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GÉRONIMO. Cette jeune Dorimène, si galante et si bien parée?

SGAN ARELL E. Oui.

GÉRONIMO. Fille du seigneur Alcantor ?

SGANARELL E. Justement.

GÉRONINO. Et sæur d'un certain Alcidas, qui se mêle de porter l'épée ?

SGAN ARELLE. C'est cela.

GÉRONIMO. Vertu de ma vie !

SGANARELLÈ.
Qu'en dites-vous ?

GÉRONIMO.
Bon parti! Mariez-vous promptement.

SGANARELLE.
N'ai-je pas raison d'avoir fait ce choix?

GÉRONIMO. Sans doute. Ah, que vous serez bien marié ! Dépêchez-vous de l'être.

SGAN ARELLE. Vous me comblez de joie de me dire cela. Je vous remercie de votre conseil, et je vous invite ce soir à mes noces.

GÉRONIMO., 1 Je n'y manquerai pas; et je veux y aller en masque, afin de les mieux honorer.

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allons être heureux l'un et l'autre. Vous ne serez plus en droit de me rien refuser; et je pourrai faire avec vous tout ce qu'il me plaira, sans que personne s'en scandalise. Vous allez être à moi depuis la tête jusqu'aux pieds, et je serai maître de tout 4; de vos petits yeux éveillés, de votre petit nez fripon, de wos lèvres appétissantes, de vos oreilles amoureuses, de votre petit menton joli, de vos petits tétons rondelets, de votre.... Enfin, toute votre personne sera à ma discrétion, et je serai à même, pour vous caresser comme je voudrai. N’êtes-vous pas bien aise de ce mariage, mon aimable pouponne ? . .

DORIMÈNE. Tout-à-fait aise , je vous jure. Car enfin, la sévérité de mon père m'a tenue jusques ici dans une sujetion la plus fâcheuse du monde. Il y a je ne sais combien que j'enrage du peu de liberté qu'il me donne, et j'ai cent fois souhaité qu'il me mariât, pour sortir promptement de la contrainte où j'étois avec lui, et me voir en état de faire ce que je voudrai. Dieu inerci, vous êtes venu heureusement pour cela, et je me prépare désormais à me donner du divertissement, et à réparer comme il faut le temps que j'ai perdu. Comme vous êtes un fort galant homme, et que vous savez comme il faut vivre, je crois que nous ferons le meilleur ménage du monde ensemble, et que vous ne serez point de ces maris incommodes, qui veulent que leurs femmes vivent comme des loups-garous. Je vous avoue que je ne m'accommoderois pas de cela, et que la solitude me désespère,

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SCÈNE V.
GÉRONIMO, SGANARELLE.

GÉRONIMO. AA! seigneur Sganarelle, je suis ravi de vous trouver encore ici, et j'ai rencontré un orfévre, qui, ; sur le bruit que vous cherchiez quelque beau dia, mant en bague pour faire un présent à votre épouse, m'a fort prié de vous venir parler pour lui, et de vous dire qu'il en a un à vendre, le plus parfait du monde.

SGAN ARELLE.

Mon Dieu! cela n'est pas pressé. .

. GERONIMO.. Comment! que veut dire cela ? Où est l'ardeur que vous montriez tout à l'heure?

. SGA NARELLE. Il m'est venu , depuis un moment, de petits scrupules sur le mariage. Avant que de passer plus avant, je voudrois bien agiter à fond cette matière, et que l'on m'expliquât un songe que j'ai fait cette nuit, et qui vient tout à l'heure de me revenir dans l'esprit. Vous savez que les songes sont comme des miroirs, où l'on découvre quelquefois tout ce qui nous doit arriver. Il me sembloit que j'étois dans un vaisseau, sur une mer bien agitée , et que....

GÉRONIMO. Seigneur Sganarelle, j'ai maintenant quelque petite affaire qui m'empêche de vous ouïr. Je n'entends

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