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SUR

LE FESTIN DE PIERRE.

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CETTE comédie en cinq actes et en prose fut représentée sur le théâtre du Palais-Royal , le 15 février 1665.

Molière, en traitant le sujet du Festin de Pierre, obéit encore moins à l'impulsion de son génie, qu'il ne l'avoit fait en composant la Princesse d'Élide.

Sa reconnoissance et son vif attachement pour Louis xiv, avoient élevé le courage dont il avoit eu besoin dans une action héroïque et grave; mais rien ne pouvoit le soutenir dans le choix d'un drame toutà-fait hors de la belle nature.

Il fallut cependant qu'il cédât aux pressantes sollicitations de sa troupe, qu'il aimoit comme un père tendre, et qui ne cessoit de lui demander une imitation françoise de la pièce espagnole qui venoit d'enrichir quelques théâtres de Paris.

Les Italiens surtout avoient eu le plus grand succès. en faisant passer dans leur langue la pièce de Triso de Molina, intitulée El Combidado de Piedra.

Le public, toujours indulgent pour les étrangers ,

leur avoit passé le monstrueux mélange de bouffonneries et de réflexions religieuses qui composent cet ouvrage; une statue qui parle et qui marche, des flammes dévorantes sorties du sein de la terre, un abîme tout à coup ouvert sous les pas d'un scélérat, à la vue d'Arlequin son valet; tout cela avoit étonné et peut-être intéressé les patiens spectateurs de ce théâtre.

Il n'en fut pas de même lorsque Molière , pour servir l'avidité de ses camarades, eut consenti à traiter cette farce. On ne lui pardonna point de s'être si fort écarté du vrai, et lui-même paroît ne s'être pas fait plus de grâce, puisqu'il ne livra point son ouvrage à l'impression, et qu'il est un de ceux qui grossirent l'édition posthume de 1682.

C'étoit alors une nouveauté, dit-on, qu'une pièce en cinq actes en prose. Cependant on en connoissoit une du sieur Dupeschier, sous le titre de la Comédie des Comédies; il est vrai que ce drame critique, fait contre Balzac, ne parut imprimé qu'en 1629. Mais quatre ans après, un anonyme fit représenter une comédie en prose et en cinq actes, sous le titre de Boniface ou le Pédant, avec un double prologue, imitée de l'italien de Bruno Nolano; et vingt et un ans après, c'est-à-dire en 1654, Cirano de Bergerac donna, son Pédant joué, également en cinq actes et presque tout en prose.

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