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font lavés au bistre rehaussés de blanc, c'est alors qu'on peut mieux remarquer ses belles draperies, ses têtes gracieuses & CIGNANI, de certains coups ressentis dans le contour de ses figures qui le caractérisent assez pour le faire reconnoître,

Ses ouvrages à Rome sont deux grands tableaux concernant l'histoire de laint André peints sur les côtés du maître Autel de saint André de la Valle , un tableau pour faint Pierre que l'humidité a gâté.

On voit à Bologne dans l'Eglise del Buon Giesù saint Paul qui guérir une poffédée ; sous le portique des Servites le miracle de l'enfant ressuscité & de l'aveugle au tombeau du bienheureux Benizi; à sainte Lucie dans la chapelle Davia la Vierge tenant le Jesus qui donne une couronne de roses rouges à laint Jean-Baptiste, & une autre de roses blanches à sainte Therese ; à faint Michel in Bosco huit enfans qui soutiennent les médaillons où sont représentés des sujets faints, lesquels sont au-dessus des portes; dans la galerie du palais Davia plusieurs ouvrages.

A Livourne un beau jugement de Paris.
A Milan une sainte famille.

A Plaisance chez les religieuses del convento nuovo la conception de la Vierge.

La coupole du Dôme de Forli qui représente l'assomption de la Vierge avec quantité de figures d'anges, est de sa main,

Dans le palais du Duc de Parme l'enlévement d'Europe, Vénus sur son char , Ariane & Bacchus, Daphné avec un Satyre & Apollon, Pan & Syrinx.

Dans la galerie de l’Electeur Palatin à Dusseldorf on voit un Jupiter nourri par une chévre avec deux Satyres jouant des instrumens & deux Nymphes, un saint Jean en petit. · Le Roy poslede de ce peintre une descente de croix sur cuivre, & Notre Seigneur qui apparoît en jardinier à la Madeleine.

On voit au palais Royal un Noli me tangere, petit tableau peint sur cuivre, d'une élégance admirable.

Il y a peu de choses gravées d'après le Cignani, on connoît une fainte Catherine par Dorigny, une Aurore par Meloni, & la chasteté de Joseph par J. Frey.

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OMME les Napolitains & les Espagnols ont LOUIS DE

été long-temps "soumis au même gouverneVARGAS.

ment & ont eu à peu près le même génie, l'on a crû pouvoir joindre ensemble les célébres artistes de ces deux nations.

On ne doit pas confondre Louis de Vargas avec André de Vargas, peintre Espagnol, né à Cuenca en 1614. & qui étoit d'une autre famille. Louis de Vargas naquit à Seville en 1528. Un penchant naturel pour la peinture avec une heureuse réüllire le distingua en peu de temps, mais l'envie d'atteindre au sublime de son art, l'attira en Italie où il demeura sept années de suite à étudier les ouvrages de Perin del Vaga. Ñ argas content de ses études se crut allez habile pour retourner dans la patrie & y porter la grande maniere de penser & la belle exécution que communiquent LOUIS DE ordinairement les excellens ouvrages des célébres peintres VARGAS. d'Italie ; son attente fut vaine & les productions se trouvé. rent fort inférieures à celles d'Antoine Flores & de Maitre Pierre Campanna, peintres Flamans dont le dernier étoit disciple de Raphaël. Le chagrin de se voir ainsi surpassé le at retourner en Italie où de nouvelles études, une applicacion continuelle, des réflexions plus profondes l'occupérent pendant sept autres années. Vargas se trouva alors bien différent de sui-même; il revint à Seville & y parut en homme très consommé dans son art. Un auteur (a) Espagnol qui (a) Pacheco Lib. étoit peintre & presque son contemporain dit que Vargas a de la Pintura. fol. resté vingt-huit ans en Italie, ce qui n'est pas vrai - sembla

be 118. ble, c'étoit apparemment l'âge qu'il avoit lorsqu'il revint à Seville.

Les ouvrages que Vargas a fait dans la grande Eglise de certe ville & dans le Palais Archiepiscopal font des preuves de l'excellence de son pinceau tant à fresque qu'à l'huile , particuliérement le tableau du tabernacle & de la tour, Philtoire de Notre Seigneur portant la croix, qui est sur les dégrés derriére l'ancien tabernable, & qui est un peu gâté. Le fameux cableau d'Adam & d'Eve dont la jambe se voit en racourci, passe pour un chef-d'oeuvre. Matthieu Perez de Alezio, celébre peintre qui a fait le faint Christophe si fameux dans la même Eglise, dit un jour en admirant la jambe du tableau d'Adam : cette ( 6 ) jambe vaut mieux que tout (6) Antonio Pamon faint Christophe ; le même peintre voyant la grande

lomino el Mulco

Pictorico. Tom.ill habileté de Louis de Vargas retourna en Italie & lui céda 2.25%. la place en disant qu'il n'étoit pas juste que pendant la vie de Vargas il pût lui disputer dans la patrie une réputation qu'il s'étoit acquise avec tant de justice.

Vargas n'ayant plus un tel concurrent se trouva le premier peintre de Seville , tous les grands ouvrages venoient à lui, & il s'en acquittoit avec un sçavoir peu commun. Il peignit à l'Autel de la Cathédrale le tableau de la nativité & plusieurs autres ouvrages. On voit de lui sur les piliers du Couvent de saint Paul, une Vierge tenant le rosaire , qui est dans un grand ovale ; ce tableau, quoique très gâté, est extrêmement estimé à Seville. Ce peintre a fait quantité de

portraits dans lesquels il n'a pas moins brillé que dans l'hifLOUIS DE toire : celui de Dona Juana Cortez Duchesse d'Alcala passe VARGAS. pour

pour être si parfait qu'on le croiroit de la main de Raphaël, on distingue encore le portrait d'un chantre de la grande Eglise qui vivoit en ce temps-là, il est placé dans le banc du tableau d'Adam & Eve, proche le lieu où le chantre faisoit sa priére, dans les heures où il étoit entouré de petits garçons, qui admiroient en même temps l'original vivant, & la grande ressemblance de fon portrait.

La vie de Louis de Vargas fut toujours très édifiante ; dans le temps qu'il vivoit à Seville il donna plusieurs exemples de vertu; ses biens qu'il avoit acquis par les grands travaux étoient plus aux pauvres qu'à lui-même; humble, compatissant, généreux, il aidoit de ses conseils & de ses desseins les jeunes peintres qui s'adressoient à lui : son caractére étoit répandu dans tous ses tableaux, dont les sujets ont toujours été traités avec beaucoup de retenuë, il fréquentoit souvent les sacremens & dans plusieurs intervalles du jour qu'il déroboit à ses occupations pictoresques, il s'enfermoit dans son cabinet & se mettoit dans un cercueil qu'il avoit placé exprès dans cet endroit, pour penser à la mort & régler là dessus fa maniére de vivre. Ses austérités hâtérent la fin de ses jours, peu de temps après avoir achevé les peintures de la tour de la grande Eglise de Seville. Il mourut en cette ville l'an 1590. à l'âge de soixante & deux ans, on trouva chez lui après la more plusieurs instrumens de pénitence.

On ne connoît aucun de ses éléves.

Ses desseins sont si peu connus en France qu'on ne peut en parler avec quelque sorte de certitude, mais le peu qu'on en a vû fait connoître le bon goût de Vargas, la belle pensée qu'il avoit puisée dans l'école des grands maîtres, & une tou. che libre & facile, qui le feront toujours passer pour un trèshabile peintre.

M. le Duc d'Orléans posséde un tableau de ce maître, peint sur toile qui représente saint Jean couvert d'une peau de cha. meau, assis & appuyé sur sa main & tenant une croix : la proportion de cette figure est plus grande que nature.

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TE château d'Arpinas situé dans la terre de La- =

bour au Royaume de Naples vit naître en 1560. LE JOSEPIN.
le cavalier Josepin ; il s'appelloit Joseph -César
d'Arpinas. Son pere réduit par sa pauvreté à pein-

dre des ex voto l'exerçoit au dessein : ses premiers tableaux faits dans ses momens libres ou pendant l'absence de son pere, découvrirent ses heureux talens pour la peinture.

Enfin on l'envoya à l'âge de treize ans à Rome où n'ayant aucun emploi, il le mit à servir les peintres qui travailloient au Vatican; leur ouvrage redoublå l'ardeur qu'il avoit de manier le pinceau, & se trouvant seul il peignit sur des pilaf tres, de petites figures qui parurent pleines d'esprit & firene

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