Images de page
PDF
ePub

ARTICLE V.

Autres avances qu'un Seigneur fe propofe de faire pour le fervice public..

Mr. le Comte de Thelis, Officier aux Gardes Françoifes, qui a fait faire, à fes frais, dans le Forez & en Bourgogne les chemins dont il a bien voulu donner le détail dans nos volumes fixieme & huitieme de cette année, eft occupé <d'une entreprise beaucoup plus confidérable. Il s'agit de rendre flottable fur un cours de dix lienes la riviere de Dheune, qui va fe jetter dans la Saone à Verdun. Il prouve que cette opération pourroit quadrupler le revenu des terres voifines de la hauté Dheuné, en diminuant de près d'un tiers le prix auquel le bois monte en hiver à Lyon.

Il offre de faire toutes les avances dès -travaux, des levées, des déchargeoirs, des empalements, &c. d'éviter tous les moulins, de répondre de tous les évé

[ocr errors]

nements. Comme ces avances feront fort couteufes, il demande feulement qu'il lui foit permis de percevoir un droit de cinq fols par moule jufqu'au remboursement de fes avances: fe foumettant à toutes les formalités qu'on voudra établir, tant pour constater la fomme qu'il avancera, que fon remboursement fucceffif.

Il ne veut pas, en demandant ce droit, fe faire un revenu fur le public, mais uniquement s'affurer la rentrée des fonds qu'il prêteroit au public. Il ne fe propose, pour avancer ces fonds, & s'en procurer ainfi le rembourfement, que dans le cas où la ville de Lyon, ou les autres Seigneurs voifins,refuferoient de faire les mêmes avances aux mêmes conditions, & feulement afin qu'une entreprise qui peut avoir une très grande utilité, ne foit pas abandonnée faute de fonds.

Ces motifs de Mr. le Comte de Thelis,

& beaucoup d'autres détails fur cette entreprise, font confignés dans une requête au Confeil fur laquelle il a déja obtenu un Arrêt de communication imprimé, avec un Mémoire inftructif fur le flottage qu'on y a joint, en une petite brochure in-12 qui fe vend à Paris, chez le Prieur, Imprimeur du Roi, rue St. Jacques.

[blocks in formation]

Bienfaisance en Ruffie.

Mr. Demidof, Négociant de Mofcou a fait une fondation de vingt mille roubles, environ cent mille francs de notre monnoie, pour faire recevoir un certain nombre de pauvres vieilles femmes à l'Hôtel-Dieu.

Dans nos pays, où il y a quelque liberté, les fondations d'Hôpitaux, qui dégoûtent du travail & tranquilifent fur les fuites du libertinage & de l'oifiveté, ne font que multiplier les pauvres. Mais dans un Empire foumis à l'autocratie où nul arrangement particulier ne peut

avoir une folidité fuffifante, s'il n'est lié avec quelque grand établiffement public; dans un pays où le peuple est ferf, où les liens naturels étant prefque rompus par l'esclavage, les vieillards font quelquefois abandonnés de leur propre famille hors d'état de les fecourir, & qui d'ailleurs (il faut dire ce mot cruel que des gens qui reviennent de ce pays atteftent avoir entendu ) les regar'de comme la bête du Seigneur; dans un pays où ils font fouvent délaiffés du Seigneur même, lorfqu'il n'en peut plus tirer de travail ; il peut être utile d'avoir des Hôpitaux, & d'y fonder des fecours pour la vieilleffe impuiffante du fexe le plus délicat. Ces circonstances rendent : fort louable l'humanité généreufe de Mr. Demidof. Il faut des cauftiques fur les chairs gangrenées, & des Hôpitaux. où fe trouvent le defpotifme & l'efclavage; ce qui prouve encore combien la gangrene & l'esclavage font d'effroyables maladies.

ARTICLE VII.
Bienfaifance d'un Propriétaire.

[ocr errors]

Mr. Bollioud de St. Julien, Receveurgénéral du Clergé, a fait ouvrir dans les Paroiffes de St. Julien & de BourgArgental, dont il eft Seigneur en Lyonnois, des travaux publics pour y occuper les pauvres qui voudront ga-, gner des falaires pendant la cherté des grains. Voilà l'efpece de charité qui convient en France, & dans tous les lieux, où une honteuse fervitude n'avilit pas entiérement l'efpece humaine. Auffi voyons-nous que cette louable méthode devient prefque générale; que les aumônes diminuent par-tout, & que par-tout la charité éclairée y fubftitue les falaires pour le travail. C'est une révolution qui fera due aux, lumieres de notre fiecle, & qui rendra, la pauvreté plus rare par le produit du travail même, & moins humiliante par la confolation qu'elle trouve à fubfifter de fes propres mains.

« PrécédentContinuer »