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c'est à quoi nos constructeurs doivent viser: alors ils en vendront beaucoup; chaque caporal voudra posséder la sienne en toute propriété, il s'en servira, s'habituera à la manier en tout sens, il la soignera comme sa montre et tout en ira mieux. La planche XXXII donne une idée de la boussole telle que je la voudrais voir exécuter.

La boussole de poche. Cette petite boussole, qui a la forme d'une montre, est excessivement commode dans les voyages, et particulièrement dans l'exploration de la surface d'un terrain sur lequel on cherche des indices. Elle doit être divisée comme la grande et porter en sus les lettres indicatives des quatre points cardinaux. On y a même apporté un petit perfectionnement, qui paraît être au premier abord une faute de transposition. Le voici : on a placé l'E. à la gauche du N., et l'O. à sa droite, mais c'est exprès et afin que l'aiguille marque la véritable direction d'une couche, qui, se dirigeant, je suppose, au NO., force l'observateur qui tient l'instrument de se tourner à l’E., tandis que l'aiguille ne bouge pas de place. En effet pendant que l'observateur pivote sur lui-même, les divisions passent sous l'aiguille en sens inverse, et quand on juge que l'on est bien dans le sens de l'objet dont on cherche à déterminer la direction, le côté bleu de l'aiguille marque positivement

dans quel sens la couche s'incline ou quelle est sa direction, celle d'une vallée, etc. Sans cette précaution on serait obligé de se servir de l'indication donnée par la côté blanc. Tout ceci, au reste, se comprend aussiôt que l'on a l'instrument entre les mains, et il serait superflu d'insister davantage.

Outre l'usage de cette petite boussole pour prendre la direction d'une couche, d'une vallée ou de tout autre objet, on y a ajouté un segment de cercle divisé en degrés avec un petit aplomb, et afin que l'on puisse s'en servir sous ce nouveau point de vue, on fait sortir de l'intérieur de la boîte une petite pièce qui permet de la faire toucher par deux points à la fois sur un même plan horizontal: mais il faudrait que l'on pût faire saillir une autre pièce semblable du bord opposé, afin de pouvoir prendre l'inclinaison du toit des couches, tandis qu'on ne peut apprécier, par son moyen, que l'inclinaison des couches sur lesquelles on peut la poser. M. Gardien, ingénieur des mines, conseille cette addition, et je la recommande comme lui à ceux qui construisent ces petites boussoles? qui coûtent 60€.

1 M. Rochette, opticien, quai de l'Horloge près le Pontneuf à Paris, exécute ces boussoles, et tous les instrumens qui tiennent à l'art des mines, avec beaucoup de soin.

La chaîne de laiton.

La chaîne de laiton que l'on recommande pour le lever des plans de mine, tant pour m'esurer que pour suspendre la boussole et le demi-cercle, a l'avantage de ne point changer de longueur par l'alternative de l'humidité et de la sécheresse; mais elle présente l'inconvénient de se mêler à chaque instant, de se plier, et par conséquent de se raccourcir. J'aime tout autant une ficelle bien humectée pour l'intérieur.

S. 7. De la manière de tracer une méridienne

et d'apprécier la déclinaison de l'aiguille aimantée.

Je terminerai ce que j'avais à dire au sujet de l'art de lever les plans de mine, en rappelant à ceux qui ne l'auraient plus présent à la mémoire, le moyen le plus simple de tracer le méridien, et d'obtenir

par séquent, sans le secours de la boussole, le nord vrai du lieu où l'on se trouve.

On fixe sur un plan rendu parfaitement horizontal avec un niveau à bulle d'air, un style dans une position à peu près perpendiculaire; avec un aplomb à pointe on détermine exactement le point du plan qui répond au sommet du style, et de ce point, pris pourcentre, on décrit deux ou trois arcs de cercles concentriques, ensuite on observe dans la ma

con,

tinée le point où l'ombre projetée parle style coupe l'arc de cercle, et l'on marque exactement cette intersection. On fait la même observation dans l'après-midi, et l'on marque de nouveau l'intersection de l'ombre avec l'arc de cercle. La ligne menée par ces différens points est la méridienne cherchée, et la ligne qui la coupera perpendiculairement indiquera, par conséquent, le vrai nord. Pour avoir la déclinaison de l'aiguille aimantée, il ne s'agit plus que de présenter parallèlement à la ligne vrai nord, un des côtés de la boussole ; on voit alors de combien de degrés l'aiguille dévie, et de quel côté.

Afin d'obtenir un résultat plus juste, on présente au vrai nord successivement les quatre côtés de la boussole, et l'on divise par quatre le nombre total des degrés observés à chaque tour : le quotient donnera la déclinaison fort approchée de la réalité.

S. 8. De la réduction des plans. L'on est souvent forcé de faire la copie d'un plan sur une échelle plus grande ou plus petite, et cela devient une opération aussi longue qu'elle est fastidieuse, si l'on n'a pas un moyen quelconque d'abréger. A ce sujet M. de la Chabaussière, que j'ai déjà eu occasion de citer plusieurs fois, avait fait exécuter un instrument aussi simple qu'il

était expéditif; il le nommait minomètre : il consistait en une seule et unique règle de bois de 2 pieds de long, portant une échelle à l'un de ses bouts, et une autre double ou triple à l'extrémité opposée, de manière que lorsqu'il voulait, je le suppose, copier un plan de 1 millimètre pour mètre sur une échelle de 3 millimètres pour mètre, il fixait sa règle sur la table par l'une de ses extrémités au moyen d'une vis autour de laquelle elle pouvait tourner. On plaçait le petit plan sous la petite échelle, une feuille de papier blanc sous la grande, et l'on présentait le minomètre sur toutes les extrémités et les intersections des lignes, en même temps que l'on marquait tous ces points avec la grande échelle sur la feuille blanche, et l'on conçoit que, l'échelle étant triple, la copie devenait triple aussi.

La copie au carreau, qui est connue de tout le monde, est aussi fort bonne, d'autant plus que tous les plans doivent être maillés, ainsi que nous l'avons exposé ci-dessus.

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