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Y sont pris comme le butour,
Qui est dedans la sauterelle.
(Mist. du S. d'Orl., vs. 5150.)
J'espère être encoures la ou sera le roy.
(Lett. de Phil. de Com.)
Maintenant chacun vous appelle
Partout : Avocat, dessoubz l'orme ;
Encor ne le dis-je pas pour me
Vanter. (P. Path. p. 20.)

Cette citation nous indique la prononciation des rimes orme et

corne dans les vers suivants du Testament de Pathelin (p. 207.) :

En son temps advocat sous l'orme,
Conseiller de Monsieur de Corne.
Le lendemain l'abbé s'esveille et sourt (sort) ;
Des compagnons un chacun fait le sourd.
(Ch. Bourd. p. 90.)
Le maistre d'hotel serre tout
Pain, lard, voir une méchante crouste.
Il est avare jusqu'au bout ;
Pour faire un faux rapport il trotte ;
Pour la paix il va tout le pas ;
En scavoir jamais ne se crotte
Car il ne s'y enfondre pas :
Voilà pourquoi Monsieur le gouste. (Tabourot, p. 18.)
Ses reins de puissance et fource (force)
Elle trousse
Pour ouvrer a tout rebras,
Alegre, plaisante et douce, etc.
(Bonav. des Périers, p, 374.)
Cet œil qui fait qu'au monde je me plais
Qui fait rocher celuy qui s'en approuche,
Ore d'un ris, or d'un regard farouche
Nourrit mon cœur en querelle et en paix.
(Ronsard, Amours, I, sonn. 212.)

Lui-même encor d'une sainte rousée
Trois fois en rond a la troppe arrousée .
(Joach. du B. Enéid. VI.)

Voir Rabelais passim et tous les auteurs du XVI° siècle.

0 suivi de l sonne ou quand l'l est lui-même suivi d'une autre consonne, soit dans le même mot, soit dans le mot suivant.

Cette règle est ainsi formulée dans la grammaire de Colyngburne (règle 23) : Item, quandocumque haec littera l ponitur post a, e, et o, si aliquod consonans post l sequitur, l quasi u debet pronunciari. (Palsgr. Introduct. p. 30.)

Se je ne soie de Dieu assous,
Chascun an gaaignait XX sols. (Rutebœuf.)
Se aussi sage es que S Pol,
N'ayant rien es reputé fol. (H. Est. dans Livet, p. 351.)
Ainsi sont tous, cum dit saint Pol,
Riche, poure, sage et fol. (Guill. de Guilleville.)

Voir Roquefort à Pou, Poul, pour Paul.

Le lait d'amande au lait dolz,

Le miel y vient desor les poz.
(Bat. de Karesme et Charnage, v. 499. Roquef. à poz.)

Là le cognurent bien li fol ;

Ne lui convint sonnette au col. (Le second Renart.)

Sus, Messire Jehan de la Polle,

Menez vos genz a une folle. (")
(Mist. du S. d'Orl. vs. 8148; Cf. 15326.)

Lisez Poule, soule, comme l'indique le jeu de mots qui suit : Et la Polle qui est en cage. (M. du S. d'Orl. vs. 15384 )

Souvent ol est écrit oul, conformément à la prononciation.

(l) Assaillez-les a une foulle,
Messire Jehan de la Polle. (ld. 5544.)

Ils ont esté trop bien secoux
De venir sur nous comme soulx.
(M. du S. d'Orl. vs. 8996.)

REMARQUE. O précédé de l sonnait aussi généralement ou :

Seigneurs, ne faites nulle doubte ;
Saillez sur eulx en une flote. (M. du S. d'Orl. vs. 5807.)
J'en clouche, (La Cond. de Banq. pag. 248.)

O suivi de s se prononce ou. X équivalant à deux ss exerce sur o la même influence :

Qoi, fist li Lox, maldis me tu ?
— L'aigneax respunt : N'en ai voloir.
—- Li Loux li dit : Jeo sais de voir, etc. (M. de Fr. Fabl. 2 )
Li varles fut sage et prox,
Si se faisoit amer a tox. (M. de Fr. Lai de Gugemer, vs. 39.)
Chappel de fleurs qui moult peu couste,
Ou de roses de Penthecouste. (Rom. de la R. I., p. 74.,
Ensi demoura Blondiau deschi a Pentecouste .
(Chron. de Reins.)

De Pasques a Penthecouste
On n'a pour dessert qu'une crouste.
(Gabr. Mleurier, dans Lincy, P" fr. p. 115.)

Las! Messeigneurs, que faites-vous ?
Ce vous est bien mauvais propoux.
(M. du S. d'Orl. p. 84.)
Quant au regart de leur puissance,
Ne fault acomparoir la nostre ;
Chascun scet que la leur passe oultre.. .
Qu'a nostre bon roy et le vostre
Luy soyt tout ce cas récité. (Id. vs. 5779.)
Or ça, Monseigneur le Prévost,
Que vous semble, que dictes-vous ? (Id. vs. 8395.)
Allez trompiller parmi l'oust
Pour assembler nos gens trestoux. (Id. vs. 18519.)

De servitudes oster toustes, Et toutes autres male toustes. · (Godefroy de Paris, dans Gérusez, I, p. 182.) Item, à Jehan Raguyer je donne. Qui est sergent, voire des Douze, Tant qu'il vivra, (ainsi l'ordonne) Tous les jours une talemouze Pour bouter et fourer sa mouse Prinse a la table de Bailly ; A Maubuay sa gorge arrouse, Car à manger n'a pas failly. - (Fr. Villon, gr. Testam. str. XCV.) J'ay prié aulcuns personnaiges que ceste hayne voulsist repouser. (Lett. de Phil. de Com.) J'ai veu letre d'un de nous embasadeurs, qui asure l'avoir veu. (Id. id.) Je n'en pense autre chouse ; On veut que je l'épouse. (Bonav. des Périers, l'Andrie, p. 261.) Celle que bien dire je t'ouse Pour ma propre et très chère épouse. ( ld. id p. 263.) Son reconfort et son repous , Son ami, son cœur, son époux. (ld. id. p. 302.) L'hoste s'attend avoir des pourceaux houstes, Mais les avoir fust encore aux escouttes. (Ch. Bourd. p. 72.) Or, pour partir chascun se botte et house : A demeurer nul d'eux ne se dispose. (Id. p. 107.) Car bien joyeux estoit d'avoir tel hoste. Faifeu luy dit : Mon ami, quoi qu'il couste .. etc. (Id. p. 54.) Ainsi puisses-tu vivre en amoureux repous Jusqu'à la mort, Claudine, avecque ton époux. (Ronsard, Eglog. et Mascarades.) Les yeux tournez vers l'Occident, il pousse Les noirs taureaux sur le bord de la fousse. (Id. Franciade, ch. IV.)

Veu qu'il sembloit impertinent à tous.. .
Si d'adventure ils étaient à point clous.
(Rabelais, Gargantua, I. 2. p. 66.)
Grecs ou Latins, plus à craindre que loups,
Ny vous galous, v. ... jusqu'à l'ous.
(Id. id. I. 54. tom II. p. 358. Cf. I. 13. p. 262 )

Lorsque l's est précédé d'une consonne qui ne compte pas dans la prononciation, cette consonne ne neutralise aucunement l'influence de l's sur la voyelle :

Mettre a ruyne a peu de noyse et cops,
Mais sans picquons agus ou bec de coqz. (Jeh. Mol. p. 138.)

Souvent même la consonne intermédiaire à l'o et à l's disparaît, et l'auteur, comme pour mieux se conformer à la règle, modifie lui-même l'orthographe du mot :

— Se je y vois, que présumez-vous ?

— Que vous ne morrez point de coux.

— C'est dont à mon lit, à repoux.
(M. du S. d'Orl. vs. 1594.)

O sonne ou, toutes les fois qu'il commence un mot ;

Dans les exemples cités à l'appui des règles précédentes, nous avons déjà rencontré orme, ourme (règle 2), l'oust, j'ouse, houstes, ous (règle 4); mais on y peut attribuer le son ou à l'influence des consonnes suivantes r ou s. En voici d'autres où l'o prend évidemment le son ou d'après la place qu'il occupe au commencement du mOt.

La terre a douleur
Goustera l'oudeur
De mainte souaire.
(Le malheur de la France ; Roquef. à oudeur. Cf. Rom.
de la R. vs. 6368.)
Oblyer, las! il n'entr'oublye

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