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ses représentations ; mais il n'y eut point égard , et lui ordonna d'accepter. Il partit pour son diocèse immédiatement après son sacre. Il eut la douleur de voir qu'on n'y approchait presque plus des sacremens, qu'on y négligeait les pratiques de piété, que la corruption s'était introduite jusque dans le sanctuaire. Pour remédier à ces abus, il employa tous les moyens que peut suggérer un zèle éclairé; mais parmi ces moyens , il n'y en eut point de plus

: efficace que son exemple. Sa ferveur , sa modestie, son affabilité, sa douceur, son amour pour la simplicité, la rigueur et la continuité de sa pénitence , ses aumônes, lui méritèrent la vénération et la confiance de tous les diocésains.

Pie V l'ayant nommé cardinal , il fut obligé de venir à Rome. Une maladie dont il fut attaqué le retint quelque temps dans cette ville. Après le rétablissement de sa santé, il retourna à Plaisance, où il établit les clercs réguliers de sa congregation, La maladie de Pie V le rappela à Rome. Il assista au conclave où Grégoire XIII fut élu. Ce Pape le consultant sur la manière de bien gouverner l'Eglise, il lui répondit qu'il fallait sur-tout obliger les évêques à la résidence. Il repartit pour son diocèse, lorsque sa présence ne fut plus nécessaire à Rome. Il assista au troisième concile provincial de saint Charles Borromée, et appuya de son suffrage les sages réglemens qui y furent faits. Il fit à Plaisance divers établissemens ; il y fonda entre autres deux maisons, l'une pour les orphelines, et l'autre pour les filles ou femmes pénitentes. Il tint deux synodes, où il publia des réglemens qui seront un monument éternel de son zèle pour la discipline ecclésiastique.

Grégoire XIII le transféra du siège de Plaisance à celui de Naples, malgré tout ce qu'il put alléguer pour empêcher cette translation. Il fut reçu dans cette dernière ville avec les plus grandes démonstrations de joie. Il travailla , comme il avait fait à Plaisance, à réformer les abus qui avaient

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pu se glisser dans son nouveau diocèse. La conversion des juifs, des hérétiques et des esclaves mahometans , devint un des principaux objets de sa sollicitude.

Cependant sa santé s'affaiblissait de jour en jour. On l'obligea d'aller prendre l'air à la campagne. Malheureusement il y fit une chute, et se cassa la cuisse. On fut obligé de le rapporter à Naples. La fièvre se joignit aux douleurs

que

lui causaient la fracture de sa cuisse et une toux continuelle. Son état devint bientôt dangereux. Il se soumit à la volonté de Dieu avec une parfaite résignation; puis, après avoir fait son testament, il reçut les derniers sacremens, et se prépara avec un redoublement de ferveur au passage de l'éternité. Il mourut le 17 Juin 1578, à l'âge d'environ soixante-sept ans. Il fut enterré comme il l'avait demandé, dans le cimetière commun des Théatins de saint Paul de Naples. On peut juger de ses vertus par l'estime singulière qu'eurent pour lui le saint Pape Pie V, saint Charles Borromée , saint Philippe de Néri, saint André Avellin, le B. Marinon. Il fut béatifié le 13 Mai 1772. Les Théatins font sa fête le 17 Juin.

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Voyez sa vie par le P. De Tracy, avec celle de saint Gaëtan, de saint André Avellin, etc. Paris, 1774 , in-12.

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+ S. RAMUOLD, ABBÉ DE S.' EMMÉRAN, A RATISBONNE.

L'AN 1001.

Ramuolo naquit en 901, en Franconie, d'une famille allemande de chevaliers , et s'adonna déjà de bonne heure à l'étude des sciences sacrées. Etant encore jeune il se rendit à Trèves, où il fit de grands progrès dans les lettres et dans la théologie, à ce qu'on croit sous les archevêques Rutger et Rothbert ou Rupert. On prétend que sous Henri , qui occupa le siége archiepiscopal de Trèves depuis 956 jusqu'en 964, il fit connaissance avec S. Wolfgang. Il paraît que notre Saint est entré en 930 au couvent de S. Maximin (1), et qu'il s'y acquit un grand nom par ses humbles efforts pour atteindre à la piété.

Lorsque S. Wolfgang, qui se trouvait alors au couvent de sainte Marie-l'Hermitage en Suisse, fut nommé en 962 évêque de Ratisbonne, quoiqu'il ne fût sacré qu'en 975, il voulut se démettre de sa place d'abbé de S. Emméran, qui était attachée à la dignité d'évêque; il la conféra à S. Ramuold de Saint-Maximin. Ceci n'arriva probablement pas ayant l'année 975. A cette époque, l'abbaye de saint Emméran avait besoin d'un supérieur zélé et intelligent, qualités que possédait Ramuold et qui portèrent par ses soins de riches fruits de piété. Il joignait à l'affabilité la plus prévenante une sollicitude sans bornes pour les pauvres et les malades, pour lesquels il fonda deux maisons, où il les faisait soigner par des hommes pleins de douceur et de charité. Lui-même, il s'y acquittait souvent des services les plus bas.

Ramuold, comme tous les Saints, rencontra plus d'un obstacle dans la carrière de sa vie. Il fut privé pendant deux ans de la vue , et, après la mort de son ami Wolfgang , il tomba en disgrâce auprès de l'Empereur. Il supporta ce double malheur avec une résignation évangélique et rendit grâces à Dieu , tant pour l'épreuve à laquelle il l'avait soumis que pour la lumière qu'il lui rendit en même temps que la faveur du prince.

Si on ne s'est pas trompé sur la date de la naissance de S. Ramuold , il atteignit un âge très - avancé; car ce

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(1) Et non Maximilien, comme il est dit dans la Legende der Heiligen in Baiern , p. 189.

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ne fut qu'en 1001 qu'il reçut la couronne céleste. Un tombeau qu'il s'était fait faire quinze ans avant sa mort, reçut sa dépouille mortelle. S. Henri , qui fut dans la suite Empereur, assista à ses funérailles.

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Voyez dans Rader , Bavaria Sancta , t. II et les Bollandistes , Juin , t. III, p. 114, la vie du saint écrite par Arnolf, moine de S. Emméran, et les savantes notes de Papebroch.

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+ LA B. EUPHÉMIE, ABBESSE D'ALTOMUNSTER ,

EN BAVIÈRE.

L'AN 1180.

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EUPHÉMIE eut pour père Berthold d’Andechs, pour mère Sophie et pour sour Ste. Mechtilde de Diessen. Méprisant, selon l'esprit de l'Evangile, les brillans honneurs qui l'attendaient dans le monde, elle ambitionnait des biens plus précieux et plus durables et ne connaissait d'autre désir que d'imiter son Sauveur. Aspirant au plus haut degré de perfection, elle se fit recevoir dans le couvent d'Altomunster de l'ordre de S. Benoît , situé entre Munich et Augsbourg, et s'y conduisit en digne seur de Ste. Mechtilde, qui édifiait alors par ses vertus les couvens de Diessen et d’Edelstetten. Euphémie s'éleva en peu de temps à la sainteté la plus parfaite ,, et lorsque l'abbesse mourut , elle fut unanimement élue par ses sæurs pour lui succéder. Elle occupa cette place avec dignité et humilité, et se montra en tout comme un modèle de mortification et de charité chrétienne. Le Seigneur récompensa ses vertus et la reçut le 17 Juin 1180 dans le sein de sa gloire. Elle fut enterrée à côté de Ste. Mechtilde, à Diessen, parce que c'était un couvent fondé par sa famille. Quand

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on parle d'Euphémie, on lui donne toujours le titre de Bienheureuse ou de Sainte.

Voyez Rader, Bavar. Sanct., t. II, p. 209; André Brunner. Annal. Bojor., part. III, 1. 14, n° 9; Henschénius , t. III, Junii, p. 470. La vie d'Euphémie ne paraît pas avoir été écrite. André Brunner dit : « Res illius scriptorem nactæ non sunt, vel temporum vitio intercidêre. »

FIN DU TOME HUITIÈME.

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