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INTRODUCTION

AUX

PROVERBES ET MAXIMES

PROVENÇAUX.

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INTRODUCTION

AUX PROVERBES ET MAXIMES

P KO V E N Ç k U X.

Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs, en lenr donnant ici le Recueil le pins cdmplet des Proverbes provençaux; ils serviront puissamment à faire connaître le génie de la langue provençale, en même temps qu'ils pourront donner d'importantes et salutaires leçons. Il est des Proverbes qui sont communs à tous les peuples : il en est de particuliers à chaque pays : dans l'un et dans l'autre cas, ils n'ont pa s'établir que par l'assentiment général; et cela seul est une garantie de leur utilité. C'est une chose remarquable, en effet, qu'une pensée fine ou profonde, gaie ou sérieuse, mais toujours vraie, renfermée dans un tour de phrase vif et pressant, passe de bouche en bouche, et arrive ainsi intacte jusqu'aux■ dernières générations. Il est très-rare qu'on puisse remonter à l'origine d'un Proverbe; la plupart, les généraux surtout, remontent aux époques les plus reculées. L'Esprit-Saint n'a pas dédaigné cette manière d'instruire les hommes; et tout le monde connaît les Proverbes de Salomon. Quelques-uns de nos Proverbes patois ne sont que là traduction littérale des Proverbes sacrés. La bonne réputation est préférable an parfum, dit Salomon : Vomi mai bouan bru. que bouan vin , dit le Proverbe patois. ( Il vaut mieux bon bruit que bon vin. )

Voltaire a dit quelque part que les Maximes étaient pour de gens de goût et d'esprit, et les Proverbes pour le vulgaire les toutes les classes. Il y a dans ce jugement beaucoup trop d'indulgence pour les Maximes et beaucoup trop de rigueur contre les Proverbes. D'abord, il eût été juste de remarquer que la nature, qui distingue la Maxime du Proverbe, est souvent imperceptible, et il aurait fallu avoner ensuite que le Proverbe , ne s'établissant que par la volonté générale, doit nécessairement offrir un fond de vérité incontestable : les Maximes sont quelquefois l'ouvrage d'un seul homme moraliste , ou se disant tel; les Proverbes sont l'ouvrage de tous. Il y a dans tel moraliste connu, des Maximes que désavouent l'humanité et la raison : je ne crois 344 INTRODUCTION AUX PROVERBES ET MAXIMES.

pas que l'on trouve un Proverbe qui paisse mériter ce reproche, lîe disons donc pas arec Voltaire que les Proverbes ne sont faits que pour le vulgaire-, 'lisons qu'ils sont utiles à l'universalité des hommes, et qu'ils ne doivent être dédaignes ni de l'homme de goût, ni de l'homme d'esprit.

En jetant les yeux sur le Recueil que nous. avons.formé, on s'assurera aisément de la vérité que nous soutenons; on y verra la vérité prendre toutes les formes du langage, et se fixer dans la mémoire, à l'aide de'quelques mots rapides et concis. Ici, c'est un précepte; là, une plaisanterie; plus loin, nne épigramme. Si nous ne craignions de dérober an lecteur le plaisir de faire lui-même ces observations, nous entrerions dans l'examen de quelques Proverbes, pour en montrer l'utilité ou la finesse :■ nous lui laissons ce soin et ce plaisir, , et il s'assurera aisément qu'ils ne sont point indigne»'de l'homme d'esprit et de goût, et que, s'ils excitent quelquefois son sourire, ils ne provoquent jamais ses mépris.

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DES PROVERBES ET MAXIMES.

A bouan . marqua, que chier mi ven.

A Santo Catharino, l'holi es à l'ooulivo.

'ASanto Luço,leis jours creissoun doou saou d'uno pnço.

A Sant Crespin, l'agaço mounto oou pin.

A la coulero doou pastissier, que coucho leis nieros eme an aste.

A troubaloubla chier, a carga de vin.

A vieillo cato, joui no rato.

A l'or li a de grappo, et à l'holi li a de caco.

Amouroas vargoognous, a jamai bello ami go.

Abriou es de trento, quand ploourie trento-un, Tarie maou en degun.

A mangear et à gratar, li a qu'à coumençar.

A coumo leis teouliers, compto à mîlier.

A coumo, lou chin doou jardinier, voou ni faire, ni leissar faire.

A coumo l'ai doou moounier, s'arrestoen touieisleis pouartos.

Approuchas-vous,aoarez de la cûberto. A changea un cavaou borni, per un avugle.

A fa fichemus, coumo leis amendos de Vallensolo.

Aigos tant arrestados, soun toujours empestados.

A la devalado, tous leis Sauts ajudoun.

A forço de maneiar l'holi, l'on resto leis mans ounchos.

A pagar et à mourir, l'on li es toujours a temps. - Arraparie la pesto à Sant Roch.

A forço de fabricar, l'on deven fabre.

Aze et barbo griso, soun paouros marchandisos.

A Santo Catharino, toumo lou cuou à la sardino.

Aise freisa, levan coula.

A foualo demande, ges de respouanso.

A cavaou blastema, lou peou li luze

A Pasquo, miech cellier; à carèno, miech granier.

Argen refusa, rintro plus en bourso.

A cavaou douna, l'on regarda pas leis dents.

A gens de marino, touquo lî la man, viro li Pesquino.

A bouan vin, foou ges d'ensegno.

A gens de village, troumpeto de bouas.

A l'ai de megearie, la quoua li pelo.

A la longo t'aourai, disie lou roure oou cougourdie.

Après u» accampaire, ven un descam paire.

A chaquo mountado, li a uno devalado.

A chaquo bagado, noun agues panachoun. ;:^

A tout fonal, fortuno.

Abriou, abrivo lou bla à l'espi go.

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