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Mille complimens de la part de Mme, de Beauharnais à Mme, de Ste. Amaranthe et à ses jeunes demoiselles; elle espère qu'elles sont arrivées sans accident à la maison, et parfaitement remises des fatigues de la dernière soirée.

Réponse.

Mardi, à deux heures. Mme, et Mlles. de Ste. A. sont sensibles à l'intérêt que leur témoigne Mme. de B.; elles sont arrivées saines et sauves, et se portent toutes bien, à l'exception de Josépbine, qui a attrapé un petit rhume.

Mercredi Mille complimens de Mme. de Ségur à Mlle. le Compte; elle la prie de lui accorder le plaisir de sa société à dîner Dimanche prochain. On se mettra à table à cing beures.

Réponse. Mille complimens de Mlle. le C.; elle ne manquera pas de ve rendre à l'invitation de Mme, de S.

Jeudi. Je vous invite, ma chère, à venir prendre le thé ce soir avec moi; je serai seule, et j'espère que vous voudrez bien me procurer le plaisir de votre charmante compagnie: ne me refusez pas cette gráce. Adieu,

Réponse. Je vous remercie infiuiment, ma chère, de votre obligeante invitation; mais je suis extrêmen:ent fâchée de ne pouvoir l'accepter, parce que nous attendons compagnie ce soir; pour demain, vous pouvez disposer de moi; et, si vous ne venez pas me voir le matin, j'irai certainement vous trouver le soir.

Vendredi. Je viens d'arriver de Luxeuil. Si vos occupations vous permettent de venir chez moi, je vous apprendrai des nouvelles qui vous feront plaisir. Je serai toute la journée à la maison, ainsi choisissez votre heure.

Réponse. Je suis charné d'apprendre que vous soyez enfin de retour de Luxeuil: n’eussé-je d'autre motif que celui de vous en féliciter après une si longue absence, cela seul u'engagerait à vous aller vois

Vous pouvez donc compter que je me rendrai chez vous cette aprèsmidi, sur les cinq heures.

Samedi matin. Mme. Pelletier présente ses complimens à Mlle. de Neufchâteau, et espère qu'elle voudra bien l'honorer ce soir de sa compagnie, a une partie de cartes.

Réponse. Mlle. de N. fait ses très-respectueux complimens à Mme. P. Elle est désolée d'avoir un engagement de même nature.

Si vous n'êtes pas engagée demain, ma chère amie, je vous invite à venir faire un tour de promenade avec ma seur et moi; ma voiture sera prête à midi. Ne cherchez point de prétexte pour vous excuser, et faites-moi savoir votre résolution au plutôt.

Réponse. Comme j'ai promis de sortir demain avec ma tante et ma cousine, et que je ne puis raisonnablenient m'en dispenser, je ne saurais, ma chère amie, profiter de l'offre gracieuse que vous ne faites. Je n'ai point d'autre excuse, et vous me connaissez trop bien pour douter de ma sincérité.

Avouez, monsieur, que vous êtes bien paresseux. Quoi! deux semaines entières se passent sans vous voir, et même sans recevoir de vos nouvelles. Vous négligez vos amis ; vous n'en avez cependant point de plus sincère que moi. Venez donc vous excuser de la longueur de votre absence; je vous attends ce sois.

Réponse. Vous ne serez plus surpris, monsieur, de mou absence, quand vous saurez, que j'ai eu depuis quinze jours un mal de tête affreux. Que m'aurait-il servi de vous en informer? D'ailleurs, vous saurez que je suis naturellement indolent: c'est mon faible. Ce soir, sans faute, j'irai vous voir.

Mme. Duclos souhaite le bonjour à M. Caperonnier. Coinine elle va ce soir, au bal, elle ne pourra pas avoir le plaisir de le voir aujourd'hui, et prie M. C. de ne vouloir bien venir demain qu'à onze heures.

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LETTRES DE COMMERCE, &c.

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Lya, dans chaque pays, un style particulier pour la correspondance mercantile, c'est à-dire, une manière de s'exprimer par écrit, qui sans différer beaucoup du langage commun d'une nation, en est cependant distinguée par certains termes et certaines expressions, qui ne sont en usage que pour ce style. Voici les caractères propres de

ces lettres. Les lettres des négocians et des marchands doivent être concises et claires. Dans la

expreosims des ordres et aris, on doit plutôt observer beaucoup de circonspection et d'exactitude, qu’un langage éloquent et fleuri. Les cérémonies et les cumplimens en doirent étre bannis, ou du moins on doit s'en servir très-peur ; parce que dans les affaires de négoce, on ne doit envisager que l'utile : et, d'ailleurs, le négociant qui a

besoin de son temps le doit ménage, at l'employer arantageusement. Quand on a plusieurs sujets à traiter, il est bon de commencer une nourelle ligne à

chaque chungement de matière: car cet usage est très-commode pour les personnes à

qui on écrit. Un négociant qui écrit dans les pays étrangers doit être très-réservé sur les nourelles, et

purticulièrement celles d'état, dans ses lettres ; de peur de s'attirer des affaires, et de

faire arrêter sos lettres. Un correspondant vu facteur, qui reçoit une lettre, doit être fort exact à répondre

cuirement, article par article, à tout ce qu'elle contient, de crainte de préjudicier son commerce, en y omettant quelques particularités, ou en y laissant la moindre ambiguité.

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D'un jeune Marchand d un Marchand nne petite partie des articles qne je en Groe.

tiens, que je vous commets comme un

écbantillon de leur qnalité et de la MONSIEUR, Sur la recommanda- modération de leur prix. S'il vous plaition d'un voisin, qai s'est beaucoup sait de renouveller votre commande, je étendu sur votre réputation, je crois ferais tout ce qu'il dépendrait de moi devoir, en entrant dans le commerce, pour me montrer digne de votre bienm'adresser à vous, pour vous prier de veillance. Je suis, en fe:ant des ræux m'envoyer une certaine quantité de sincères pour vos succès, votre recomarchandises convenables à un jenne anaissant serviteur. komme qui commence, de la première qualité et aux prix les plus raisonnables: D'un Négociant à un Perat. ce que je me crois d'autant plus fondé

MON CHER COUSIN, — Connaissant à espérer, que mon intention est qu'à votre bon caur et vos honnétes dispol'avenir toutes les affaires que nous fe- sitions à mon égard, je prends la liberté rons soient au comptant.

de vous faire part de mon présent emJe suis, monsieur, &c.

barras, me flatiant d'éprouver les effets

de votre bienveillance accoutumée. Je Réponse du Marchand en Gros.

me trouve, pour le moment, dans une MONSIEUR,—En réponse à l'honneur position très-difficile; et si vous ne me de la vôtre du 6 du courant, je vous procurez sur le champ la somme de luit enverrai par un roulier qui part demain muille livres sterlings, il faudra nécessaire

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* On appelle, en Français, négocians ceux qui ne font le commerce que pour les pays étrangers; et l'on nomme marchands ceux qui ne trafiquent, soit en gros ou en détail, que dans l'endroit où ils résident.

ment que je manque.-Vous connaissez de passer chez moi ce soir, avec le billet, la valeur de mon fonds, et quelles sont on lui en contera le montant. mes espérances. Si donc, vous pouvez Je suis, votre, &c. m'obliger de la dite somme, remboursable à trois, six, neuf, et douze mois, Réplique à la Précédente Réponse. vous préserverez non-seulement de la ruine, mais vous obligerez encore inti- votre malheur, et j'ai expliqué l'affaire

MONSIEUR,- Je suis très-affecté de niment votre malheureux cousin.

à celui par qui votre billet m'est revenu. Réponse du Parent.

Je vous l'ai, suivant votre demande, enMON Cher Cousin,- Je pense qu'il voyé ci-inclus, par mon homme d'affaires, serait malheureux que l'honnêteté et

espérant que vous voudrez bien excuser l'industrie eussent à souffrir. Venez quelques expressions trop promptes dont diner demain avec moi, et je vous re

j'aurais pu me rendre coupable, à votre mettrai ce que vous me demandez je égard, dans ma précédente. conserve une si bonne opinion de vos

Je suis, avec sincérité, votre, &c. principes, que je suis résolu à ne pas pour annoncer l'arrivée de Marchandises. prendre de billets à de courtes éché. auces: mais, comnie je connais votre MESSIEURS,-Nous venons de recemanière d'agir, si vous voulez me do- voir l'avis de l'arrivée de vos deux ba-nner des suretés, je me contenterai d'un llots dans cette douane. Nous allons les effet sur demande pour le tout; et retirer et par le prochain courrier nous comptez que je n'enverrai recevoir que vous en dirons notre sentiment; et quand je saurai que ce ne sera pas dans même, si la qualité de la marchandise le cas de vous géner. Ne retardez pas est boune, ainsi que nous l'espérons, mon diner, qui sera prêt à deux heures. nous pourrons vous envoyer le compte Votre sincère ami.

de vente. Nous n'avons rien autre

chose à vous dire pour le présent. D'un Marchani à un autre.

Nous sommes vos très-humbles et MONSIEUR,- Je vois avec beaucoup très-obéissans serviteurs. de peine que votre billet de 800 piastres me soit revenu.

Pour donner aris de la tente de
Il m'a paru fort désa-

Marchandises. gréable de le rembourser, et je suis surpris que vous soyez assez indifférent sur MESSIEURS,–Votre ballot, numéro votre réputation pour ne pas prendre cinq, est déjà vendu, et nous aurions vos précautions, ou ve pas m'avertir placé l'autre qui nous reste, plus avand'avance de l'impuissance où vous étiez tageusement, si nous avions voulu ad'y faire honneur. Vous pouvez vous ra- ccorder trois mois de terme pour le payeppeler, monsieur, que je vous ai donné ment: mais nous n'avons pas jugé à prole temps qne vous m'avez demandé: pos de le faire sans votre participation. vous en avez fort mal agi avec moi, et si vous recevrez ci-inclus le compte de votre billet n'est pas payé dans six vente, montant à mille francs, dont jours, je le mettrai entre les maius d'un vous nous avez crédités pour vous en huissier. Votre, &c.

faire remise par vos premières. Le prix

que nous en avons tiré est assez avantaRéponse à la Précédente.

geux pour le temps: il nous donne lieu Monsieur,-Je vous assure, qu'étant d'espérer que vous serez satisfaits de ce obligé de quitter la ville pour des a premier, essai, et que vous nous contiffaires pressantes, j'avais laissé des fonds nnerez l'honneur de vos ordres. Nous

sommes très-parfaitement vos, &c. pour payer mon billet. A mon retour j'ai trouvé que mon homme d'affaires

D'un Coinmis à son Négociant. n'avait volé quelques articles, et votre lettre me confirme qu'il s'est entui avec MONSIEUR,--Présumant que la prol'argent. Comme j'aurai soin qu'il en longation de votre séjour à la campagne soit fait mention dans les papiers pu- lest occasionée par quelque affaire imblics, j'espère que ma réputation n'en prévue, je crois de mon devoir de m'insera pas altérée. Si votre homme d'a- ) former de votre santé, et en même ffaires veut bien avoir la complaisance temps de vous assurer que l'on donne mmercer et de ménager les intéréts de diminuer nies dépenses, et nous avons mes amis, vous vous préterez volontiers tous deux éprouve le plus grand regret puisse nouis être également wule et

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ici à vos affaires de commerce toute timable: il m'encourage et parait coa-
l'attention et tout le soin qu'elles exi- tent de mon travail; en un mot, je ne
Leit. Si donc votre absence peut vous fus jamais si beureux. Mon cher père,
procurer quelque avantage, soyez sur si vous voulez bien me faire savoir fré.
que vous pouvez la prolonger sans dan. quemment de vos nouvelles, vous me-
cer, quoiqu'au surplus votre retour scit ttrez le comble à la félicité de votre dé.
ardemment désiré par votre fidèle ser-voué tils.
viteur.

Réporise du Père.
Réponse du Négociant à son Commis.

MON CHER FILS,Le contentemeut MONSIEUR,- Vous avez conjecturé où vous êtes de votre maître et de votre juste; des événemens inattendus ont profession ni'a causé le plus grand plaj. retardé mon départ d'ici: mais je suis sir, et je pense qu'il est de mon devoir convaincu de votre fidélité et de votre de vous recommander l'industrie, et la vigilance. Je suis, grâces à Dicu, en sobriété 'comme les deux qualités les bonne santé, et j'espère me mettre bien plus essentielles à un homuie qui s'atôt en route pour revenir en ville. donne aux affaires. Prenez bien garde Volre, &c.

à la compagnie que vous fréquenterez,

car les mauvaises connaissances coD'un Négociant à un autre pour prendre rrompent les bonnes mæurs. Ayez suin

des Informations sur un Commis. aussi de mettre de l'économie dans vos Monsieur,,Mr. L. m'a fait la de- je veux bien vous donner. J'espere

dépenses, et ne dissipez pas l'argent que mande d'une place qui se trouve vacante dans ma maison. Il me paraît honnête; tiles ; et si vous avez jamais besoin de

que ces petits avis ne seront pas inu. mais l'apparence n'étant pas une caution conseils, ne manquez pas d'écrire à vos suffisante, je prends la liberté de vous

tre affectionné père. demander franchement votre opinion sur sa probité et sur ses talens. Il n'a

Pour entrer en Correspondance. dit avoir été employé quelque temps dans votre maison, et je désirerais sa- Mr. A-, à Londres, voir particulièrement pourquoi vous d Philadelphie, le 13 Juin, 181 vous êtes quittés. Comme il doit venir MONSIEUR,-Llonneur que j'ai de la semaine prochaine, si vous me faites connaitre votre maison, dont la répntaréponse avant ce tomps vous obligerez tion est répandue, et se soutient avec intiriment votre très-humble serviteur. éclat parmi tout ce que nous avons de

végocians dans cette ville, m'a toujours Réponse.

fait désirer de rencontrer une occasion MONSIEUR,- La personne dont vous

favorable d'entrer en liaison avec vous, me parlez dans votre jeutre est réelle. C'est donc avec un vrai plaisir que je ment digne et de votre confiance et de saisis anjourd'hui celle qui se presente votre bienveillance. Il travaillait sous

de vous assurer de mon estime. Je me moi lorsque j't tuis associé avec Mr. F.; Hatte de pouvoir mériter la vôtre, er que mais cette société dissonte, j'ai été o- lorsque vous aurez vu ma façon de cobligé de réformer plusieurs commis, pour

à l'entretien d'une correspondance qui de cette séparation. Je suis votre très-hun ble serviteur.

avantageuse. En attendant, permettez

moi de vous adresser ure partie de ris, D'un Apprenti à son Fère.

de cotion, et de potasse, que j'ai des ein

d'envoyer dans votre ville pour y étre MON CHER PÅRE, -Persuadé de la vendus pour mon compte.

Persuadé grande satisfaction que vous éprouverez de l'équité de vos sentimens, et de la en apprenant combien je me plais dans justesse de votre discernement, en fast mon apprentissage, je saisis cette pre- de marchandises, j'ose vous prier de Le mière occasion pour vous écrire. Non dire ce que vous pensez de celles-ci, et waitie est d'un caractère intiniment es-' si vous croyez les circopstances et le

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