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ces magistrats , ne sauroit être attaquée à la tribune. L'ordre du jour est prononcé.

Le général polonais Bein sollicite l'intervention du gouvernement, pour que ses compatriotes réfugiés. en Prusse y soieut traités moins rigoureusement, et puissent se rendre en France. M. Lafayette demande que l'on seconde ce von, et que l'on prenne à l'égard des Polonais résidant en France des mesures plus dignes de l'hospitalité. Il se plaint ensuite de la rigueur avec laquelle on a expulsé de Bergerac et de Bourges une partie de ceux qui s'y trouvent. M. le ministre des affaires étran: gères répond qu'il n'est pas possible de faciliter le passage en France des Polonais qui se trouvent en Prusse, attendu que les fonds affectés aux réfugiés sont insuffisans. Quant à l'expulsion de Bergerac , elle étoit commandée par le besoiu d'isoler quel. ques turbulens. MM. Subervic et de Tracy démentent les griefs imputés à ceux-ci. La pétition est renvoyée au ministre des affaires étrangères. ".

M. Gauguier demande que l'on reprende le projet de loi tendant à accorder une pension à la veuve dn général Daumesnil; mais sa motion n'est pas'appuyée.

La discussion s'ouvre sur le projet de loi tendant à autoriser le gouvernement à garantir pour un tiers l'emprunt de 60 millions à contracler pour le jeune roi de la Grèce. M. Roissy d'Anglas représente que la France a déjà dépensé pour ce pays

36 à 37 millions pour l'expédition et l'occupation de la Morée, dont on lui a faissé supporter tous les frais. M. de Remusat appuie le projet de loi sur la néces sité, dans l'intérêt de la France, de la civilisation et de la chrétienté, de soutenir le nouvel état de la Grèce. M. Salverte objecte les intérêts des contribuables et la situation du Trésor, et rappelle que la France n'est déjà que trop intervenue à ses frais, et sans profit, dans les affaires des autres nations. M. le ministre des affaires étrangères fait observer qu'il s'agit ici de faire honneur la signature de Louis-Philippe, que les Grecs ne méritent pas moins de sympathie que les Polonais et autres, surtont après avoir souteni si long-temps une lutte, honorable; que, s'ils s'étoient réfugiés en France, ils enssent coûté bien plus que le million par an d'intérêts que la France garantit. Ce seroit d'avoir de la sympathie que par caprices, et de l'enthousiasme que par boutades, d'abandonner un peuple intéressant au moment où il touche au port, M. de Broglie s'attache ensuite à établir, par le relevé de ses produits et sa prospérité renaissante, qu'il paiera exactement son emprunt. Il justifie le gouveritement monarchique qu'on lui a imposé comme procurant plus de garantie contre l'anarchie qui commençoit, et la nomination du pripçe Othon de Bavière comme consentie par le sénat , et comme n'offrant aucune inquiétude aux puissances. Il dit que l'Anglererre et la Russie, qui n'ont pas fait l'expédition de Morée , se trouvent avoir aussi dépensé beaucoup pour les Grecs. Il termine enfin en déclarant que la politique de la France doit être ansal de maintenir l'empire ottoman.

Sur quelques Publications nouvelles. L'Ami de la Religion contenoit il y a quelque temps, sur le Jouinol des Connaissances utiles ," des observations qui peuvent s'appliquer à un autre're

cueil, appelé le Père de famille. Né au mois de juillet 1831, ce père de fa. mille a publié jusqu'au mois de septembre dernier quatorze numéros, oů se trouvent une foule d'articles opposés à la religion, et dérisoires de ses usages et de ses croyaiices; c'est là que vous verrez que la fin du monde est un conte bleu. qu'on ne connoît point, philosophiqnement parlant, l'origine de la terre et de l'homme qui l'habite; que rien n'est plus facile à expliquer qu'un miracle. La morale elle-même n'étoit pas toujours respectée par ces nouveaux prédicateurs ; mais voilà que, par un changement subit, par une conversion éclatante, au mois de septembre dernier, ils deviennent catholiques. De r3 fr., le prix de leur recireil s'abaisse ài 4 fr., et ils écrivent à tous les curés pour les prier de les recommander avant ou après l'office , leur prometlaut que de respectables ecclésinstiques travailleroient à tenir journal : aussi le quinzième numéro , pag. 5, contient quelques notions exactes, sur la religion; mais le bout de l'oreille peree foujours. Je ne dirai pas qu'on cite souvent Voltaire et Rousseau (seizième numéro, pag. 84), ce qui, pour des gens peu instruits, a l'inconvénient d'autoriser leur nom et leurs erreurs; qu'en fait d'humilité, on rapproche les deux grunits maitres , Jésus. Christel Sucrate ; qu'à l'artiele Chasteté, on recommande d'user rarement des plaisirs (dix-septième numéro, pag. 247). Je m'arrête au dix-huitième fuméro , pag. 253 : en parlant de l'immortalité de l'ame, M. Victor Cousiu nous assure que la vérité des peines et des récompenses: d'une autre vie échappe à la rigueur de la dénionstration , que ce n'est là qu'une probabilité sublime, que toutefois ce seroit ane philosophie bien houtaine que celle qui défendroit ou sage d'essayer ne s'enchanter lui-même de la foi de ses semblables. On peut dire, en effer, qne la révélation senle nous donne ue idée exacte et complète de l'autre vie; mais ce n'est pas ce dont M. Cousin s'occupe, et la seule. conséquence qu'on puisse tirer de ses pai oles, c'est qu'être probe et rertueux c'est mettre un billet à une bonne loterie. Qu'est ce que ces amis de l'humanité, qui brisent ainsi le frein du méchant et détruisent l'espoir du pauvre et du malbeureux ? Et voilà qu'au dix-huitième numéro, pag. 295, ils nous assurent que leur but est le faire connoitre el respecter la croyance de nos pères, et de s'opposer à Voltaire, le plus grand ennemi de notre religion. Je souhaite que leurs intentions soient sincères, et surtout qu'ils désavouent les erreurs répandues dans leur première collection.

Aux mêmes fins que ces journaux, se publient diverses collections à 5 sous, à six sous le volume; des Bibliothèques et des Encycloperties populaires paroissent jetées au même moule. Sous une apparence d'iinpartialité, la religiou y est souvent dénigrée, et à quelques traités utiles s'en joignent souvent d'autres pleins d'opinions dangereuses.

Une autre publication à bon marché est le Journal des Enfans. Malgré le vague a la sécheresse de sa morale, il.y a du bon dans ce recueil; mais, d'abord, je lui reprocherois de n'insinuer à ses jeunes lecteurs que bien peu de pensées re. ligieuses; on voit souvent ses héros au spectacle, jamais à l'église : les contes anglais et allemands sont en général plus chrétiens que les nôtres. Il est très-aisé de faire une leçon de morale ; mais, dépouryns des secours et des motifs de la foi, ces beaux sentimens résisleront-ils à l'assaut des passions ? Je dirois de plus aux journalistes de l'enfance, que la leçon sur le duel , malgré sa tournure, pent être très-, dangereuse; que leur conte bleu, ou légende sur les apôtres, peut tromper des enfans peu instruits ; que c'est une idée au moins très-bizarre que de faire enchâsser à un enfant la cocarde de Napoléon, pour, durani huit années, s'age. nouiller chaque soir et faire sa prière sur cette relique.

Un autre recueil doit régler l'instruction des enfans du peuple, c'est le Manuel d'instruction primaire. M. Malter, qui le dirige, est un bomme instruit et chrétien. J'ai lu son Ecole d'Alexandrie ; mais, dans celle belle dissertation même, on peut voir l'influence des idées protestantes. M. Malter, parmi les doctrines qu'il qualifie, appelle syncrétisme le système de ceux qui lâchoient d'allier ensemble des croyances opposées, qui plaçoient sur le même autel Moïse et Platon. Et où M. Matler va-t-il chercher l'origine d'une si belle philosophie ? Dans le livre de la Sagesse, que tous les catholiques regardent comme révélé. Je ne m'arrèterai pas à discuter les passages sur lesquels il s'appuie; Bergier l'a fait. Mais voilà une hérésie formelle, dont peut-être ne se sont doulés ni M. Matter lui-même, ni surtout l'Académie qui l'a couronné. Si donc il parle de religion, gare les erreurs involontaires; et s'il n'en parle pas, que sera son enseignenjent? Sa bouche ne soufflera t-elle point le froid et le chaud, et son recueil ne s'accommoderat-il pas à toutes les croyances ? On lisoit il y a peu de jours, sur une affiche de l'école mutuelle, qu'on y enseiguoit la grammaire, le dessin, le chant et la mo. rale. Mais le catéchisme! si on n'en dit rien sur l'affiche, qu'en fera-t-on à l'intérieur de la classe ? Une telle indifférence ne compromet-elle pas les intérêts du ciel et ceux de la terre ?

A, G. P.

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. On vient de publier une lithographie fort ressemblante de Mgr l'Archevêque de Paris; elle a été exécutée avec le plus grand soin, et d'après le seul tableau pour lequel Mgr l'Archevêque ait posé depuis trois ans. A Paris, chez Poblet, quai des Augustins, n° 29, et au bureau de ce journal. Prix : papier blanc, 3 fr.; papier de Chine , 4 fr.

On trouve chez Corbet, quai des Augustins, une lithographie de M. l'abbé Duguerry, chanoine d'Orléans , et prédicateur. Le prix est de 2 fr.

Pe Géraut, Adrien Le Clere.

COURS DES ETFETS PUBLICS.-Bourse du 20 mai 1833. Truis pour 100, jonuissance du 22 déc. , ouvert à 78 fr. 55 c. et fermé à 78 fr. 75 c. Cinq noir 100, jouiss. iu 22 mars, ouvert à 103 (1. 00 c. et fermé à 103 fr. 150. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . 1785 fr. 00 c.

IMPRIMERIE M'AB), LE CLERE ET COM.

JEUDI 23 MJI 1833.

Hermeneutique sacrée, ou Introduction à l'Écriture sainte:

par M. Janssens; traduite du latin par M. Pacaud. Nouvelle édition, corrigée et augmentée (1).

L'ouvrage de M. Janssens parut en latin en 1818, et donna lieu à des critiques assez sévères, que nous examinâmes dans notre N° 629. Le nouvel éditeur reproduit quelques-unes de nos observations, et croit aussi que si l'Hermeneutique de M. Janssens n'est pas exemple de défauts, elle a été jugée dans les Pays-Bas avec trop de rigueur. Il espère que les additions qu'il a faites calmeront les esprits les plus scrupuleux. On a conservé l'ordre et la distribution des malières. Le seul changement que se soit permis le nouvel éditeur, c'est de supprimer la plus grande partie de l'article sur la magie, qu'il a cru au moins fort inutile. Il rend comple lui-même, dans son Avertissement, des principaux points sur lesquels a porté son travail; nous n'avons rien de mieux à faire que de le laisser parler :

a to Nous avons éclairci quelques endroits qui nous ont paru un pea obscurs, et où la pensée de M. Janssens ne paroissoit pas assez à découvert. C'est ainsi qu'au sujet de l'inspiration, qu'il paroit d'abord confondre avec la révélation, quoiqu'il la distingue parfaitement à la fin de l'article même où il en parle, nous avons pensé qu'il seroit utile d'exposer et de définir les quatre secours différens qui ont pu aider les écrivains sacrés dans la composition de leurs ouvrages. Ce court exposé sert encore à faire remarquer que M. Janssens n'a pas assez bien distingué (n° 34) l'inspiration de la simple assistance.

» Fondé sur le même principe, nous avons cru devoir ajouterquelques explications au n° 100, où il est dit que le Pentateuque n'a subi aucune altération dans ce qui en constitue la substance, la partie essentielle. Nous n'avons point prétendu par là corroborer les preuves données par M. Janssens, car elles ne laissent rien à désirer pour la force et la solidité; mais, comme un livre peut être

(1) 3 vol. in-12. Prix, 7 fr., et 10 fr. freno de porl. Chez Blaise, rue Férou; et au bureau de ce Journal.

Toine LXXVI. L'Ami de la Religion. si S K ."

altéré ou interpolé de plusieurs manières , il n'étoit pas inutile d'entrer dans quelques détails sur les différentes espèces d'interpolations. Après cette explication , l'état de la question se trouvoit plus clairement exposé, et les argumens étoient sans réplique.

2° Nos additions ont encore eu pour but de faire remarquer l'opinion qui paroissoit la plus probable dans les questions difficiles où les sentimens des inierprètes se trouvoient partagés. Ainsi, quand il s'agit de déterminer quel est l'auteur du livre de Josué, M. Janssens se borne à exposer les opinions qui ont été émises à ce sujet, sans donner le moins du monde à connoître ce qu'il en pense lui-même. De sorte que l'élève, incapable de juger par lui-même la valeur réelle des preuves alléguées de part et d'autre, hésite, balance, interroge son guide ; mais, comme il le trouve muet, il avance même , au péril de s'engager dans une fausse route. M. Janssens garde encore le même silence par rapport aux livres des Juges, de Rulh, à l'Ecclésiaste, et par conséquent il laisse l'élève dans le même embarras. Quant aux Paralipomènes, dont l'auteur n'est point non plus connu d'une manière certaine, il n'est pas exact de dire, comme le fait M. Janssens, que quelques i ommentateurs seulement les ont attribués à Esdras, puisque c'est le commun même des interprètes qui s'est déclaré pour ce sentiment. : » 3o Il est certaines assertions bardies et téméraires que M. Janssens rapporte dans son ouvrage, sans leur imprimer aucune note théologique. Or, qui ne sait le danger qu'il y a d'exposer aux yeux de jeunes théologiens des maximes pernicieuses, sans leur en découvrir en même temps le poison qu'elies renferment? Et qui ne sent par conséquent la nécessité où nous étions nous-même de suppléer à ce défaut? Falloit-il, par exemple, en parlant de l'ordre que donne l'ange aux deux Tobie d'écrire dans un livre lout ce qui est arrivé, se borner à dire que Jahn regarde l'ordre de l'ange comme une recommandation en faveur de l'ouvrage sous le rapport du style et de l'élocution : Cl. Jahn existimat jussionem angeli esse commendationem libri, quæ ad stilum et elocutionem pertineat? Une opinion si singulière et si gratuitement hasardée ne devoitelle pas être signalée comme téméraire ? On n'est pas moins surpris de voir M. Janssens, après avoir avoué lui-même qu'on croit assez généralement que le livre de Tobie a été écrit par les deux Tobie père et fils, et avoir cité l'opinion contraire, garder cependant le même silence sur une seconde assertion de Jahn, plus étrange encore que la première, surtout si l'on considère la raison sur laquelle son auteur l'a fondée. En effet, ce critique ne craint point d'avan-. cer que le livre de Tobie ne fut composé que deux cents ans au plus, et peut-être seulement cent cinquante ans avant Jésus-Christ, puisque l'idée du démon Asmodée et des sept esprits qui assistent devant le trône de Dieu, idée évidemment tirée de la doctrine de

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