Poésies de Benserade

Couverture
Librairie des bibliophiles, 1875 - 214 pages
 

Autres éditions - Tout afficher

Expressions et termes fréquents

Fréquemment cités

Page xxi - A LA fontaine où l'on puise cette eau, •**• Qui fait rimer et Racine et Boileau, Je ne bois point ou bien je ne bois guère. Dans un besoin si j'en avais affaire, J'en boirais moins que ne fait un moineau. Je tirerai pourtant de mon cerveau Plus aisément, s'il le faut, un rondeau, Que je n'avale un plein verre d'eau claire A la fontaine. De ces rondeaux un livre tout nouveau A bien des gens n'a pas...
Page 107 - Job de mille tourments atteint, Vous rendra sa douleur connue, Et raisonnablement il craint Que vous n'en soyez point émue. Vous verrez sa misère nue ; II s'est lui-même ici dépeint ; Accoutumez-vous à la vue D'un homme qui souffre et se plaint. Bien qu'il eût d'extrêmes souffrances. On voit aller des patiences Plus loin que la sienne n'alla. Il souffrit des maux incroyables, II s'en plaignit, il en parla : J'en connais de plus misérables.
Page xxii - J'en boirais moins que ne fait un moineau. Je tirerai pourtant de mon cerveau Plus aisément, s'il le faut, un rondeau, Que je n'avale un plein verre d'eau claire A la fontaine. De ces rondeaux un livre tout nouveau A bien des gens n'a pas eu l'art de plaire ; Mais, quant à moi, j'en trouve tout fort beau, Papier, dorure, images, caractère, Hormis les vers qu'il fallait laisser faire A La Fontaine.
Page 110 - L'Herty, le roi des gens qu'on lie. En son temps aurait dit cela. Ne poussez pas votre folie Plus loin que la sienne n'alla. Alors l'ombre vous quittera Pour aller voir tous vos semblables. Et puis chaque Job vous dira S'il souffrit des maux incroyables. Mais à propos...
Page 48 - Ou du moins connoître leurs charmes. Et toi dont j'ai dépeint l'ardeur, Aimable et divine Amarante, Si ton âme n'en est contente, II faut en blâmer ma froideur. Si ce qui te rend insensée Pouvoit échauffer ma pensée, J'y travaillerais plus d'un jour.
Page 4 - Bouche qu'on ne saurait décrire, Bouche d'un tour si gracieux; Bouche que tout le monde admire, Bouche qui n'est que pour les Dieux, Bouche qui dit ce qu'il faut dire, Bouche qui dit moins que les yeux; Bouche d'une si douce haleine, Bouche de perles toute pleine, Bouche enfin, sans tant biaiser, Bouche, la merveille des bouches, Bouche à donner de l'âme aux souches, Bouche, le dirai-je ? à baiser.
Page 108 - Monsieur Esprit, de l'Oratoire Vous agissez en homme saint De couronner avecque gloire Job de mille tourments atteint. L'ombre de Voiture en fait bruit, Et, s'étant enfin résolue De vous aller voir cette nuit, Vous rendra sa douleur connue. C'est une assez fâcheuse vue, La nuit, qu'une Ombre qui se plaint ; Votre esprit craint cette venue Et raisonnablement il craint. Pour l'apaiser...
Page 117 - Peut-être, en vous parlant d'un feu Dont l'ardeur vous touche si peu. Je vous ai ramené quelque image effacée; Et, par mon innocent et funeste entretien, Un autre tourment que le mien Vous est tombé dans la pensée. Peut-être, quand mon œil ardent Vous...
Page 48 - Puisqu'il ne les sçait pas entendre. Jeune ' et capricieux enfant, Que tu te vas donner de blâme ! Pour avoir pu vaincre une femme, Crois-tu te voir plus triomphant? Non, non, et par cette injustice Tu montres bien que ta malice Est jointe avec peu de pouvoir. Si la force suivoit tes armes, Tyrcis pourroit s'en émouvoir, Ou du moins connoître leurs charmes. Et toi dont j'ai dépeint l'ardeur, Aimable et divine Amarante, Si ton âme n'en est contente, II faut en blâmer ma froideur.
Page 50 - J'y travaillerois plus d'un jour; Mais je suis exempte de blâme, Puisqu'il faut avoir de l'amour Pour mieux discourir de ta llàmc. Réponse aux vers précédens, par Monsieur de Benserade. ce trait d'un esprit adroit comme le vôtre Est délicat et doux, Et que vous feignez bien de parler pour un autre, Quand vous parlez pour vous ! Que vos vers sont ardens, que leur pompe est brillante, Et qu'ils sont radoucis! II n'en faut point douter, vous êtes l'Amarante, Et je suis le Thyrsis.

Informations bibliographiques