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DE

LITTÉRATURE FRANÇAISE:

OR

THE FRENCH SPEAKER;

A

CHRONOLOGICAL AND CRITICAL TABLE

OF THE

EMINENT WRITERS OF FRANCE, FROM THE FOURTEENTH

TO THE NINETEENTH CENTURIES,

ILLUSTRATED WITH

SELECTIONS IN PROSE AND VERSE,

FROM THE BEST AUTHORS IN THE THREE LAST PERIODS.

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PROFESSOR OF THE FRENCH LANGUAGE, AUTHOR
"L'ÉCHO DE PARIS," &c.

LONDON:

J. HATCHARD AND SON, 187, PICCADILLY.

1842.

LONDON:

PRINTED BY G. J. PALMER, SAVOY STREET, STRAND.

PETIT MUSÉE

DE

LITTÉRATURE FRANÇAISE.

PRÉFACE.

Si le premier objet qu'on doit se proposer en étudiant une langue vivante est de se mettre en état de converser avec ceux qui la parlent, le second est certainement de pouvoir entendre les auteurs qui en ont fait usage; car la lecture de leurs écrits, source inépuisable de jouissances, suffirait toute seule pour nous récompenser de notre travail et de nos peines.

En effet, c'est par elle, que, sans renoncer à notre patrie, ni à aucun de ses priviléges, nous devenons en quelque sorte citoyens d'une autre nation, ayant part à tous les biens que le génie lui a légués d'âge en âge: elle nous introduit dans un monde nouveau, nous inspire des idées nouvelles, éclaire notre esprit, en bannit les préjugés; éveille dans nos cœurs de nouvelles sympathies, et y va jeter, peutêtre, ou y développer les germes de vertus qui nous sont encore étrangères: peut-être aussi, elle doit amener le trait de lumière qui nous révèlera intérieurement notre génie et toute sa puissance, faire jaillir l'étincelle qui allumera en nous ce feu divin; ou, s'il y brûle déjà, elle va en alimenter, en épurer la flamme. Enfin, on peut dire qu'elle achève

notre éducation morale, et qu'en perfectionnant notre être, elle l'ennoblit; qu'elle en assure en même temps le bonheur, et en multiplie et varie les plaisirs.

De tels avantages, cependant, ne peuvent résulter que de la lecture des bons livres, les seuls donc auxquels on doive s'attacher. Pour cela il est necessaire de les connaître.

Ainsi à l'étude d'une langue doit naturellement succéder celle de sa littérature.

Dès qu'un élève en est venu à entendre facilement ceux qui parlent, et à s'exprimer lui-même avec aisance, il convient, ce me semble, de lui apprendre quels sont les grands écrivains de chaque époque, en l'instruisant du genre dans lequel ils se sont distingués; de lui dire les qualités qu'on admire en eux, et puis de lui indiquer leurs principaux ouvrages. Enmême temps il est bon de lui présenter des extraits des meilleurs ouvrages en prose et en vers, qui, en le mettant à même d'en apprécier par lui-même tout le mérite, puissent lui servir de modèles dans les mêmes genres, et de plus le faire jouir dès à présent de la récompense promise et due à ses travaux.

Voilà ce que j'ai tâché de faire pour la jeunesse des classes françaises, dans le volume que je lui présente aujourd'hui : C'est, tout-à-la fois, un tableau de notre littérature, depuis sa naissance jusqu'à nos jours, et un recueil de ce que, à ses époques de gloire, elle nous offre de plus noble, de plus touchant, de plus spirituel, et de plus gracieux.

Je sais qu'il existe déjà plusieurs ouvrages de cette nature. Mais ils sont généralement incomplets; les uns parce qu'ils ne contiennent pas de notices sur les écrivains ; les autres parce qu'ils n'offrent pas d'extraits de tous les chefs-d'œuvre qui auraient dû y figurer, et que ceux qu'ils renferment sont trop peu variés, souvent trop courts, et, ce qui est pire encore, présentés sous un faux aspect, comme formant chacun un tout complet, avec un titre qui le rattache à un genre de littérature tout-à-fait étranger à celui de l'ouvrage d'où il est tiré : Aucun non plus ne m'a satisfait

sous le rapport de l'ordonnance, les auteurs et les productions de tous les temps se trouvant confondus: il fallait, ce me semble, dans le classement des morceaux, avoir égard aux époques plutôt qu'aux genres auxquels ils appartiennent: Pourquoi ce soin de rassembler sous un titre commun tout ce qui se rapporte au même genre? Que dirait-on de quelqu'un qui voulant former un bouquet, auquel un recueil de morceaux littéraires peut se comparer, trierait toutes les fleurs de même espèce pour les mettre ensemble ? L'un ne me semble pas moins ridicule que l'autre.

Mais en me permettant de reprendre mes dévanciers, et de relever les fautes que j'ai cru apercevoir dans leur travail, puis-je m'applaudir d'avoir été mieux avisé et plus heureux dans le mien? C'est à mes jeunes lecteurs, dont j'ai eu en vue l'instruction et le plaisir, à en décider.

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