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• vos mains de cendre, et que Moyse la jette vers le ciel en pré<< sence de Pharaon; et il s'en formera une poussière qui se répandra « sur toute l'Egypte; elle fera naître des enflures brûlantes et des a ulcères sur les hommes et sur les bêtes, dans tout le pays. Ils pria rent donc de la cendre du foyer, se présentèrent devant Pharaon, . et Moyse la jeta vers le ciel. Aussitôt il se forma des enflures et « des ulcères sur les hommes et les bétes de toute 1 Egypte. Les magiciens eux-mêmes ne pouvaient se tenir devant Moyse, à «< cause des plaies qui leur étaient venues. Mais l'Éternel endurcit « le cœur de Pharaon, de sorte qu'il n'écouta point Moyse (1.

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610. Continuons. « Le Seigneur dit à Moyse: Lève-toi dès le point du jour, présente-toi devant Pharaon, et dis-lui: Ainsi parle Jéhova, le Dieu des Hébreux: Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve; car cette fois j'enverrai toutes mes plaies en ton « cœur, et sur tes serviteurs et sur ton peuple, afin que tu saches « que nul n'est semblable à moi dans toute la terre. Opprimeras-tu « encore mon peuple de manière à ne pas le laisser aller? Voici que « demain, à cette heure. je ferai pleuvoir une grèle si horrible, qu'il n'y en a pas eu de semblable en Égypte depuis qu'elle a «< commencé d'être habitée jusqu'à ce jour. Maintenant donc en« voie et rassemble ton bétail, et tout ce qui t'appartient dans les champs; car la grèle tombera sur les hommes et sur les animaux qui se trouveront dans la campagne, et ils mourront. Le lendemain, Moyse étendit sa verge vers le ciel, et le Seigneur fit entendre le tonnerre, et des feux se répandirent de toutes parts, tandis que la grèle tombait sur la terre des Egyptiens. Le feu était mêlé avec la grêle, qui était d'une telle grosseur qu'on n'en avait jamais vu de semblable dans toute l'Égypte, depuis l'établissement de son peuple. Elle frappa tout ce qui était dans les champs, depuis les hommes jusqu'aux animaux et aux plantes; elle brisa même les arbres. Ce ne fut qu'au pays de Gessen, où « étaient les enfants d'Israël, que cette grele ne tomba point. A la « demande de Pharaon, Moyse pria le Seigneur: les tonnerres et « la grèle cessèrent; il ne tomba plus une goutte d'eau sur la <«< terre. Pharaon, voyant que la pluie, la grèle et le tonnerre avaient cessé, aggrava son péché, endurcit son cœur, et ne laissa point aller les enfants d'Israël (2). »

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(1) Tuleruntque cincrem de camino, et sleterunt coram Pharaone, et sparsit illum Moyses in cœlum; factaque sunt ulcera vesicarum turgentium in hominibus et jumentis: nec poterant malefici stare coram Moyse propter ulcera quas in illis erant, et in omni terra Ægypli. 1b., c. 8, etc.-- (2) Ibid., c. 1x, v. 13, etc.

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611. D'après l'ordre du Seigneur, Moyse et Aaron allèrent trouver Pharaon, et lui dirent : « Voici ce que dit le Seigneur le Dieu des Hébreux : Jusqu'à quand refuseras-tu de t'humilier devant « moi? Laisse aller mon peuple, afin qu'il me rende le culte qui « m'est dû. Que si tu refuses de le laisser aller, je ferai venir « demain des sauterelles dans ton pays; elles couvriront la sur« face de la terre, tellement qu'on ne pourra la voir; elles consom« meront ce qui est resté de la grêle; elles rongeront les arbres qui « sont dans les champs; elles rempliront tes maisons, les maisons « de tes serviteurs et celles de tous les Égyptiens et jamais ni tes pères ni tes aïeux n'en auront vu de semblables, depuis le temps qu'ils auront été sur la terre jusqu'à ce jour. Pharaon hésite, et « ne se rend pas. Alors Moyse étendit sa verge sur la terre d'Égypte, et le Seigneur fit souffler un vent brûlant tout le jour et « toute la nuit. Le matin on vit paraître les sauterelles, qui se répandirent dans toute l'Egypte, couvrirent la face de la terre, dé« vorèrent toute l'herbe des champs et tout ce que la grêle avait « laissé de fruit sur les arbres, tellement qu'il n'y resta rien de « vert, ni sur les arbres, ni dans les champs des Egyptiens (1). Aussi, Pharaon appela Moyse et Aaron, et leur dit : J'ai péché «< contre le Seigneur votre Dieu et contre vous; pardonnez-moi « mon péché encore une fois, et priez le Seigneur votre Dieu, pour qu'il éloigne de moi cette mort. Moyse pria le Seigneur; et le Seigneur fit souffler un vent très-fort de l'occident, qui enleva les << sauterelles et les jeta dans la mer Rouge, de sorte qu'il n'en de« meura pas une dans toute l'étendue de l'Égypte. Mais Pharaon « s'endurcit de plus en plus, et ne laissa point partir les enfants d'Israël (2).

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612. « Le Seigneur dit à Moyse: Étends ta main vers le ciel, et qu'il se forme sur la terre de l'Egypte des ténèbres si épaisses qu'elles soient palpables. Moyse étendit ses mains vers le ciel, et des ténebres horribles couvrirent toute la terre de l'Egypte durant trois « jours. Nul ne voyait son frère, nul ne pouvait quitter le lieu où «< il était; mais la lumière éclairait les enfants d'Israël dans tous les « lieux de leur demeure (3) ». Pharaon: consent à laisser partir les Hébreux; mais il ne leur permet pas d'emmener leurs troupeaux.

(1) Et extendit Moyses virgam super terram Ægypti; et Dominus induxit ventem urentem tota die illa et nocte et, mane facto, ventus urens levavit locustas. Quæ ascenderunt super universam superficiem terræ, vastantes omnia. Ibidem, c. x, v. 3, etc. —(2) Ibidem. — (3) Dixit autem Dominus ad Moysen · Extende manum tuam in colum; et sint tenebræ super terram Egypti, tam

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613. Moyse ajouta : « Voici ce que dit le Seigneur: Vers le milieu de la nuit je parcourrai l'Égypte, et tout premier-né mourra « en la terre des Égyptiens, depuis le premier-né de Pharaon, qui est assis sur le trône, jusqu'au premier-né de la servante qui fait tourner la meule, et jusqu'aux premiers-nés des ani« maux. Un grand cri s'élèvera dans toute la terre d'Égypte, tel qu'il n'y en eut pas auparavant et qu'il n'y en aura pas à l'ave«nir. Mais, parmi les enfants d'Israël, tout, depuis les hommes jusqu'aux bétes, sera si tranquille qu'on n'entendra pas seule«ment gronder un chien; afin que vous sachiez quelle différence le Seigneur met entre les Égyptiens et Israël (1) ». Ce qui avait été prédit artiva : « Au milieu de la nuit le Seigneur frappa tous « les premiers-nés du pays d'Égypte, depuis le premier-né de « Pharaon qui était assis sur son trône, jusqu'au premier-né de la captive qui était en prison, ainsi que tous les premiers-nés des animaux. Pharaon appela Moyse et Aaron la nuit même, et dit : • Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les en«fants d'Israël : allez, sacrifiez au Seigneur, selon votre parole. « Prenez aussi vos brebis et vos grands troupeaux, comme vous « avez dit. Partez; mais en même temps bénissez-moi (2). »

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614. Les enfants d'Israël partirent donc, étant environ six cent mille hommes de pied, sans compter ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants : ce nombre ne comprend que les hommes, de vingt à soixante ans, en état de porter les armes. En multipliant ces six cent mille combattants par cinq, pour avoir la population entière, on aura environ trois millions. Les Hébreux ne sortirent pas seuls; ils étaient suivis d'un grand nombre d'Égyptiens et d'autres étrangers qui, frappés des merveilles du TrèsHaut, s'étaient attachés au peuple de Dieu vulgus promiscuum innumerabile adscendit cum eis (3). Le Seigneur marchait devant eux, paraissant, le jour, dans une colonne de nuée, pour leur montrer le chemin, et, la nuit, dans une colonne de feu, pour

densæ ut palpari quæant. Extenditque Moyses manum in cœlum; et factæ sunt tenebræ horribiles in universa terra Egypti tribus diebus. Nemo vidit fratron suum, nec movit de loco in quo erat: ubicumque autem habitabant filii Isra, lux erat. Ibid., v. 21, elc · (1) Exode, c. xi, v. 4, etc. - (2) Factum est au tem in noctis medio, percussit Dominus omne primogenitum in terra Ægypti, a primogenito Pharaonis, qui in solio ejus sedebat, usque ad primogenitum cap. tivæ quæ erat in carcere, et omne primogenitum jumentorum. Surrexitque Pharao nocte, et omnes servi ejus, cunctaque Ægyptus: et ortus est clamor magnus in Egypto; neque enim erat domus in qua non jaceret mortuus. Ibidem, c. x1:, v. 29, etc. (3) Ibid., v: 37 et 38.

les éclairer, afin qu'ils pussent marcher le jour et la nuit. Ni la colonne de nuée, durant le jour, ni la colonne de feu, durant la nuit, ne disparut jamais devant le peuple (1). Cependant, ainsi que le Seigneur l'avait annoncé, Pharaon se repentit d'avoir laissé partir les Hebreux; il se mit donc à leur poursuite avec son armée. Les enfants d'Israël furent dans l'effroi. Alors le Seigneur dit à Moyse: « Dis aux enfants d'Israël qu'ils marchent. Et toi, élève ta verge, et étends ta main sur la mer, et partage-la, afin que les enfants d'Israël s'avancent au milieu de la mer à pied «< sec. Et moi j'endurcirai le cœur des Égyptiens, et ils entreront après vous, et je serai glorifié en Pharaon et en toute son ar« mée, et en ses chars et en sa cavalerie. Et les Egyptiens sau«<ront que c'est moi qui suis le Seigneur (2). En même temps

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l'ange de Dieu qui marchait devant le camp des Israélites s'en « alla derrière eux, et, avec lui, la colonne de nuée qui était de« vant se plaça aussi derrière, entre le camp des Égyptiens et le «< camp d'Israël. Cette nuée était ténébreuse pour les premiers, « éclairait la nuit pour les seconds, de manière qu'ils ne purent « s'approcher les uns des autres toute la nuit (3).

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615. Moyse ayant étendu sa main sur la mer, le Seigneur l'entr'ouvrit par un vent brûlant et impétueux qui souffla toute << la nuit; il la mit à sec, et les eaux furent divisées. Les enfants d'Israël marchèrent à sec au milieu de la mer; et les eaux étaient «< comme un mur à droite et à gauche. Les Égyptiens les pour• suivirent et marchèrent après eux au milieu de la mer, avec « tous les chevaux de Pharaon, ses chariots et sa cavalerie. C'était « la veille du matin, lorsque le Seigneur, du milieu de la colonne ⚫ de feu et de nuée, lança un regard sur le camp des Égyptiens, et « le jeta dans la confusion par des foudres et des éclairs, embar<< rassa les roues des chars, en sorte qu'elles allaient avec peine. « Les Égyptiens se dirent donc : Fuyons devant Israël, car le Seigneur combat pour eux contre nous. Mais le Seigneur dit à Moyse: Étends ta main sur la mer, afin que les eaux retournent « sur les Égyptiens, sur leurs chars, et sur leur cavalerie. Et Moyse étendit la main sur la mer, et la mer retourna vers le matin en son lieu, et les Egyptiens fuyaient devant elle, et le Seigneur

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(1) Dominus autem præcedebat eos ad ostendendam viam, per diem in columna nubis, et per noctem in columna ignis: ut dux esset itineris utroque tempore. Nunquam defuit columna nubis per diem, nec columna ignis per noctem, coram populo. Ibid., c. xin, v. 21 et 22. (2) Ibid., c. XIV, v. 15, etc.

(3) Ibid., v. 19 et 20.

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« les a enveloppés dans les flots; et les eaux, étant revenues de la « sorte, couvrirent et les chars et les cavaliers de toute l'armée de « Pharaon; il n'en échappa pas un seul. Mais les enfants d'Israël passèrent à pied see au milieu de la mer, les eaux étant comme «< un mur à droite et à gauche (1). » Israël fut sauvé en ce jour : il vit les Égyptiens morts sur le rivage de la mer. Le peuple vit done la grande puissance que le Seigneur avait fait éclater contre eux; il le craignit et crut en lui, ainsi qu'en Moyse son serviteur : et crediderunt Domino et Moysi servo ejus (2).

616. Ce n'est pas que les Israélites aient douté jusqu'alors que Moyse fut l'envoyé de Dieu; ils croyaient à la divinité de sa mission avant d'avoir été témoins des prodiges opérés pour leur délivrance. Moyse, en arrivant en Égypte, fit assembler tous les anciens d'Israël : Aaron leur raconta ce que le Seigneur avait dit à Moyse, et fit des miracles devant le peuple, et fecit signa coram populo, et le peuple le crut, et credidit populus (2). Mais la manière miraculeuse dont les enfants d'Israël venaient d'être délivrés les confirma dans le culte du vrai Dieu et dans la foi à la mission divine de Moyse, et crediderunt Domino et Moysi servo ‹jus.

617. Les prodiges que nous venons de rapporter sont certainement plus que suffisants pour prouver que Moyse était l'envoyé de Dieu; ils surpassent évidemment les forces de la créature; Dieu seul, ou celui qu'il a muni de son pouvoir, peut commander aux éléments et s'en faire obéir comme l'a fait Moyse. Au jour et à l'heure le plus souvent prédits, dix plaies les plus terribles affligent les Egyptiens et respectent les Hébreux; elles sévissent et se calment au gré de Moyse, absolument comme s'il était maitre de la

nature.

618. Les miracles opérés dans le désert ne sont pas moins frappants. Des bords de la mer Rouge, Moyse conduisit les Israélites dans le désert de Sur. Ils y marchèrent trois jours sans trouver de l'eau. Ils arrivèrent à Mara; et ils ne pouvaient boire des eaux de Mara, parce qu'elles étaient amères : c'est pourquoi on nomma ce lieu Mara, c'est-à-dire, amertume. Le peuple murmura contre Moyse, disant: Que boirons-nous? Mais Moyse cria au Seigneur, qui lui montra un bois ; il le jeta dans les eaux, et les eaux devin

(1) Cumque extendisset Moyses manum super mare, abstulit illud Dominus flante vento vehementi et urente tota nocte, et vertit in sinum : divisaque est aqua. Et ingressi sunt filii Israël per medium sicci maris: erat enim aqua quasi murus a dextra eorum et læva. Ibid., v. 21, etc. — (2) Ibid., v. 30 et 31. (3) Ibid., c. Iv, v 30 et 31

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