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Nous croyons devoir placer à la suite de Newton quelques fragmens encore des discours du docteur Chalmers que nous venons de citer, parce qu'ils sont une réponse à l'ob

le Christianisme.

hypothèse? Ils ne voulaient point de cause agissante hors de la matière, ils supposent une cause fortuite, c'est-à-dire une cause aveugle au lieu d'une cause intelligente; ils ne voulaient pas admettre l'éternité de l'esprit, ils supposent cette éternité matière ; ils ne voulaient pas de lois éternelles supérieures à la jection que l'incrédulité tire de l'astronomie moderne contre matière; ils supposent la loi de la pesanteur innée, c'est-à-dire éternelle. Ils ne voulaient pas de combinaisons antérieures pour la création de l'univers, et ils sont forcés de supposer que le monde céleste est le résultat de la combinaison de la pesanteur avec l'attraction; voilà donc les lois morales avec leur puissance sur la matière, leur éternité, leurs rapports entre elles, voilà cette raison de l'univers qui revient dans les négations des matérialistes!

Quant à ces hypothèses si péniblement élaborées, le génie et la science de Newton ont fait évanouir cette œuvre orgueilleuse de l'esprit humain qui ne peut se séparer de l'idée d'un Dieu sans trouver l'absurdité pour châtiment.

OBSERVATIONS DE CHALMERS SUR NEWTON.

Nous voyons, dit le docteur Chalmers, dans la théologie de Newton, le même esprit et les mêmes principes qui donnèrent toute sa stabilité et toute sa certitude à la philosophie de ce grand homme; nous y voyons le même attachement, la même tenacité à toute doctrine qui avait pour soutien ces preuves valides, recueillies sur le champ de l'expérience humaine. Ce fut donc d'après ce principe que Newton s'attacha si fortement à la Bible, comme le registre authentique d'une révélation positive de Dieu aux habitans de ce monde, il reconnut que le Christ a été l'envoyé du Ciel ; il vit la sagesse de Dieu se manifestant d'un bout à l'autre de la révélation écrite, par sa parfaite et constante harmonie avec la nature de l'homme. Voilà quelle fut la base de notre philosophe, voilà ce qui fit que rien, dans toute la splendeur de son astronomie, ne fut capable de le détourner de la foi chrétienne.

C'est à la Bible que nous devons soumettre sans réserve notre entendement et nos pensées. Sans le témoignage authentique d'un envoyé du Ciel, je ne connais rien des conseils du Ciel. Je puis croire à tout ce qui vient immédiatement à moi, par les sens de l'homme extérieur, ou par l'intelligence de l'homme intérieur, mais ni l'un ni l'autre ne peuvent m'instruire des desseins de Dieu, des événemens ou des plans de sa sublime monarchie, et faire connaître les issues de celui qui est d'éternité en éternité (Mich. v. 2, ps. 5, c. 2). Il est vrai que mon imagination peut s'élancer vers les visions d'une théologie toujours changeante, mais le conseil du Seigneur demeurera. Et maintenant qu'une communication authentique est devant moi, et qu'elle a pour elle toute la solidité d'une démonstration expérimentale, je dois m'asseoir devant ce document comme un écolier, épeler ses leçons et soumettre l'exercice de mes facultés intellectuelles à son instruction et à son témoignage. Nous savons qu'il y a une philosophie superficielle qui jette autour d'elle un éclat séducteur, qui traite la Bible avec mépris, et qui a introduit l'esprit de l'Antechrist dans plusieurs établissemens littéraires; mais ce n'est pas l'esprit solide, profond et circonspect de cette vraie philosophie, qui a tant fait pour illustrer les temps modernes; car, plus cet esprit est cultivé et compris, plus on le trouvera en harmonie avec cet esprit, en vertu duquel tout ce qui s'élève contre la connaissance de Dieu est abaissé, toutes les vaines imaginations sont détruites, et toutes les pensées du cœur, amenées captives et soumises à l'obéissance du Christ (Cor. X,5 ).

Révélation chrétienne considérée en harmonie avec l'astronomie moderne.

La terre fait une révolution annuelle autour du soleil, et nous découvrons dans toutes les autres planètes une révolution semblable et avec les mêmes circonstances. Pour elles aussi la lumière et les ténèbres se succèdent tour à tour, et les charmes de l'été sont suivis des rigueurs de l'hiver ; et Dieu a dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue de leurs cieux pour séparer le jour d'avec la nuit, et qui seront pour les saisons, pour les jours et pour les années; et qu'ils soient pour luminaires dans l'étendue des cieux afin de luire sur leur terre, et cela fut ainsi. Pour elles aussi, Dieu a fait les étoiles, et Dieu les a mises dans l'étendue des cieux pour luire sur leur terre et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres, et Dieu a trouvé que cela était bon (Gen. 1, 4 18). Dans toutes ces magnifiques dispositions de la sagesse divine, nous pouvons voir que Dieu a fait en faveur des planètes les mêmes choses qu'il a faites pour la terre que nous habitons. Qui assignera une limite aux découvertes des siècles futurs ? Le jour viendra peut-être où nos instrumens d'observation résoudront, par le témoignage des sens, ces théories qui nous offrent aujourd'hui des preuves si convaincantes par le moyen de l'analogie, et étaleront à nos regards des vestiges incontestables d'art, d'industrie et d'intelligence.

Les découvertes de la science nous font voir que ce soleil, placé comme sur un trône au centre de son système planétaire, distribue la lumière, la chaleur et la vicissitude des saisons, à une étendue de surface plusieurs centaines de fois plus grande que celle de la terre que nous habitons. Elles nous apprennent que quand même cette terre, si puissante à nos yeux, viendrait avec toutes les myriades qui l'habitent à tomber dans le néant, il y a des mondes où un événement si redoutable pour nous ne serait ni remarqué ni connu, et d'autres où il ne serait tout au plus que la disparition d'une petite étoile, dont la faible lueur aurait cessé. Ce tableau devrait nous apprendre à ne pas considérer notre terre comme l'univers de Dieu, mais reconnaître qu'elle n'est qu'une des diverses demeures (Jean, XIV 2) que Dieu a créées en faveur de ses adorateurs.

il

Mais les planètes sont toutes attachées au soleil, et tournent autour de lui, tandis que les autres étoiles ne reconnaissent point sa domination. Les étoiles fixes sont à une distance incommensurable : si la totalité du système planétaire formait un globe de feu, l'étoile la plus voisine ne paraîtrait qu'un point lumineux. Si du soleil un projectile était lancé avec la rapidité d'un boulet de canon, mettrait des centaines de milliers d'années avant que de parcourir cet énorme intervalle, qui sépare de notre système l'étoile fixe la plus proche de nous. Mais que peuvent être ces étoiles placées si loin de notre système planétaire? Elles doivent être des masses d'une immense grandeur; car le soleil, à la distance prodigieuse de la plus proche même des étoiles fixes, serait réduit lui-même à une étoile ; quelques-unes présentent comme lui des variations périodiques de lumière; or, il est naturel d'en conclure que comme elles ressemblent à notre soleil, en ce qu'elles sont tout autant de masses lumineuses d'une immense grandenr, elles tournent comme lui sur leur axe.

Dirons-nous donc que ces vastes luminaires furent créés en vain?

1 Discours sur la Révélation chrétienne, considérée en harmo- Notre soleil n'est simplement qu'un de ces luminaires, et nous sanie avec l'Astronomie moderne, ·Thomas Chalmers. par

vons qu'il a des mondes à sa suite. Convenons donc que chacune

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de ses étoiles peut être l'indice d'un système aussi vaste et aus-
celui dont nous faisons partie. Des mondes roulent
si brillant que
dans ces régions lointaines, et ces mondes doivent être les de-
meures de la vie et de l'intelligence (Jean, XIV, 2). La Divinité
et voyage
y règne dans toute la magnificence de ses hauts attributs,
dans la grandeur de sa force sur tous les points d'une monar-
chie vaste et illimitée ( Is. LXIII, 1 ).

Mais pourquoi assujétir les domaines de l'univers à l'œil
de l'homme ou à la puissance de son génie ? L'énergie créatrice de
Dieu ne s'est pas reposée, parce que l'imagination affaiblie ne peut
la suivre à travers ces hautes régions qui s'étendent bien au-delà
de ce que
l'ail a vu ou de ce que l'esprit de l'homme a pu conce-
voir (I. Cor. 11, 9). L'immensité offre assez d'espace pour que
nous puissions croire que notre soleil fait partie avec des millions
d'autres, d'un système de mécanisme éminent, par lequel ils sont
tous assujétis à une même loi et à un arrangement unique. De
toute cette théorie, nous conclurons donc, combien est petite la
place de notre monde, et combien son importance est secondaire
au milieu des objets si brillans qui l'entourent, et nous dirons que,
pour un être dont l'œil serait capable d'embrasser l'universalité
de la création, la demeure, qui est destinée à notre espèce, pour-
rait être d'une telle petitesse, qu'elle fût rangée parmi les ob-
jets microscopiques, et qu'à l'égard du seul être qui possède cet
œil universel, nous pouvons bien nous écrier: Qu'est-ce que
l'homme que vous vous souveniez de lui; et le Fils de l'Homme,
que vous daigniez le visiter?

Quand même cette terre viendrait à être brûlée (2, Pier. III, 10); quand même la trompette de sa dissolution viendrait à son52. - 2, Pier. III, 11); ner (Matt. XXIV, 31. — 1, Cor. VX, quand même ce ciel viendrait à se retirer comme un livre que Is. XXXIV, 4), et que toute la l'on roule (Ap. VI, 14. gloire visible, que la main de la Divinité y a imprimé, viendrait à s'anéantir pour toujours; cet événement, si formidable pour nous, ne serait, dans la haute échelle des créations du Tout-Puissant, qu'un lambeau retranché, qui laisserait encore l'univers de Dieu un théâtre complet de grandeur et de majesté. Et qu'est ce monde et ses habitans, auprès de la multitude des mondes qui remplissent l'immensité ? L'univers en général souffrirait aussi peu par la destruction de notre planète que la verdure d'une forêt souffrirait de la chute d'une simple feuille. Nous ne différons de la feuille que parce qu'il faudrait l'opération de plus grands élémens pour nous détruire; mais ces élémens existent, et si la main du Tout-Puisant les laissait aller sur nous, ils répandraient en un instant le silence, la solitude, la mort sur toute la nature. Or, c'est cette petitesse et cet état précaire qui nous rendent si chère la protection du ToutPuissant. Dieu dont l'autorité est suprême réside sur tous les mondes, et nous pouvons nous reposer avec autant de sécurité sur sa providence que si nous étions les seuls objets de sa sollicitude. Quoique sa pensée renferme dans sa vaste étendue l'immensité de toute ces merveilles, je lui suis aussi bien connu que si j'étais l'unique objet de son attention. Il observe toutes mes idées, donne naissance à toutes mes sensations, et se trouve à ma droite pour me donner le souffle dont je respire et tous les biens dont je jouis.

Mais, dit l'incrédule, est-il vraisemblable que Dieu voulut envoyer son fils éternel, mourir pour les chétifs habitans d'un point si insignifiant dans le vaste champs de la création? L'astronomie ne jette-t-elle pas un soupçon sur la vérité de l'Évangile, et comment concilier la grandeur de ce mouvement étonnant qui eut lieu dans le ciel pour la rédemption de l'homme tombé, avec l'obscurité de notre espèce?

nous habitons, isolé du reste de l'univers. La conséquence est que Dieu ne prodiguerait pas des soins tellement multipliés sur un champ aussi insignifiant.

Ces objections sont futiles et tombent d'elles-mêmes. Comment, en effet, les incrédules savent-ils que le Christianisme n'est établi que pour l'avantage exclusif de cette terre et de ses habitans? Comment leur est-il possible de nous dire, que si nous allions dans d'autres planètes, nous trouverions que la personne et la religion de Jésus-Christ y sont inconnues ? Les personnes qui mettent en avant de pareilles assertions ne se trouvent-elles pas dans la position de ce philosophe qui voudrait indiquer soit le règne animal, soit l'histoire civile des habitans présumés de ces planètes ! Malgré tout ce qu'elles peuvent dire, la rédemption qui nous a été proclamée n'est pas un événement isolé; la contagion morale qui se promène sur notre monde peut avoir porté ses ravages sur toutes les planètes; le Dieu dont toutes les œuvres sont des merveilles (Job. V, 9, ps. LXXII, 18.), qui a semé de tant de mondes le champ de l'immensité, et qui a étendu sur eux l'ombre de sa toute-puissance (Ps. XCI, 1 ), peut avoir envoyé à chacun d'eux un message d'amour, et rassuré le cœur de ses habitans sans espérance (Ep. 11, 12), par quelque manifestation irrésistible de tendresse. Des anges envoyés du Paradis, peuvent avoir fait retentir la voûte azurée de chaque planète de l'annonce d'une grande joie, disant : Paix sur cette terre, bonne volonté envers toutes ses familles, et gloire au plus haut des cieux à celui qui, de son trône suprême, a donné des lettres de grâce si magnifiques, qu'elles portent la bonne nouvelle (Luc, II, 10, 44] de la vie et de la réconciliation aux sphères innombrables d'une création pécheresse. » Le fils éternel, dont il est dit, que par lui les mondes furent créés (Col. 1, 16 ), peut avoir eu l'empire de plusieurs mondes pécheurs placés sur son épaule ( Is. IX, 6), et, par le pouvoir de sa mystérieuse parole, les avoir réveillés tous de la mort (Ep. V, 14) spirituelle. Ce méme esprit qui se mouvait sur la surface des eaux (Gen. 1, 2), et qui fit sortir du chaos un système admirable, a pu tirer l'ordre et l'astronomie des débris d'une rébellion morale étendue dans toutes les sphères.

« Qui est semblable à l'Éternel, « notre Dieu, qui habite dans les « lieux très-hauts, qui s'abaisse « pour considérer ce qui est dans « les cieux et sur la terre! » Ps. cxIII, 5, 6.

Nous avons déjà tâché de mettre sous les yeux de nos lecteurs l'étonnante étendue de l'espace, fourmillant de mondes innombrables; nous avons voulu leur faire sentir la témérité de s'élancer audelà des limites de notre astronomie; et, sur tout cela, nous avons hasardé l'assertion : que quand même tout ce qui est visible aux cieux, viendrait à se précipiter dans le néant, ce ne serait que la disparition d'un léger lambeau des choses créées.

Remarquons maintenant le tour que l'incrédulité a donné à tout ceci : « Une portion de l'univers aussi chétive que la nôtre n'a pujamais être l'objet de l'attention signalée de l'Être-Suprême, et, pour son salut, Dieu ne s'y serait pas manifesté en chair. (1, Tim. III, 16.) Et le fils éternel de Dieu non plus, lui qui nous est Heb. 1, révélé comme ayant fait tous les mondes (Col. I, 16. n'aurait pas voulu 2), comme soutenant un empire (Is. IX, 6), se dépouiller de la gloire qu'il avait avec le Père avant que le Dans l'objection que l'incrédulité tire de l'astronomie pour l'op-monde fút (Jean, XVII, 5), et descendre sur cet indigne théâtre poser à la vérité de la révélation chrétienne, il y a d'abord une assertion, et puis une conséquence. L'assertion est que le Christianisme est établi pour l'avantage exclusif du petit monde que

pour y participer à nos infirmités, et couronner cette humiliation par l'opprobre et les agonies d'un cruel martyre.

Avant d'entrer dans ce que nous regardons comme la réponse

directe à cette objection qu'elle tend à dépouiller la Divinité d'un | idées qu'ils auraient d'un homme, et non-seulement ils agissent attribut qui augmente la splendeur de son incompréhensible carac- contre les règles d'une saine logique; mais ils poussent aussi loin tère. Car c'est une noble démonstration de la sagesse de Dieu, que que possible l'audace de leur impiété, puisqu'ils tracent une lil'action continue et infatigable qu'il donne aux lois qui main- mite autour de ce Dieu impénétrable. tiennent la stabilité de ce vaste univers; tout en maintenant l'ordre et l'harmonie des sphères, sa puissance doit embrasser en même temps l'incommensurable cercle des êtres créés. Il observe avec autant d'attention que s'il était l'objet exclusif de ses soins, individu quelconque de la terre.

tout

Pour appliquer ces considérations au sujet qui nous occupe, sup posons que, parmi les myriades innombrables de mondes, il y en eût un qui fût assujéti à la condamnation d'une loi, dont la sanction serait irrévocable et immuable; il ne serait pas étonnant que Dieu, par un mouvement de juste indignation, fit disparaître de l'univers ce scandale qui le déparerait, et nous ne devrions pas être étonnés quand même il laisserait périr, dans sa criminelle rébellion, ce monde égaré et solitaire. Mais, dites-moi, le caractère de Dieu ne respirerait-il pas la douceur de la plus exquise tendresse, si nous le voyions employer tous les moyens pour rappeler à lui ces enfans qui en étaient éloignés, et placer sur son propre fils le fardeau de son expiation, afin qu'il pût encore sourire à ce monde, et tendre le sceptre d'invitation à toutes les familles. L'argument de l'incrédule tend donc à anéantir une des perfections du caractère de Dieu; et ne devrions-nous à mesure que pas connaissons davantage l'étendue de la nature, concevoir une plus haute idée de celui dont l'autorité souveraine embrasse les intérêts d'un si vaste univers? Et n'est-ce pas ajouter aux brillans attributs de Dieu, que de croire que tout dans ce monde, comme dans les autres, est sous son immédiate protection.

nous

Mais supposons un instant que la pensée de Dieu fåt tellement remplie du soin d'un autre monde, qu'elle ne pût s'étendre sur notre imperfection. Ne verrions-nous pas ici-bas quelques traces de négligence ou d'inattention! Dites-nous, si dans tout ce qui est accessible à l'homme dans cette immense profusion de sagesse et de bonté qui est répandue partout autour de nous, nous n'appercevons pas que les pensées de cet être impénétrable (Rom. XI, 23.) ne sont pas nos pensées et que ses voies ne sont pas nos voies. (Is. LV, 9.) Et quand je pense que ce serait le déposséder de sa suprême autorité sur les êtres qu'il a formés, si un simple passereau tombait à terre sans sa volonté (Matt. X, 29), en vain la science et l'art des sophistes tenterait de me ravir ce qui fait ma consolation et mon bonheur. Je ne laisserai point aller l'ancre de ma confiance en Dieu; je ne craindrai rien, car je vaux mieux que beaucoup de passereaux. (Mat. X, 31.)

Ce fut le télescope qui fournit aux incrédules l'objection que nous combattons; mais, vers le même temps, un autre instrument fut aussi inventé, qui offrit à nos regards une scène non moins merveilleuse, et récompensa l'esprit investigateur de l'homme, par une découverte qui sert à neutraliser entièrement cette objection. Ce fut le microscope. Le premier m'amenait à voir un système dans chaque étoile, le deuxième m'amène à voir un monde dans chaque atome. Par le télescope on a découvert qu'aucun objet, quelque vaste qu'il soit, n'est au-delà du pouvoir de la Divinité; mais, par le microscope, nous avons aussi découvert qu'aucun objet, quelque imperceptible qu'il soit à l'œil de l'homme, n'est audessous de la condescendance divine, et que le même Dieu, dont l'influence soutient les sphères et les mouvemens de l'astronomie, peut remplir les retraites mystérieuses de chaque atome de l'intimité de sa présence, et voyage dans toute la grandeur (Is. LXIII, 1.) de ses inaltérables attributs sur chaque point et jusqu'aux limites les plus reculées de l'univers qu'il a formé.

Ceux donc qui pensent que Dieu ne manifestera pas en faveur de ce monde, une telle puissance, une telle bonté et une telle condescendance que le Nouveau-Testament lui attribue, parce qu'il a tant d'autres mondes qui exigent son attention, ont de lui les

Pour terminer tous ces éclaircissemens, je n'ajouterai plus qu'un simple article, sur ce que je regarde comme l'état précis de cet argument.

Il est admirable, plus qu'admirable, que le même Dieu, dont la présence se manifeste d'un bout à l'autre de l'immensité, tourne ses regards sur tout ce qui nous environne, avec une énergic aussi grande que s'il commençait l'œuvre de la création, et qu'il prodigue sur chaque point les innombrables variétés de l'existence, et les trésors inépuisables de sa bonté. Mais quelque incompréhensible que soit la merveille, vous y ajoutez foi parce que vous croyez au microscope. Mais il y a bien des gens qui n'ont jamais fait usage de cet instrument, et qui sont convaincus de la vérité de ces révélations; leur confiance repose donc sur le témoignage des livres et de leurs semblables. Maintenant, je m'arrête à

ce point. Il est admirable que Dieu s'intéressât à la rédemption d'un seul monde, au point d'envoyer son fils bien aimé (Matth. III, 17.) pour l'accomplir, et que lui, dans le même but, puissant pour sauver, voyageát dans la grandeur de sa force (Is. LXIII, 1.) et en déployât toute l'énergie. Mais de semblables merveilles se sont déjà multipliées sur vous; et la preuve de leur vérité étant donnée, vous avez abandonné tous les jugemens que vous avez portés sur le Dieu impénétrable, (Rom. XI, 33.) et vous êtes resté dans la foi de ses merveilles. Je demande, au nom de la saine et conséquente philosophie, que vous fassiez la même chose pour le sujet qui nous occupe; que vous le considériez comme une question purement testimoniale; et que vous reteniez et mettiez en pratique dans vos recherches sur ce point une leçon que vous devriez avoir apprise dans d'autres recherches, savoir, la profondeur des richesses, de la sagesse et de la connaissance de Dieu, que ses jugemens sont impénétrables, et ses voies incompréhensibles. (Rom. XI, 33.).

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- Heb.

Supposons donc, que la preuve soit établie, et que le même esprit qui est familiarisé avec tout ce que les sciences naturelles ont de sublime, soit amené à soumettre ses pensées et à les rendre captives à la doctrine du Christ. (2. Cor. X. 5.) Avec quelle vénération, quelle reconnaissance, quelle admiration ne considérera-t-il pas la venue en ce bas-monde, de celui qui fit toutes ces choses et sans qui, rien de ce qui a été fait, n'a été fait. (Jean. I, 4). Quelle grandeur ne brille pas sur la rédemption d'un monde sauvé, lorsqu'on pense qu'elle fut faite par celui qui se dépouilla de la gloire d'une si vaste monarchie, qui vint ici-bas dans la plus humble de ses provinces sous le déguisement d'un serviteur; prit la forme de notre nature (Héb. II, 7. 11, 17) dégradée et s'abandonna pour nous aux souffrances, aux afflictions et à la mort. Dans cet amour d'un sauveur expirant pour ceux en faveur de qui il répandit son âme, (Is. 4, III. 12.) dans une cruelle agonie, il y a une profondeur, une hauteur et une largeur qui surpassent non intelligence. (Ep. III, 18, 19.) Ah! dorénavant, que je ne néglige jamais un si grand salut, (Heb. II, 3) et ne perde ma part d'une expiation rendue certaine par celui qui s'écria qu'elle était accomplie. (Jean XIX, 30.) Lui juste est mort pour les injustes, afin qu'il nous amenát à Dieu, (I. Pier. III. 18) ne doutons jamais de notre acceptation dans cette voie de communication avec notre Père qui est aux Cieux. (Matt. VI, 9.) En embrassant cettte voie, faisons tout ce qu'il nous commande, prenons-le pour guide; car que lui rendrons-nous pour des bienfaits (Ps. CXVI. 12.) si mystérieux ̧ à lui qui s'est ainsi souvenu de nous, à lui qui a ainsi daigné nous visiter? (Psaume VIII. 4).

Nous avons tâché de prouver dans cette argumentation que Dieu porte sa surveillance jusqu'aux extrémités les plus reculées dc

la création, et manifeste partout une sagesse aussi complète et aussi bonne. (Eph. III, 10.) Nous avons dit que le plan de la rédemption pouvait embrasser dans ses influences et ses conséquences les créatures de Dieu qui peuplent d'autres régions, et qu'argumenter, comme si le plan n'était fait que pour l'avantage exclusif de l'espèce à laquelle nous appartenons, est une pure supposition de l'incrédule qui tombe d'elle-même lorsque sa frivolité est mise au jour. Nous ne sommes pas disposés, il s'en faut de beaucoup, à fermer les yeux sur une seule question qu'on puisse clever au sujet des preuves du Christianisme; l'armure dé

|

fensive d'une politique réservée et timide ne sied point à notre Religion; elle a toute la majesté de la vérité, et la dignité que donne la sanction des siècles, elle est venue jusqu'à nous en prenant de nouvelles forces à chaque bataille qu'elle a gagnée dans les nombreuses controverses des générations précédentes. Soit qu'elle en vienne aux prises avec l'orgueil et la philosophie, ou qu'elle se trouve en opposition directe avec les préjugés de la multitude, elle s'appuie sur sa propre force, et rejette loin d'elle avec dédain tous les auxiliaires de la superstition.

FIN DU PREMIER VOLUME.

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