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Zoroastre, n'avoit point encore été transportée dans la religion mosaïque.

» Enfin, pour ne pas être trop long, nous 'd'ajouterons plus qu'un seul exemple, qui prouve que M. Janssens use de trop d'indulgence à l'égard de certaines opinions légèrement émises par les plus hardis critiques. Après avoir dit que Jaho pense que le Cantique des cantiques renferme plusieurs petits poèmes qui n'ont aucune liaison entre eux, il ne nous fait point conpoitre ce qu'il pense lui-même de celle opinion , opposée au sentiment de toute l'antiquité et de tous les plus habiles interprètes de ces derniers temps, et soutenue par des argumens que réprouve une saive critique.

» Nous sommes bien éloigné de penser que M.Janssens approuve toutes les opinions qu'il rapporte dans son ouvrage, sans chercher à les réfuter; mais nous croyons qu'il auroit donné moins de prise à ses censeur's s'il se fût prononcé dans bien des circonstances d'une manière plus décisive.

Il y a encore d'autres additions de ce gepre que nous avons cru utile de faire. Ainsi, nous avons signalé, parmi les versions françaises de la Bible, celles qui contiennent des doctrines erronées, et qu'on doit lire avec précaution.

• 4• Dans bien des questions, les preuves étoient susceptibles d'un certain développement, qui pouvoit ajouter à leur force; c'est encore un des objets que nous nous sommes efforcé de remplir par nos additions. C'est dans cette vue que nous nous sommes éleidu sur l'idée bien précise qu'il faut se former du travail d'Esdras dans la collection qu'il a faite des Livres saints. Placé entre deux écueils, nous avions à défendre la vérité d'attaques bien opposées entre elles. D'un côté, il falloit prouver, contre le sentiment de quelques Pères de l'Eglise, qu'Esdras n'a point recomposé les Livres sacrés, mais qu'il n'a fait que les recueillir, les mettre en ordır, et, suivant l'opinion la plus généralement reçue, les transcrire cui cirractères chaldéens; de l'autre, nous avions à répondre aux objec·lions de quelques critiques , qui prétendent que, quoique Esdras et Néhémie aient travaillé à la confection du Canon de l'Aucien Testament, ils ne l'ont cependant pas achevé, et que ce Canon n'a été terminé que sous les Machabées.

»-M. Janssens prouve, contre les incrédules qui objectent que Moïse donne à Dieu des oreilles, des yeux, des pieds, des mains ; qu'il le fait descendre, monter, se repentir, etc., que le législatein hébreu, n'écrivant pas pour des philosophes qui regardoient Dieu comme un pur esprit, mais pour les hommes les plus grossiers de la terre, il falloit, pour se faire entendre, qu'il employât des métaphores, el que de temps en temps il leur parlât de Dieu, comme 's'il leur eût parlé d'un homme. Nous avons cru que celte preuve pouvoit recevoir une nouvelle force, en montrant que toui autre langage que le langage métaphorique, quand on s'en sert pour exprimer les substances immatérielles et leurs actes, est impossible, el que le philosophe le plus spiritualiste n'auroit pu parler autrement que ne l'a fait Moïse. i

» Nous avons également ajouté de nouveaux motifs aux preuves données par M. Janssens, que l'Ecriture ne peut s'expliquer par elle-même ; que les Juifs n'ont pu ignorer le dogme de l'immortalité de l'ame; que l'opinion de R. Simon sur les parties historiques du Pentateuque est inadmissible ; que les critiques modernes ont adopté beaucoup trop légèrement l'opinion de M. Astruc sur la Genèse ; que les cérémonies mosaïques ne sont point vaines, mais inspirées de Dieu; que la loi de l'année sabbatique n'est ni absurde ni imprudente, etc. . o Les calomoies répandues par quelques incrédules contre la législation mosaïque, nous ont engagé à extraire des Lettres de quelques juifs portugais, par l'abbé Guénée, un abrégé des lois de Moïse, pour prouver que les lois de l'illustre chef du peuple hébreu, soit religieuses et morales , soit politiques , soit militaires , soit enfin civiles, offrent le code le plus parfait qu'on puisse inaginer, si l'on considère et le peuple auquel il étoit destiné, et le temps où il a été publié. Nous avons cru faire d'autant plus de plaisir au lecteur, en lui mettant sous les yeux les textes mêmes de I'Ecriture qui établissent les divers points de la législation mo saïque, qu'il sera mieux à même de juger sur-le-champ si nous en avons fidèlement retracé l'esprit dans notre travail. Pour ne point embarrasser la marche de l'ouvrage de M. Janssens, cet abrégé a été placé à la fin du Ier volume, dans lequel se trouvent traitées les questions relatives aux lois mosaïques. i riiki in

Ce passage de l'Avertissement indique les améliorations que celle édition a reçues , et nous dispense d'entrer à cet égard dans de plus longs détails. Nous ajouterons cependant que le travail de l'éditeur mérite d'autant plus de confiance qu'il a lui-même beaucoup étudié l'Écriture sainte, et qu'à l'application et aux lumières il joint cette sage critique qui se tient en garde contre la manie des innovations et contre la témérité des systèmes. Son nom, s'il nous étoit permis de le faire connoitre, seroit la meilleure recommandation pour l'édition qu'il a bien voulu revoir, et qui est bien véritablement corrigée et augmentée. Ses notes sont nombreuses ; elles répondent à des difficultés que M. Janssens avoit omises. L'abrégé de la législation mosaïque, à la fin du premier volume, est à lui seul un heureux complément de l'ouvrage principal...

faire qu'il a bien colée. Ses notes M. Ja

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. Paris. Nous avons déjà cité quelque chose du Ginneur, de Chartres, sur les troubles de Lèves el de Chartres. Ce journal a applaudi au schisme de Lèves , et a attaqué à ce sujet M. l'évêque de Chartres avec emportement. On auroit cru du moins qu'après l'émeute du 28, après la résistance opposée aux autorités, après le pillage de l'évêché, le jouroaliste auroit par pudeur lenu un langage plus modéré. Hé bien! voici ce qu'il a fait imprimer quelques jours après l'émeule. Nous n'avons point le Glaneur sous les yeux, nous prenons cette citation dans la Gazelle de France ; après des regreis obligés sur les désordres commis, le journaliste chartrain continue ainsi :

« Il y a eu du sang à la surface de la terre, du sang français versé par des niain's françaises ? "Sur qui ce sang doit-il retomber ? Sur vous, sur vous, évéque de Chartres, sur vous qui, au lieu d'employer les voies calmes el pacifiques pour ramener des esprits égarés, avez provoqué contre un pauvre village des diesures acerbes et irritantes; sur vous qui, au lieu de céder par une temporisation prue Jenle à la première effervescence des passions populaires, avez pris à lâche de les exaspérer pour élever entre les citoyens et les soldats un fatal coodil. Quel otrauge contraste entre la mission de paix et de modération que vous impose votre caractère de prêtre cbrétien, et les acles de violence et de brutalité où vous a entrainé un inflexible orgueil!... Christ avoit dit : « Pierre, remels lou epee » dans le fourreau ! » Et vous, pensant que les foudres spirituelles étoient impuissaptes, vous avez appelé au secours de votre crosse cbancelanle le sabre militaire, et vous avez dit : Faisons-iluus, s'il le faul, un chemin de cadavres pour ar. riverà lnutel. Triomphez maintenant, applaudissez-vous de votre victoire... Vous vouliez être cardinal; vous l'êtes maintenant, car votre soulalle est ruirge ile sang. Mais, pendant que vous vous livrez aux joies de l'orgueil satisfait, le peuple vous maudit. L'odieux dont vous vous éles couvert rejaillit sur la religion dont vous êtes le ministre, et les restes de popularité du vieus catholicisme achevent de s'écrouler. ..

Et cela a été écrit après la révolle et le pillage du 28 ! Crainton donc que le peuple n'en ait pas fait assez? Veut-on l'exalter · davantage? On reproche à M. l'évèque, dans une apostrophe bru

tale, de n'avoir pas employé les voies calmes et pacifiques pour ramener des esprits égarés. Et vous, Glaneur, pourrions-nous lui dire à son tour, employez-vous des voies calmes el pacifiques pour ramener les esprits égarés ? S'y prendroit-ou autrement pour provoquer de nouveaux désordres et des nouvelles violences ? Ne semble-t-on pas appeler sur un respectable évêque les haines et les fureurs populaires ? On veut le rendre responsable du sang versé ; mais à qui impuler le sang versé ? Ce n'est point à M. 16vêqué qui n'a certainement pas envoyé les troupes, qui ne les a niênic pas demandées. Mais le journaliste a jugé plus prudent de s'en prendre à un évêque qui ne rend pas de plaintes en justice, qu'à un préfel ou à un général qui auroient pa n'être pas si endurans. Au fait, qui est responsable de l'esfusion du sang, ou l'autorité qui envoie des troupes pour maintenir l'ordre, ou les factieux qui méconnoissent l'autorité et forcent les troupes à se retirer? Sera-ce donc toujours l'émeute qui aura raison et la révolte qui sera dans son droit ? A qui donc imputer le sang versé, sinon à ceux qui ont favorisé le schisme et aux déclamateurs imprudens qui ont aigri et échauffé les esprits par des prédications fougueuses ou par des articles violens dans les journaux ?

- Le jubilé s'ouvrira dans le diocèse de Rouen le 26 mai, jour de la fête de la Pentecôte. M. le cardinal-archevêque l'a annoncé à son diocèse par une instruction pastorale où S. Em. se félicite d'abord de l'heureux mouvement qu'elle a remarqué dans les esprits pendant le denier carême. Il paroît que Rouen, comme beaucoup de grandes villes, a offert cette année un spectacle consolant sous beaucoup de rapports. M. le cardinal de Croï en parle en ces termes : :

« Le caréme qui vient de fiuir, N. T. C. F., nous a rempli des douces et célestes consolations que promet airx pasteurs des ames , le grand et redoutable ministère que nous exerçons, pour Jésus-Christ, au milieu de vous. Les aumônes abondantes que vous avez versées dans le sein des pauvres, votre charité si tendre, si ingénieuse pour les æyvres de iniséricorde, ces flots d'un peuple religieux, inondant nos saints temples, son empressement toujours plus vif à se nourrir de la parole divine, tant de zèle, tant de foi, couronnés par la fréquentation des sacremens, par des conversions si multipliées, par un si soudain changement des mæurs publiques , et cela , au milieu d'un siècle, qui comptoit au nombre de ses progrès. la solitude de nos églises et l'impuissance de notre apostolat; ô Père des miséricordes , auteur adorable de tout don parfail, à vous scul en revient la gloire, à. vous seul aussi , dans l'effusion des canu's, s'adressent nos inépuisables actions de grâces ! Il sait ce Dieu de bonié, qui sonde les intentions et qui scrute les pensées , qu'il n'y a point en notre ame, une vue, un désir, un seul mouvement qui n'aspire au salut, à la paix , à l'uuion, à la félicité du bien-aimé troupeau dont il nous a confié la conduile. Il voit notre triomphe dans votre attachement à la foi de vos pères, et notre gloire dans votre sanctification et votre salut. Et que chercheriez-vous, N. T. C. F., hors des consolations et des devoirs de la vie chrétienne ? Des plaisirs ? des biens véritables ? on ne les trouve pas ailleurs. La piété seule possède les promesses de la vie présente et de la vie fulure. Oh! que la triste expérience de ceux qui en ont abandonné les préceples, vous serve de flambeau pour éclairer vos pas dans ce chemin si mauvais el si court qu'on nonime la vie. Ils ont dit dans leur coeur : Il n'y a point de bonheur dans l'accomplissement de la loi de Dieu , et nous sommes nos maîtres : nous demanderons aux sciences la lumière pour nous conduire, et le bonheur d nus. propres cuvres. Ils ont cessé d'invoquer le Ciel, de prier le Dieu de leurs pères. Ils ont méprisé sa providence et ses miséricordes; en sont-ils devenus plus heureux et meilleurs ? et que sont tous ces prétendus progrès qui les conduisent d'illusions en illusions, et de misères en misères ? Hélas ? ils ont bientôt trouvé des maîtres durs et impérieux dans leurs désirs, des tyrans farouches dans leurs passions, des remords dans leurs cuvres. »

L'instruction pastorale signale avec énergie les systèmes et les illusions qui égarent aujourd'hui tant d’liommes, et qui fatiguent la société. Elle montre les raisons qui nous pressent de revenir à Dieu, et cite un fragment des lettres apostoliques de Grégoire XVI sur le jubilé; c'est celui que nous avons donné N° 2050.

- Le 8 mai, un militaire mourut à l'hôpital de Vannes, après avoir refusé persévéramment les secours de la religion. Le lendemain, ses camarades voulurent forcer le clergé à l'ecevoir le corps à l'église. On s'y refusa , en se fondant sur les lois de l'église qui sont précises, anciennes et généralcs; d'ailleurs, c'eût été aller contre les intentions du défunt. Cependant, grand nombre de militaires, assistés d'un commissaire de police, se rendirent à la cathédrale. Un sergent-major entra à la sacristie pour demander un prêtre; on répondit comme la veille. Le cortege se décida à quitter l'église et à se rendre au cimetière ; mais là, il a été prononcé un discours violent et déclamatoire contre, la religion et les prêtres. Admivez la piété de ces gens qui demandent des prières, et qui se moquent de la religion et des prêtres! Un autre refus de sépulture a eu des suites plus fâcheuses encore à Bretteville-sur-Odon, près. Caen. Un militaire ayant été tué en duel, le curé du lieu refusa de recevoir le corps. Ses amis le portèrent à Caen, et le présentèrent successivement aux églises de Notre-Dame et de St-Pierre , qu'ils trouvèrent fermées. Le cortège enfonça les portes de cette dernière église, et récita respectueusement, dit un journal, les prières des morts. Nous concevons aisément, en effet, combien cela dut être respectueux dans une assemblée aussi tumultueuse, et après avoir enfoncé les portes d'une église. Le même journal ne trouve ici à blâmer que la conduite du clergé, qu'il traite de scandale. C'est toujours le inême système ; un prêtre qui s'en tient aux règles de l'église est scandaleux, et un rassemblement qui enfonce les portes d'une église est édifiant. Quelle risée !

- Un événement extraordinaire est arrivé à Sommesuippe, près Sainte-Menehould, diocèse de Châlons. Mademoiselle Flore Rouer, âgée devingt-huit ans, qui avoit joui jusque-là d'une bonne santé, fut attaquée en 1830. d'une maladie nerveuse et convulsive, pour laquelle on lui ordonna vainement pendant deux ans des bains.

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