce grand ouvrage, qui est le plus ancien et un des plus importants de la science météorologique.

Le duc de Broglie. Ecrits et discours. Paris, imprimerie de Bonaventure et Ducessois, librairie de Didier, i863, trois volumes in-8° de ii,606, 48o et I\(j8 pages. — Ce recueil contient la reproduction de tous les écrits de M. le duc de Broglie qui, suivant l'expression de l'éditeur, « se rattachent à quelque question générale de phi«losophie, de littérature, de droit public ou international, en un mot à quelque « intérêt permanent. » Les morceaux réunis dans ces trois volumes présentent donc encore aujourd'hui une utilité directe. Des notes et de courtes notices rappellent au lecteur soit la situation politique générale, soit les circonstances particulières qui avaient, dans chaque occasion, déterminé M. de Broglie à prendre la plume ou la parole. Le tome 1", comprenant les écrits traitant de philosophie ou de littérature, renferme les morceaux suivants : De l'Existence de l'âme (i828) ; du Droit de punir ct de la peine de mort (i828) ; des Peines infamantes et des forçats libérés (i828); de la Juridiction administrative (i829); de la Piraterie (i827); de l'Art dramatique en France (i83o); Notice biographique sur M. Lullin de Chàteauvieux; Discours de réception à l'Académie française. Dans le tome second sont rassemblés, par ordre chronologique, les discours politiques prononcés de i8i9 à i835. Le tome troisième comprend la suite des discours politiques (i837 à i86i), l'éloge du baron Silvestre de Sacy (27 avril i84o) et l'éloge du maréchal marquis Maison (22 mars i843).

Madame de Maintenon ct sa famille. Lettres et documents inédits publiés sur les manuscrits autographes originaux, avec une introduction, des notes et une conclusion par Honoré Bonhomme. Paris, imprimerie de Raçon, librairie de Didier. i863; in-i2 de 356 pages. — La plus grande partie des documents réunis dans ce volume proviennent de la succession de Sophie de Villette, abbessc de Notre-Dame de Sens, cousine de madame de Maintenon. Ils se rattachent à six périodes, dont l'éditeur a formé autant de séries, et ils se composent de notes biographiques et d'une cinquantaine de lettres, savoir : huit lettres d'Agrippa d'Aubigné, de Renée Btirlamachi, sa seconde femme, et de Jeanne de Cardilhac, mère de madame de Maintenon (i627-i642); seize lettres de madame de Maintenon, de Charles d'Aubigné, son frère, du comte de Mursay, son cousin, de la marquise de Villette et de Ninon de Lenclos (i660-i759); dix-huit lettres du marquis de Villettc, de Jean-Baptiste Rousseau, du comte de Sinzendorff, du chevalier de Caylus et de madame de Rabutin (i7i6-i7i7); dix lettrcs du comte de Caylus, fils de la comtesse de ce nom, l'auteur des Souvenirs, et la cousine de madame de Maintenon (i722 i745); des notes biographiques rédigées vers l'an i730, les unes par les dames de Saint Cyr, les autres, par la marquise de Villette, et relatives à Agrippa d'Aubigné et à ses descendants: enfin, la reproduction d'un petit recueil renfermant des instructions spirituelles données à madame de Maintenon par ses directeurs de conscience. Quoique tout ne soit pas inédit dans les documents que publie M. II. Bonhomme, cette correspondance variée offre des éléments d'information nouveaux sur un grand nombre de particularités relatives à madame de Maintenon et à sa famille. On saura gré à l'éditeur de les avoir mis en lumière, lors même qu'on n'approuverait ni les inductions qu'il en a tirées, ni la conclusion qu'il a placée à la fin de l'ouvrage.

Mémoires de l'Académie des sciences mondes et politiques de l'Institut impérial de France. Tome XI. Paris, imprimerie et librairie de Firmin Didot, i862, in-4° de Mii-mi/i pages. — Ce volume est divisé, comme les précédents, en deux parties consacrées l'une à l'histoire de l'Académie des sciences morales et politiques, l'autre à ses mémoires. On trouve dans la première deux notices de M. Mignet, secrétaire perpétuel, sur la vie et les travaux de M. Lakanal, et sur la vie et les travaux de M. de Schelling. La seconde partie renferme les mémoires ou rapports dont voici les titres : Section de philosophie. Rapport sur le concours relatif à la question du beau, par M. Barthélemy Saint-Hilaire; Rapport sur le concours relatif à la philosophie de Leibnitz, par M. Damiron; Mémoire sur Condillac et son Traité des systèmes, par M. Damiron. Section de morale. Rapport sur le concours relatif à l'autorité paternelle, par M. Adolphe Garnier.—Section de législation, droit pallie etjurisprudence. Mémoire sur l'histoire et l'organisation comparée des États provinciaux aux diverses époques de la monarchie jusqu'à i789, par M. Laferrière; Rapport sur le concours relatif au droit maritime international, par M. Renouard.—Section d'économie politique et de statistique. Rapport sur le concours Léon Faucher, relatif à la vie et aux œuvres philosophiques et économiques de Turgot, par M. Passy; Rapport sur la condition morale, intellectuelle et matérielle des ouvriers qui vivent de l'industrie du coton, par M. Louis Reybaud.

Ministère d'Etat. Archives de l'Empire. Inventaires et documents publiés par ordre de l'Empereur. Layettes du trésor des chartes, par M. A. Teulet, archiviste aux Archives de l'Empire. Tome I"; de l'année 766 à l'année iaa3. Paris, imprimerie et librairie de Pion, i863, in,4° de i.xxvi-648 pages. — Ce volume et le tome I" de la Collection des sceaux, qui a paru en même temps, ouvrent la publication des inventaires et documents des Archives de l'Empire, entreprise par ordre de l'Empereur sous la surveillance du directeur général des Archives, M. le comte de Laborde. On sait que le Trésor des chartes se compose de deux séries : les Registres, renfermant les actes émanés de la couronne, et les Layettes, contenant les titres remis aux rois de France par leurs grands feudataires ou leurs vassaux, les traités de tous genres, les correspondances diplomatiques, les négociations au sujet des annexions de territoires, en résumé tous les actes politiques qu'il importait au souverain de conserver comme papiers d'État. M. Douetd'Arcq, sous-chef de la section historique, a été chargé de la publication des Registres. Celle des Layettes a été confiée à M. A.Teulet, qui depuis longtemps en préparait les matériaux.C'est le premier volume de cette dernière série qui vient de paraître. Il contient i5go pièces rangées dans l'ordre chronologique et divisées par régnes, depuis l'année jbb jusqu'à l'année laa3. M. Teulet reproduit m extenso tous les documents qui lui ont paru présenter un véritable intérêt pour l'histoire des faits, des institutions et des mœurs, ou même sous'le rapport philologique; quant aux actes d'un intérêt secondaire, il en donne des analyses ou des extraits. Ces textes et ces analyses sont précédés d'une préface et d'une notice préliminaire développée faisant connaître l'origine du Trésor des chartes et les inventaires qui en ont été faits à diverses époques. L'index alphabétique des noms d'hommes et de lieux, placé à la fin du volume, concourt avec l'ordre chronologique et la division par régnes à rendre les recherches faciles. L'éditeur nous paraît avoir apporté tous les soins désirables dans la publication du vaste recueil des Layettes, dont l'ensemble ne comprendra pas moins de i7,000 pièces, et l'on ne peut que souhaiter, dans l'intérêt de» études historiques, l'achèvement aussi prompt que possible de ce grand et utile travail. Le tome second paraîtra dans le courant de cette année, ainsi que les volumes suivants appartenant à d'autres séries de la collection : Actes du. Parlement de Paris, par M. Boutaric (i" volume); Monuments historiques (cartons des rois), par M. J. Tardif; Inventaire des sceaux, par M. Douetd'Arcq, tome II, avec a1las.

Histoire du royaume mérovingien d'Austrasie, par M. A. Iluguenin, professeur à la Faculté des lettres de Nancy. Metz, imprimerie de Blanc; Paris, librairie de Durand, i862, in-8* de vii-Sog pages. — L'histoire du royaume mérovingien d'Austrasic n'avait pas encore été traitée à part. M. Iluguenin en a fait l'objet d'un travail étendu, où il fait preuve d'une sérieuse érudition. Les recherches spéciales auxquelles il s'est livré lui ont permis de mettre en lumière quelques faits de détail qui n'avaient pas été signalés par les anciens annalistes.

Saint-Martin, le philosophe inconnu; sa vie et ses écrits, son maître Martinez et leurs groupes, d'après des documents inédits, par M. Matter, conseiller honoraire de l'Université, etc. Paris, imprimerie de Bourdier, librairie de Didier, i862, in-8° de xi-46o pages. — On sait quel rôle important a joué Claude de Saint-Martin dans l'histoire de la pensée sur la fin du siècle dernier et au commencement du nôtre; mais sa doctrine, exposée dans ses nombreux écrits, est encore entourée de plus d'un mystère, ainsi que celle de son maître Martinez de Pasqualis. Le livre de M. Matter jette un jour nouveau sur la vie etles écrits du philosophe inconnu, sans prétendre combler toutcs les lacunes de sa biographie ni expliquer toutes les obscurités qui enveloppent encore ce personnage singulier.

Les crimes et les peines dans l'antiquité et dans les temps modernes; étude historique par M. Jules Loiseleur, bibliothécaire de la ville d'Orléans. Paris, imprimerie de Lahure, librairie de Hachette, i863, in-i8 de xn-3ga pages. — L'auteur de ce livre traite d'abord des lois pénales chez les Hébreux, de celles de la Grèce, de Rome et du Bas-Empire. Arrivé au moyen âge, il étudie successivement l'organisation judiciaire des barbares et les pénalités de la France et de l'Allemagne à l'époque féodale. Il montre l'origine de l'inquisition, son développement chez les peuples chrétiens, l'influence que sa procédure a exercée sur celle des tribunaux laïques. M. Jules Loiseleur expose la pénalité des peuples de race latine et germanique, indique les causes de la similitude qu'on remarque dans les lois criminelles de ces peuples jusqu'à la Révolution , et consacre un chapitre spécial aux institutions pénales de l'Angleterre qui n'ont pas subi l'influence de ces causes générales et ont continué de se développer sur leurs bases primi1ives. Ce résumé de l'histoire des crimes et des peines est dégagé de tout caractère technique ; les vues philosophiques y sont présentées dans un style simple et toujours clair.

Le Châteletde Paris, son orgunisation, ses privilèges... par Charles Desmaze, juge d'instruction au tribunal de la Seine. Paris, imprimerie de Pillei, librairie de Didier, i863, in-8° de 438 pages. — M. Desmaze, qui a déjà prouvé son aptitude aux travaux historiques par un livre recommandable sur le Parlement de Paris, expose aujourd'hui l'histoire du Chàtelet, considéré principalement dans ses attributions judiciaires etdans son organisation. Ce sujet, traité incidemment par Sauvai et d'autres historiens de Paris, méritait d'être approfondi. L'auteur a rempli cette tâche

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