Les locutions nantaisesA. Morel, 1884 - 198 pages |
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Expressions et termes fréquents
a-oût ABROQUER Anguilles Arcos BANCALIN Barbin BARBOUILLÉ MINOT BAULER BERLANDINER bête beurre BEURRE BLANC billes BIROYE BISQUE EN COIN blé noir boire bois bonne Borgne BOSSE Bouffay bouton BRIN-DE-ZINC cabestan CALOURET CANULER CARCAGNOLE CHARLES MONSELET chat CIVELLE Coiffe COINCHER CRAULLE Crébillon cremets CRÉZU d'anguilles d'enfant dents Donnez-moi dret DRIGAILLES drille EBOGUER enbas enfant Enflé Ennuyer ENTAILLADE ESTOPER FAISERIE fifeurlin fille flanqué fouaces FRICOT FRINGALLER FRISSURE FRUSQUER galettes Gâteau gauiller gigne GNIANGNIAN GOUAPE goule grand-père Grosse femme molle habillé HACTONNER HIBERON J'ai jeu d'aluette jeu de cartes juron très employé l'eau L'hôtel Drouot LAMPRAIE LOCUTIONS NANTAISES maison Manger MÈS-HUIS MIACHÉE MORGUENNE mouillé mulon Nantes Panier pêche PERJUTER PETASSIER Petit Petite PIQUAILLONS PIRE EN TORSE PIRVOLETTE place Graslin place Viarmes poisson POMMADE DE CANCRELATS Pornic pots RABISTOQUER Remuer RIQUIQUI robe rue Crébillon S'TENUIT SIGNAILLER TOROILLE touc TREMONTADE Vêtements Viarmes vieille Vin blanc
Fréquemment cités
Page xiv - On m'a demandé, l'autre jour, Dix lignes de biographie Au bas de ma photographie : Le vilain mot! le vilain tour! Les voici : la ville de Nantes, A qui je n'en saurais vouloir, M'a vu naître, sans s'émouvoir De mes facultés étonnantes. Et puis, je suis devenu grand. J'ai, sans paraître téméraire, Juste la taille militaire ; Mais en largeur, c'est différent. Mon histoire est assez banale, Car c'est l'histoire de tous ceux Qui prennent pour la capitale Un passeport de paresseux. L'amour m'a...
Page xviii - ... écuyères des cirques de passage avaient coutume de faire par la ville, musique en tête et dans leurs costumes les plus magnifiques. Mon père, qui était un lettré remarquable autant que modeste, comptait parmi les habitués de son salon de lecture tout ce qu'il y avait à Nantes d'intelligent et de distingué : Lajariette, le collectionneur émérite ; Mellinet-Malassis, le docteur Guépin, le docteur Aublanc (le médecin d'Elisa Mercœur), Émile Souvestre, Victor Mangin père et fils,...
Page xv - C'est des fenêtres de cet entresol et du haut d'un tabouret que j'ai vu les Trois Glorieuses de 1830, qui se résumèrent pour moi en un grand bruit sur la place et par un va-et-vient de soldats à cheval. C'est encore de...
Page xxvii - Saint-Nicolas, en recueillant, dis-je, ces humbles vocables, sans famille, sans étymologie, enfants perdus de la parole et de la tradition, et qui, sans vous, auraient fini par s'en aller insensiblement au grand égout de l'oubli. Grâce à vous, et en dépit des splendides maisons neuves dont notre ville natale s'embellit chaque jour, il deviendra possible de reconstituer l'histoire de Nantes intime, et même d'y ajouter quelques types de la rue, comme ceux des deux sœurs Amadou, par exemple,...
Page xxix - ... hasard dans le ruisseau, si sympathiques et si respectées même des polissons, ces demoiselles Amadou dont vous avez si bien fait de consacrer les traits bizarres et légendaires. Merci donc, au nom des Nantais épris de leur berceau, comme ils le sont presque tous d'ailleurs. J'ajouterai deux mots à vos renseignements si précieux. Ce serait mal me connaître, et ce serait même ne pas me connaître du tout, que de croire que je n'aurai pas une mention pour la nourriture bretonne. Elle a son...
Page xxix - ... précieux. Ce serait mal me connaître, et ce serait même ne pas me connaître du tout, que de croire que je n'aurai pas une mention pour la nourriture bretonne. Elle a son caractère particulier. je parle surtout de la nourriture plébéienne ; je parle des galettes de blé noir, débrassées avec du lait, finement dentelées, bien beurrées ; je parle des caillebottes, blanches et frissonnantes, enfermées dans de jolis pots de grès ; je parle des fouaces vantées par Rabelais : « avec du...
Page xx - Grand-Théâtre de la place Graslin. Aussitôt que j'ai eu l'âge littéraire, je me suis enquis avec curiosité de la période révolutionnaire à Nantes. Pourquoi? Je n'en sais rien. Les enfants vont toujours aux énormités. Un jour, j'interrogeai ma grand'mère sur Carrier, l'homme effroyable. Ma grand'mère avait porté la cocarde au bonnet, comme toutes les femmes d'alors, et elle aimait à rappeler que cela lui allait fort bien. — Tu as vu quelquefois Carrier, grand'mère? — Si j'ai vu...
Page xxiv - Vous le voyez déjà guillotiné! Non. Il en fut quitte pour quinze jours de cachot. N'importe, il ne cessa pendant toute sa vie de se plaindre amèrement et de maugréer contre l'infâme Carrier. C'est ce Nantes-là, le vieux Nantes, que votre petit livre m'a rappelé, mon cher compatriote; le Nantes populaire des ponts, du Pilori, de la rue du Petit-Bacchus , du Bois-Tortu , du Pas-Périlleux...
Page xxi - ... toujours aux énormités. Un jour, j'interrogeai ma grand'mère sur Carrier, l'homme effroyable. Ma grand'mère avait porté la cocarde au bonnet, comme toutes les femmes d'alors, et elle aimait à rappeler que cela lui allait fort bien. — Tu as vu quelquefois Carrier, grand'mère? — Si j'ai vu monsieur Carrier? je le crois bien! C'était un fort bel homme; il me saluait toujours lorsqu'il me rencontrait. Mon grand-père, lui, qui avait été maître de poste, parlait plus irrévérencieusement...
Page xxiii - L'individu, qui était Carrier, ne parut pas avoir entendu, car il ne se dérangea pas. Mon grand-père n'était pas patient. - Attends! Attends ! je vais te faire bouger! dit-il en descendant de ses chevaux. Et se dirigeant vers le quidam il lui détacha un grand coup de fouet à travers les jambes. Carrier sauta en poussant un juron, quelques personnes qui le connaissaient accoururent vers lui. - Empoignez-moi cet animal! dit-il en désignant le maître de poste. L'ordre fut immédiatement exécuté....
