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giilière les palais qui avaient servi de casernes à leurs ennemis. L’histoire dira que leur respect pour la propriété, pour les mœurs et pour les usages d’un pays conquis fut égal à leur patience dans les outrages du fanatisme, et à leur géné— rosité; l’histoire dira que pas une de ces vertus,

plus rares au cœur d’un sOldat que le courage.

même, n’a fait défaut à l’armée française maîtresse de Rome.

Par une tactique familière au parti révolutionnaire, une propagande active s’était glissée dans les rangs de notre armée; elle avait répandu à profusion des manifestes faisant appel à l’insubordination et à la révolte, des séductions de toute nature avaient offert des primes à la trahison. Vains effortsl l’armée n’a pas eu à rougir d’un seul transfuge. Dans ses mains glorieuses le dra— peau de la patrie est resté pur et sans tache.

Dans la situation fatale que les tourmentés politiques nous ont faite, dans ces temps de malheur où les intérêts de l’individualisme dominent la noblesse des caractères, où les institutions perdent leur stabilité, où toutes les notions du bien sont perverties, où la barbarie démagogique menace d’emporter la civilisation, nos soldats, hauts et debout dans leur vertu, ont opposé leurs vaillantes épées aux flots révolutionnaires, ils ont montré qu’ils étaient les dignes fils de cette race, trempée d’acier, que Jules César admirait, et qui signait dans son histoire, avec le glaive, les pages de Tel, biac, de, Bouvines, d’Ascalon, de Nerwinde, de Fontenoy et d’Au3terlitz. Quand tant de Peuples ont dégénéré, les soldats de la France ont conservé intact le dépôt de l’honneur et du dévouement; ils ont prouvé que l’activité humaine réglée par la dia— cipline et inspirée parle devoir, pouvait encore en

fanter des prodiges. Avec de tels soldats, la France a.pu naguère entreprendre la conquête du monde :

par eux, de nos jours, la France sauvera la civili

sation.

CONCLUSION.

On a vu dans le Cours de cette histoire comment les affiliés des sociétés secrètes, profitant des I‘é-YO* lutions qui remuaieut l’Europe jusque dans ses entrailles, combattirent le souverain Pontife qu’ils

’ avaient abreuvé d’encens, et écrasé sous le poids des Couronnes. La grande ligue formée pourl’indépendance italienne n’avait été, pour eux, qu’un . moyen, dont le dernier mot devait être la ruine de la papauté et l’anéantissement des monarchies.

. Il est démontré aujourd’hui que la guerre avait moins pour but l’affranchissement du sol. italien que la destrucli_0n de l’ordre social établi en,,E_urope. Croyant arriver plus rapidement à,lçur fin,

par la précipitation, les éternels ennemis de la

société n’eurent pas la patience d’attendre que les princes italiens eussent affranchi le territoire de _ la patrie. C’est ainsi, que dans le même moment où ils pressaient le Saint Père d’accélérer, par son influence morale, l’heure de la délivrance, ils manœuvraient contre le Saint-Siège, en se faisant les auxiliaires du protestantisme anglais, ou du ratio— nalisme allemand. C’est ainsi, qu’au moment où (harles-Albert, ceignant l’épée del’Italie, exposait sur les champs de bataille sa couronne, sa vie, et des trésors amassés par une sage et lente économie, ils fomentaient en Piémont les idées républicaines.

On a vu comment le roi des Denx-Siciles, attaqué par les révolutionnaires alors qu’il venait de lancer ses soldats aux champs où se débattait la cause de l’indépendance, sut maîtriser l’insurrec— tion et se soustraire aux fatales exigences de l’esprit démagogique. On a vu les prétendus patriotes refusant les offres honorables del’Autriche ébranlée, mais non vaincue. On les a vus assassiner lâchement un homme destiné peut-être par la Providence à devenir un grand ministre, puis forcer la majesté de la tiare à chercher un asile sur la terre étrangère. On a vu les ducs de Parme et de Modène emportés par la tourmente révolutionnaire loin de leurs peuples entraînés eux—mêmes dans les voies dela sédition. On avu le grand-duc de Toscane, le père plutôt que le souverain de ses sujets, contraint d’abandonner un pays qu’il avait élevé au plus haut point de la prospérité maté— rielle. Enfin, on avu Charles-Albert lui—même ter— miner, sur le sol portugais, une vie dont le seul tort fut d’avoir écouté les conseils perfides qui ont consommé sa perte. Le triomphe des révolutionnaires a été complet en Italie jusqu’au jour où Dieu, qui a dit aux flots de la mer : Vous n’irez pas plus loin, eut mis une digue aux flots de la démagogie.

Dieu, qui se dérobe à nos regards, mais que nous reconnaissons incessamment à ses actes, a, depuis le commencement des choses créées, accordé sa protection manifeste à deux grands peuples : la nation juive et la nation romaine.

Le premier, repoussant de son sein les erreurs du polythéisme et de l’idolâtrie, devait répandre, sur la surface de la terre, la connaissance du seul et vrai Dieu. C’est à ce peuple privilégié que Dieu, confiant les oracles divins, accorda le Verbe éternel, et permit de donner, selon la chair, le jour au Sauveur du monde.

Le second, donnant, dès sa naissance comme nation, le nom de Capitole au centre alors sifaible de sa domination, sentait déjà la grandeur de ses destinées futures; il .s’en faisait, pour ainsi dire, le prophète. Ce peuple devait conquérir le monde,

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