Images de page
PDF
ePub
[ocr errors][merged small]

РАГ:13.

1мг. *1:0х К.:Cox С. ЯР.. ETE L'ET.F: 1:1, 1.

A

M. VACHEROT

Mon chien PROFESSEUR,

C'est à vous que je dois mes meilleures idées sur la critique. Entendre un philosophe parler littérature est l'un des plus grands plaisirs de l'esprit que je connaisse, et c'est une fèle que vous m'avez donnéc à Sainte-Barbe, pendant un an, toutes les semaines, à votre conférence du mercredi, lorsque je préparais mes cxamens de licence. Vous m'avez communiqué le goût des questions de critique générale, et, ce qui est plus, beaucoup d'idées : je vous devais ce livre. Reprenez la vérité comme votre bien, et laissez-moi les paradoxes, – ou le scepticisme.

P. STAPFER.

INTRODUCTION

Je viens vous avertir que la comédie sera bientôt prête, et que dans un quart d'heure nous pouvons passer dans la salle.

La comtesse d'Escarbagnas, scène xv.

Chez les Grecs, chez les Romains, chez les classiques français du dix-septième et du dix-huitième siècle, chez la plupart des écrivains, des causeurs qui, dans nos journaux, dans nos salons, portent sur les æuvres de l'art et de la poésie des jugements d'éloge ou de blâme, la critique littéraire n'a jamais douté d'elle-même. Elle n'a jamais douté, d'abord, de sa puissance et de son droit de dogmatisor, de juger d'après des dogmes littéraires. Et puis, il y a tel dogme, tel jugement dont elle ne doute pas plus que de deux et deux font quatre , d'un côté des Alpes, des Pyrénées et du Rhin, bien entendu; car, de l'autre côté, elle ne doute pas davantage du dogme et du jugement contraires : mais qu'importe aux Français que les étrangers soient absurdes, et qu'importe aux Allemands, aux Espagnols, que les Français le soient ? Comme exemple, je citerai deux axiomes de la critique française, que bien certainement aucun esprit assez mal fait, en France, n'a jamais eu, n'aura jamais l'idée de mettre en doute. Premier axiome : le poëte comique doit disparaître derrière ses personnages. Deuxième axiome : il doit peindre la réalité. Nous avons foi, nous Français, dans l'un et dans l'autre de ces principes, et armés de ce double instrument de critique, nous ouvrons le premier théâtre comique venu, le théâtre d’Alfred de Musset, je suppose, et nous raisonnons ainsi : un poëte comique peut paraître derrière ses per sonnages de deux manières : soit en faisant une allusion complaisante à lui-même, à sa vie, à son caractère, à ses goûts, soit en déployant avec coquetterie les gràces de son imagination et de son

« PrécédentContinuer »