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Qui n'a pas un sou à dépenser, n'a | He that has not a penny to spend, pas un grain de mérite à faire

has not a grain of sense to show. pasaitre, Si pour avoir du bien, il en coûte à | If to obtain property, probity must

la prebité, je n'en veux point. be sacrificed, I will not have it. Je croyais avoir affaire à un ho. I thought I had to deal with a

nnête homme ; mais point. man of honour; but no. Il n'y a point de ressource dans A person that has no wit, bas no

une personne qui n'a point resource in himself,

c'esprit. Rien n'est sûr avec les capricieux: Nothing is to be depended upon

vous croyez être bien; point du with capricious people : you tout ; la plus belle humeur est

think that you are on good suivie de la plus fâcheuse. terms; by no means: their best

huinour is followed by their worst.

Observe, that point is used in answer to interrogative sentences.EXAMPLE: Irez-vous ce soir au bal masqué? Sball you go this evening to the Point.

masquerade?--No.

LE

LECTEUR FRANÇAIS;

OU

CHOIX DE MORCEAUX :

EN PROSE ET EN VERS

SECONDE PARTIE.

RELIGION ET MORALE, &c.

Consulte Zoroastre, et Minos, et Solon,
Et le sage Socrate, et le grand Cicéron :
Ils ont adoré tous un maitre, un juge, an père.
Ce système sublime à l'homme est nécessaire.
C'est le sacré lien de la société,
Le premier fondement de la sainte équité;
Le frein du scélérat, l'espérance du juste.
Si les cieux dépouillés de leur empreinte auguste
Pouvaient cesser jamais de la manifester;
Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer.
Que le sage l'annonce, et que les grands le craignent;
Rois, si vous m'opprimez, si vos grandeurs dédaignent
Les pleurs de l'innocent que vous faites couler,
Mon vengeur est au ciel, apprenez à trembler.

VOLTAIRE. Existence de Dieu. Il y a une première puissance qui a formé le ciel et la terre; lumière infinie et inimuable, elle se donne à tous sans se partager ; vérité souveraine et universelle, elle éclaire tous les esprits, comme le soleil éclaire tous les corps. Celui qui n'a pas vu cette lumière pure est aveugle comme un aveugle né: il passe sa vie dans une profonde nuit, comme les peuples que le soleil n'éclaire point pendant plusieurs mois de l'année; il croit être sage et il est insensé ; il croit tout voir et il ne voit rien ; il meurt n'ayant jamais rien vu; tout au plus il aperçoit de sombres et fausses lueurs, de vaines ombres, des fantômes qui n'ont rien de réel. Ainsi sont tous les hommes entraînés par les plaisirs des sens et par le charme de l'imagination. Il n'y a point sur la terre de véritables hommes, excepté ceux qui consultent, qui aiment, qui suivent cette raison éternelle; c'est elle qui nous inspire quand vous pensons bien ; c'est elle qui nous reprend quand nous pensons mal.

Nous ne tenons pas moins d'elle la raison que la vie. Elle est comme un vaste océan de lumière ; nos esprits sont comme de petits ruisseaux qui en portent, et qui y retournent pour s'y perdre.

Fénélon. Télémaque, VOL. II.

Continuation du même Sujet. Grand Dieu, souverain maitre de l'univers, quel lieu de la terre pou. rrais-je parcourir, où je ne trouve partout sur mes pas les marques sensibles de votre présence, et de quoi admirer la grandeur et la magnificence de votre saint nom? Si des peuples sauvages ont pu laisser effacer l'idée que vous en aviez gravée dans leur ame, toutes les créatures qu'ils ont sous les yeux, le portent écrit en caractères si ineffaçables et si éclatans, qu'ils sont inexcusables de ne pas vous y reconnaître. L'impie lui.inéme a beau se vanter qu'il ne vous connaît pas, et qu'il ne retrouve en lui-même aucune notion de votre essence infinie; c'est qu'il vous cherche dans son cour dépravé, et dans ses passions, Dieu trèssaint, plutôt que dans sa raison. Mais qu'il regarde du moins autour de lui, il vous retrouvera partout; toute la terre lui annoncera son Dieu; il verra les traces de votre sagesse, imprimées sur toutes les créatures; et son cæur corrompu se trouvera le seul dans l'univers, qui n'annonce et ne reconnaisse pas l'auteur de son étre.

Qu'est-il besoin, en effet, mon Dieu, de vaines recherches et de spé. culations pénibles pour connaître ce que vous êtes ? Je n'ai qu'à lever les yeux en haut; je vois l'immensité des cieux, qui sont l'ouvrage de vos mains, ces grands corps de lumière qui roulent si régulièrement et si majestueusement sur nos têtes, et auprès desquels la terre, n'est qu'un atome imperceptible. Quelle magnificence, grand Dieu ! Qui a dit au soleil : sortez du néant, et présidez au jour; et à la lune : paraissez, let soyez le flambeau de la nuit ? Qui a donné l'être et le nom à cette multitude d'étoiles qui décorent avec tant de splendeur le firmament, et qui sont autant de soleils immenses attachés chacun à une espèce de aionde nouveau qu'ils éclairent? Quel est l'ouvrier dont la toute-puiasance a pu opérer ces merveilles, où tout l'orgueil de la raison éblouie se perd et se confond? Eh, quel autre que vous, souverain Créateur de l'univers, pourrait les avoir opérées? Seraient-elles sorties d'ellesmêmes du sein du hasard et du néant ? Et l'impie sera-t-il assez désespéré pour attribuer à ce qui n'est pas, une toute-puissance qu'il ose refuser à celui qui est essentiellement, et par qui tout a été fait ?

Massillon, Ps. viii.

Continuation du même Sujet. Il est un Dieu. Les herbes de la vallée et les cédres de la montagne e bévissent; l'insecte bourdonne ses louanges, l'éléphant le salue au ever du jour; l'oiseau le chante dans le feuillage; la foudre fait éclater on puissance, et l'océan déclare son immensité. L'homme seul a dit: il n'y a point de Dieu.

Il n'a donc jamais, celui-là, dans ses infortunes, levé les yeux vers le ciel, ou, dans son bonheur, abaissé ses regards vers la terre ? La nature Est-elle si loin de lui, qu'il ne l'ait pu contempler, ou la croit-il le simple

résultat du hasard ? Mais quel hasard a pu contraindre une matière désordonnée et rebelle à s'arranger dans un ordre si parfait ?

On pourrait dire que l'homme est la pensée manifestée de Dieu, et que l'univers est son imagination rendue sensible. Ceux qui ont adınis la beauté de la nature comme une preuve d'une intelligence supérieure, auraient da faire remarquer une chose qui agrandit prodigieusement la sphère des merveilles; c'est que le mouvement et le repos, les ténèbres et la lumière, les saisons, la marche des astres, qui varient les décorations du monde, ne sont pourtant successifs qu'en apparence, et sont permanens en réalité. La scène qui s'efface pour nous, se colore pour un autre peuple; ce n'est pas le spectacle, ce n'est que le spectateur, qui change. Ainsi Dieu a su rendre, dans son ouvrage, la durée absolue et la durée progressive : la première est placée dans le temps ; la seconde dans l'étendue : par celle-là les graces de l'univers sont uves, infinies, toujours les mêmes; par celle-ci elles sont multiples, finies, et renouvelées : sans l'une, il n'y eût point eu de grandeur dans la création; sans l'autre, il y eût eu monotonie.

Ici le temps se montre à nous sous un rapport très-vouveau ; la moindre de ses fractions devient un tout complet, qui comprend tout, et dans lequel toutes choses se modifient, depuis la mort d'un insecte jusqu'à la naissance d'un monde: chaque minute est en soi une petite éteruité. Réunissez donc en un même moment, par la pensée, les plus beaux accidens de la nature. Supposez que vous voyez à la fois toutes les heures du jour, et toutes les saisons, un matin de printemps et d'autonne, une nuit semée d'étoiles et une nuit couverte de nuages, des prairies émaillées de fleurs, des forêts dépouillées par les frimas, des champs dorés par les moissons, vous aurez alors une idée juste du spectacle de l'univers. N'est-il pas bien prodigieux que, tandis que vous admirez ce soleil, qui se plonge sous les voðtes de l'occident., un autre observateur le regarde sortir des régions de l'aurore ? Par quelle inconcevable magie, ce vieil astre qui s'endort fatigué et brûlant dan la poudre du soir, est-il en ce moment même ce jeune astre qui s'éveille humide de rosée, dans les voiles blanchissans de l'aube . A chaque moment de la journée le soleil se lève, brille à son zénith, et se couche sur le monde ; ou plutôt nos sens nous abusent, et il ny a ni orient, ni midi, ni occident vrai. Tout se réduit à un point fixe, d'où le flambeau du jour fait éclater à la fois trois lumières en une seule substance. Cette triple splendeur est peut-être ce que la nature a de plus beau ; car en nous donnant l'idée de la perpétuelle magni. ficence et de la toute-présence de Dieu, elle nous fait aussi concevoir une image de sa trinité glorieuse.

Conçoit-on ce que serait une scène de la nature, si elle était aban, donnée au mouvement de la matiére ? Les nuages obéissant aux lois de la pesanteur, tomberaient perpendiculairement sur la terre,ou monteraient en pyramide dans les airs; l'instant d'après l'atmosphère serait trop épaisse ou trop raréfiée pour les organes de la respiration. La lune trop près ou trop loin de nous, tour-a-tour serait invisible, pour-à-tour se montrerait sanglante, couverte de taches énormes, ou

reinplissant seule de son orbe démesuré tout le dône célesle. Tould coup un signe d'été serait atteint par un signe d'hiver ; le bouvier conduirait les pléïades, et le lion rugirait dans le verseau. Là, des astres passeraient avec la rapidité de l'éclair; ici, ils sembleraient morts et immobiles. Quelquefois ils se presseraient en groupes, comme dans la voie lactée, puis disparaissant tous ensemble, ils laisseraient apercevoir les abîmes de l'éternité.

Mais de pareils spectacles n'épouvanteront point les hommes, avant le jour où Dieu lâchant les rênes de l'univers n'aura besoin pour le détruire, que de l'abandonner.

M. de Châteaubriand. Génie du Christianisme.

Invocation à l'Auteur de la Nature. Grand Dieu ! dont la seule présence soutient la nature, et maintient l'harmonie des lois de l'univers; vous qui, du trône immobile de l'empirée voyez rouler sous vos pieds les splières célestes sans choc et sans con. fusion ; qui, du sein du repos, reproduisez à chaque instant leurs mouvemens immenses, et seul régissez, dans une paix profonde, ce nombre infini de cieux et de mondes : rendez, rendez enfin le calme à la terre agitie: qu'elle soit dans le silence ! qu'à votre voix, la discorde et la guerre cessent de faire retentir leurs clameurs orgueilleuses . Dieu de bonté, auteur de tous les êtres, vos regards paternels embrassent tous les objets de la création; mais l'homme est votre être de choix ; vous avez éclairé son ame d'un rayon de votre lumière iinmortelle; comblez vos bienfaits, en pénétrant son cour d'un trait de votre amour: ce sentiment divin, se répandant partout, réunira les natures ennemies; l'homme ne craindra plus l'aspect de l'homme; le fer bomicide n’armera plus sa main; le feu dévorant de la guerre ne fera plus tarir la source des générations ; l'espèce humaine, maintenant affaiblie, mutilée, moissonnée dans sa fleur, germera de nouveau, et se multipliera sans nombre: la nature, accablée sous le poids des fléaux, stérile, abandonnée, reprendra bientôt, avec une nouvelle vie, son an. cienne fécondité; et nous, Dieu bienfaiteur, nous la seconderons, nous la cultiverons sans cesse, pour vous offrir à chaque instant un nouveau tribut de reconnaissance et d'admiration.

Buffon.

Avantages de la Religion. Un des plus grands avantages, un des plus touchans attributs de la religion, ce sont les consolations qu'elle présente à tous les fidèles, et contre les dégoûts de l'opulence, et contre les horreurs de la pauvreté, et contre la fureur des persécutions, et contre les angoisses même de la mort. Il le faut avouer; la plus sublime philosophie est bien loin d'offrir à l'homme un pareil secours.

En le courbant sous le sceptre de

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