Images de page
PDF

avons ac’compli notre révolution sans verser une goutte de sang; nous avons réédifié sans que l’écroulement de la destruction se fit entendre; nous avons aboli la souveraineté des papes après tant de siècles de douleurs, non par haine de la papauté, mais par amour pour la patrie. Quand ' un peuple a su mener à fin une révolution avec une moralité aussi remarquable dans son but que dans les moyens employés, il a montré qu’il était digne non de servir la papauté, mais de se gouverner lui—même. Il a prouvé qu’il était digne de se constituer en république, digne par conséquent de faire partie de la grande famille des nations et d’obtenir votre amitié et votre estime. « Pour l’Assemblée constituante :

« Signé GALETTI, président; FILOPANTI, FABRETTI, PENNACHI, ZAMBIANCHI , secrétaires. »

Cette emphatique adresse, l’œuvre d’un député nommé C. Agostini, fut votée à l’unanimité par l’Assemblée constituante. Elle respire à chaque ligne le mensonge, l’ignorance et la mauvaise foi. En effet, l’auteur de ce document efface d’un trait de plume les huit premiers siècles de l’ère chrétienne et il ment à l’histoire en perpétuant la grandeur du peuple romain jusqu’au huitième siècle ou quatre cents ans après les Olybrius, Glycerius, Julius Nepos et Romulus Augustulus.

D’un autre côté, l’auteur outrage les peuples dont il mendie les sympathies; il les insulte en leur rappelant une époque de domination dont ils se sont vengés avec le fer, avec le feu et qui, sans l’ascendant des pohtifes romains, auraient fait subir à Rome vaincue, le sort de Babylone. Il attribue les douleurs et la décadenèe des Romains à la papauté, et il doit savoir Cependañt que, Sans un pape, sans Léon-le—Grand, Rome ne serait plus aujourd’hui peut-être qu’un monceau de ruines et de cendres.

Enfin, il en impose à la vérité en disant que la révolution romaine s’est accomplie sans violehbe, sans une seule goutte de Sang. L’Europe entière sait que les fondations de la révolution Mazzinienne reposent sur : I

1° Le pârjure des ähinistiëä du 16 juin 1846; 2° Le meurtre de l’abbé Xirfie’ñès;

3° Le cadavre lhi ministre Rôssi;

4° Les' violences et les excès‘ du 16 novembre; 5° Le siège du Q’uiriñäl;

6° Le sang de massagaear puma:

7° La déchéance de là ÿäp’r‘âütë.

8° La proclamation de la réiiülili'q‘ue.

9° Les emprunts fb‘rtzës en numéraire.

'10“ L’émission d’iih‘ papier inonha‘ie constituant une dette énorme. " l'

1 i" Les vols organisés eii grähddans les églises. 12" Le pillage dans les maisons religieuses, etc. 1 Quoiqu’il en soit, l’adresse de la république ro-' maineà tous les peuples n’bbtint Pour réponse que . le silence du mépris. ', Sûr ces entrefaites, iiii homme , dont le nom seul signifie malheur pour l’Italie, arïiÿäil' à pour remplir son mandat de député. C’était lVläz’-’

- 2’.ini. Le 6 mars il fit son entrée triomphale ‘daii:i ’ l’Assemblée. A son apparition tous les députés se

levèrent , et la foule qui èi1cdiñbi‘àii les tribühés, clama vive Mazzinil Le président ié fit asseoir immédiatement auprès de_ lui; alors prenant la tsàrole, le chef de la jeune Iialiè prononça ün disCOurs déni voici l’analyse : , ,

È< Si j’ai fait quelque bièii, c’est Roiiie qiii in’eii a inspiré. l’idée. Lorsque toiit petit enfant '(gio’vinettd) je lisais les annales de l’Itàlie,‘ j’admirais’ d’abord la Rome des Césars, qui a conquis le monde’ pas la’; i’oi‘èê de’s’ arrhes , puis la Ëoin’è des papes qui a conquis’a son tour le moiidé par 15 i‘or’ce de l’idée. Il me semble qu'ü_né ville, qui 3 i‘éiiiii deux si grandes des’tiii‘éeS, a eu ses deti5i ép0qiie's itiiihérñbräblèè peiidani que tous les autrès peuples s’éélipsaient pour ne plus repäiaît’r‘eâ il me semble, diS-jë‘, que cette vfllé doit avoir ëñ— core une trdiSièinè époque, uiië troisième d’esti— née. Sàlüt donc à la Roulé du Peuple succédant ii la home des Ëésars’, 5. la Rôiiié des papes. »

Le terrain était déblayé pour recevqir révolutionnairement cet hypocrite tribun qui, ce jour là, jetant le masque, dit à la foule stipendiée et pres— sée sur son passage : ,

Y « Nous avons jusqu’à présent traversé une époque de mensonge durant laquelle les uns criaient viva à celui pour lequel ils n’avaient aucune sympathie et_ parce qu’ils croyaient pouvoir s’en servir. Une époque de dissimulation pendant laquelle les autres cachaient leurs desseins parce qu’ils pensaient que l’heure de les révéler n’était pas encore venue. »

Toute l’histoire de Pie IX ne se trouve—belle pas dans cet incroyable aveu? Et cet aveu de mensonge et de dissimulation tombé de la bouche du chef des sociétés secrètes en Italie , n’est—il pas toute l’histoire de la révolution de Rome ?

Mazzini, Génois d’origine, avocat par profession, poète par instinct, est doué, on ne saurait le nier, d’une vaste intelligence, d’une intelligence fécondée par l’inspiration du mal, celle des anges déchus. Le plus grand ennemi de l’Italie, le cé4 lèbre abbé de Gioberti l’a nommé, c’est Mazzini. Nous avons cité quelques-uns de ses écrits; tous ses actes y répondent; chez lui, le fait cadre avec la théorie. Changeant de nom aussi bien que de visage, il se sert indistinctement de la croix, de la torche et du poignard. La parole, sur ses lèvres, ressemble au fruit du mancenillier; elle charme, mais elle empoisonne. Comme l’oiseau des sinistres présages, sa présence est un signe de malheur. Chacun de ses pas soulève une ruine. Chacune de ses paroles souffle une tempête; son cœur est un volcan révolutionnaire; son regard est une lave démagogique. Pour lui l’humanité n’est rien, l’idée est tout: périsse l’humanité toute entière pourvu que l’idée triomphe et vive! Pour toucher au but,_il l’a dit, tous les moyens sont bons, le succès est comme le feu, il épure.

Mamiani voulait arriver à l’unité par le catholicisme et la monarchie, Mazzini coupa cette voie qui seule était la bonne. Au lieu de faire un appel loyal et direct aux sentiments catholiques et monarChiques, il dissimula l’un et nia l’autre. La négation est une route qui n’aboutit à rien.

La religion des sociétés secrètes, les mystères, de l’illumisme sont bons quand on veut détruire, car les démolisseurs s’adressent aux passions mauvaises des hommes qui ont perdu le sentiment de la foi; mais avec de semblables instruments ou abat, on nivelle, on n’édifie pas.

A la vérité, Mazzini admet bien un Dieu, mais ainsi que Mamiani voulait faire du pape, il le re— lègue dans la sphère du dogme unique et sans fruit; puis rendant l’humanité interprète, non

« PrécédentContinuer »