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des sangsues, des vésicatoires, etc. Les docteurs Prin, de Chalons et Hennequin de Reims; MM. Machet et Hubert, chirurgiens à Saint-Hilaire-le-Grand et à Sommesuippe, furent appelés tour à lour et essayèrent de plusieurs moyens de guérison.La sérés nité d'esprit de la malade , sa patience, sa docilité, sembloient devoir seconder les efforts des gens de l'art. Mais rien n'a pu calmer les accidens qui devenoient de plus en plus graves et fréquens. Dans les mois de février et de mars de cette année, les tremblemeus convulsifs avoient pris un grand accroissement; le corps, les membres, le visage étoient violemment agités; la poitrine étoit oppressée et des cris involontaires s'en échappoieut. M. Richer, curé de la paroisse, conseilla à la malade de s'adresser au prince de Hohenlohe,qui ordonna une neuvaine au saint nom de Jésus du 17 au 25 mars, et promit de prier pour elle le premier et le dernier jour. Le 25 mars la malade se fit conduire à l'église et y reçut la communion, mais avec peine, à cause de son agitation nerveuse. Cette agitation l'accompagna en revenant de l'autel, mais se .calma iusensiblement; la malade put assister tranquillement à l'office, et retourner ensuite librement chez son père. Plus de deux cents personnes ont été témoins de ce qui se passa. Depuis plus d'un mois la demoiselle Rouer jouit d'une parfaite santé, et le système nerveux est tranquille. En signe de reconnoissance, elle veut donner à l'église un tableau du Sacré-Cour. Outre la lettre de M. le curé, qui rend compte de la guérison, nous en avons reçu une de M. Hubert , chirurgien à Sommesuippe , qui fait l'histoire de la maladie, et qui avoue qu'il avoit perdu toute espérance de guérison.se « Quoique je connoisse, dit-il, tout ce que la science véritable, la philosophie modern'e ou l'esprit d'incrédulité peuvent alléguer sur les divers phénomènes des maladies nerveuses, quoique je sache combien ces maladies offrent d'irrégularités et combien elles peuvent être influencées et modifiées par l'imagination, je ne puis ne pas reconnoître et ne pas déclarer que cet événement présente un caractère surnaturel et hors des règles de l'art de guérir. » Cette lettre est du 24 avril; elle est accompagnée d'une note de M. l'évêque de Châlons, qui affirme que M, Hubert est homme de probité, relizieux et instruit dans son art, et que foi doit être ajoutée . à son témoignage. La lettre de M. le curé de Sommesuippe est du 3 mai , et porte aussi un visa de l'évêché. . .

- La Gazette de Génes annonce l'abjuration d'une jeune fille, Barbara Lendi, née d'une famille zuinglienne, qui a renoncé à ses erreurs, et a reçu le baptême le 27 avril à Ovada, dans les états du roi de Sardaigne. On l'a éprouvée pendant près de deux ans, et un pieux ecclésiastique, voyant son désir d'être instruite de la religion catholique, lui a procuré les secours d'une tendre charité.

NOUVELLES POLITIQUES.

Paris. Les journaux du ministère s'y prennent assez adroitement pour disposer la chanıbre des députés à voler l'emprunt grec. Voyez, lui disent-ils, combien le gouvernement a de considération pour vous ! Il s'agit ici de i'exécution d'un Iraité qui, à bien prendre les choses, ne vous regarde point. Un autre que LouisPhilippe auroit laissé la responsabilité de celle affaire à ses miuistres, el ne vous auroit point appelés à en connoitre; mais, lui, il vous fait plus d'bonneur que cela , et il veut bien permettre que ce soit vous qui chargiez vous-mêmes les contribuables de ces vingt millions; renonçant ainsi, pour vous faire plaisir, à la part de popularité qui revenoit de là de plcio Jroit à lui et à ses ministres, et qu'ils auroient pu garder lout entière.... Ab! pour le coup, voilà une raison à laquelle la chambre des dépusės ne sauroit manquer de se rendre; elle en doit élre touchée au dernier point, el vingt millions de sont pas trop pour payer l'hooneur qu'on lui fail de l'admeltre à concourir d'une manière aussi agréable à l'exécution des traités de Louis-Philippe. Nous croyons nous rappeler, au surplus, qu'on lui a déjà fait le même honneur dans l'affaire des 25 millions d'indemnité, réclaimės par les Etats-Unis d'Amérique. A ssorément, si elle se Trouve flallée et heureuse loules les fois qu'elle est appelée à voler de l'argent, rien ne doit inanquer à sou bonheur.

– Les gouvernemens qui fondent leurs droits sur le voeu national s'exposent quelquefois à être bien malheureus; car on ne counoit rien de plus capricieux que Le ræu national, et de plus sujet à se dédire. Il ne se passe presque pas de jour sans qu'it soit remis en question de inille manières par tons les partis. D'uo colé, c'est la république qui se donne pour l'expression du sæu national, et qui réclame baulement sou droit. De l'autre, les buona partistes se prétendent soulenus el redemandés par le veu national, et sont jusqu'à vouloir se battre en duel pour éclaircir ce point en ce qui les concerne. Enfin, les journaux les plus prononcés en faveur du trône de juillet ont donné à entendre ces jours deruiers que le veu national se tourne aussi vers le fils ainė du roi Louis-Philippe, et que, pour le satisfaire, une certaine velleite d'abdication s'est manifestée. En cherchant bien, un découvriroit peut-être encore quelque autre ræu national qui seroit de nature à embrouiller tous ceux-là de plus en plus, à moins qu'ou ue lui permit de les debrouiller. Toujours est-il que le væu national paroit etre une base du gouveruement bien mal choisie , puisque les gouvernemens fondés là-dessus semblent se résigner à tous les caprices de l'instabilité humaine, et à lous les changemens de vent qui peuvent survenir. Il suffit de lire un peu de controverse politique dans ce temps-ci, pour demeurer convaincu que le ven national est sujet à des dérangemens continuels qui ne permellent de compter sur rien.

- On diroit que la révolution polonaise est tombée tout-à-fait à notre charge. Non-seulement nous adoptons tous ceux de ses réfugiés qui viennent à nous de leur propre mouvement, mais, quand il nous en échappe quelques - uus qui se sont retirés ailleurs qu'en France, nous courons après eux comme pour les forcer de vous donner la préférence. C'est ainsi qu'on a eherché querelle, samedi dernier, à M. de Broglie, dans la chambre des députés, parce qu'il néglige de nous procurer l'avantage d'avoir sur les bras les Polonais réfugiés en Prusse. Il semble que les coutribuables de France soient jaloux de ce que le gouvernement prussien leur enlève quelques mille pensionnaires qu'ils regardent comme leur appartenant; et que ce soit leur faire une sorte d'offense et de passe-droit que de ne les pas meltre à la charge de nos budget. Cette manie de générosité est d'autant plus remarquable de la part de la révolution de juillet, qu'elle ne prend pas grand souci des malheureux de notre propre pays qu'elle a mis dans la détresse et réduits à la dernière misère.

- Le Temps prétend que le mariage de madame la duchesse de Berry avec le prince de Luchesi - Palli' a eu lieu à Massa, dans la chapelle du consulat d'Espagne, trois jours avant le départ de la princesse pour Marseille. Le même jourval dit que M. de Châteaubriand se rend à Prague pour y porter des communications de Madame. Le but de celle mission seroit d'obtenir qu'elle conservåt, malgré son mariage, le titre, le rang et les honneurs, de princesse du sang. Onlit, dans l'Indicaleur de Bordeaux, que, d'après les conseils des médecins, madame la duchesse de Berry a renoncé à pourrir son enfant.

- Une ordonnance du 5 mai porte que les individus ayant à subir la peine de deportation et celle de la détention à perpétuité seront provisoirement détenus dans un quartier de la maison centrale de détention du Mont-St-Michel (Manche), entièrement distinct des båtimens occupés par les autres condamnés.

- Unę ordonnauce du 15 mai prescrit la lerée de 80,000 hommes súr la classe de 1832, et fixe le tirage au 19 juin. Les jeunes soldats seront divisés en deux classes, l'une de 10,000 hommes, qui seropi mis en activité, et l'autre de 70,000, qui resteront dans leurs foyers jusqu'à nouvel ordre, el formeront le noyau d'une armée de réserve.

— Quelques changemens et nominations viennent d'avoir lieu parmi les agens consulaires : MM. de Vins de Pessac, consul général à New-Yorck, permute avec M. Delaforest, consul- géneral à Buenos-Ayres. M. Schwebel, consul-général, et chargé d'affaires à Tripoli de Barbarie, passe à Tunis, et a pour sụccesseur M. de Bourboulon. M. Deval est nommé consul à Alep, et M. Ferdinand de Lesseps viceconsul à Alexandrie. On rétablit les vice-consulats de Gibraltar, Tiflis, Savannah et Tripoli de Syrie, et l'on en crée à Patras, Stettin , Jassy el Valparaiso.

- M. Dufaur de Montford, procureur du roi à Tonnerre, est nommé substitut du procureur général à Caen, et est remplacé par M. Paloite.

- M. l'abbé Durousseau, curé à Versailles , vient de recevoir la croix de la Légion-d'Honneur.

- M. Livingston est nommé associé étranger de l'Académie des sciences morales et politiques.

- La cour de cassation a cassé le 17, pour vice de forme, l'arrèt de la cour d'assises de la Seine, qui a condamné le sieur Léger à la peine des travaux forcés à perpétuité; comme coupable de meurtre dans les journées des 5 el 6 juin. Déjà une décision du conseil de guerre, qui avoit condamné cel individu à la peine de mort pour le même fait, avoit été annulée par la cour de cassation pour cause d'incompétence.

- L'audience du tribunal de commerce du 18 a été consacrée aux répliques des avocats, dans l'affaire de la Banque de France, contre M. Laffille et ses asso. ciés. M. Delangle a relevě avec chaleur quelques reproches adressés à M. le comto de Perregaux, son client. M. J. Laftille a pris aussitôt la parole pour répondre à ces explications qu'il a trailées d'inconvenanles, et justifier de nouveau sa conduite. Le tribunal a remis à quinzaine le prononcé du jugement.

- La cour royale vient de confirmier le jugensent qui a anuulé le testament par lequel le sicur Robinet, notaire à Meaux, a institué le sieur Eulantiu, chef des saint-simoniens. La cour n'a pas admis le fait de la captation, mais celui d'interpositiou de personne.

– La dame veuve Poussin et le sieur Barbier éloient cités, le 17, en police correctionnelle, pour avoir imprimé et édité les OEuvres chuisies de Grécourt, sans avoir fait le dépôt et la déclaration préalables. Barbier, dejà détenu pour dé. lit de la presse , s'est seul présenté : il a été acquiué. Le tribunal, considérant que la veuve Poussin est le seul éditeur de l'ouvrage, l'a condamnée par défaut à 2,000 francs d'amende.

- La Quotidienne, qui avoit été saisie le 19, l'a encore été le 20 au sujet de lellres relatives à madame la duchesse de Berry, dont l'une est signée par quatre curés.

- On espère que le premier des deux obélisques de Luxor, qui vient d'arriver à Toulon, sera rendu à Paris à la fin d'août. L'emplacement de ces deux précieux restes de l'antiquité est décidément arrêté. Ils doivent être érigés, l'un sur la place de la Concorde , l'autre au rond-point des Champs-Elysées, de manière qu'ils se trouvent dans l'axe qui passe par le centre du château des Tuileries et de l'arc de triomphe de l'Etoile. On sait que ces deux points étoient destinés à recevoir, le premier la statue de Louis XVI, et l'autre celle de Louis XV, dont les piédestaux étoient déjà placés à la révolution de juillet.

- On va élablir des camps de maneuvre à Saint-Omer, à Rocroy et à Vateguy. Il y aura un camp de cavalerie à Lunéville.

- A la sollicitation du gouvernement espagnol, M. de Calomarde, ancien premier ministre d'Espagne, et partisan de don Carlos, a reçu l'ordre de quitter Toulouse pour se rendre à Orléans.

- La cour d'assises d'Orléans s'est occupée, le 17, de l'affaire de M. de SaintPern, condamné d'abord par contumace à cinq ans de détention, comme complice d'un mouvement vendéen qui eut lieu l'année dernière dans l'arrondissement de

Baupréau. M. Janvier, avocat , a combattu avec talent les charges de l'accusation, et s'est écrié eu terminant qu'une aionistie devroit être prononcée depuis longtemps en faveur des prévenus politiques. Il s'est félicité aussi que c'étoit le dernier procès de Vendéen qui se jugeoit à Orléans. Les jurés, au bout de quelques mi. antes , ont déclaré M. de Saint-Pern non coupable.

- Il y a eu, le dimanche 12, une rixe sanglante à Sarrebruck, entre les bourgeois et les hussards en garnison. La lulle devint bientôt générale, et l'ou comple une trentaine de blessés parmi les habitans.

- Un commencement d'émeute a eu lieu, le 17, parmi les ouvriers charbonniers des houillères d'Anzin et de Saint-Vaast-là-Haut. Des rassemblemeus se sont formés, et les vitres des bâtimens de la direction de Saint-Vaast out été brisées. Le naire d'Anziu est parvenu à faire rentrer dans l'ordre ces ouvriers, dont le mont: vement avoit pour but une augmcutation de salaire. Leurs cris étoient : A bas les Parisiens !

- M. de Luppé, éludiant en droit, avoit formé opposition à l'arrêt de défaut de la cour d'assises de Toulouse, qui l'avoit condamné à six mois de prisout et 2,000 francs d'amende, coinne auteur d'une lettre d'adhésion à la protestation des étudians de la Faculté de droit de cette ville, contre la détention arbitraire de MADAME. Il s'est présenté, le 14 mai, devant le jury, qui à prononcé en sa laveur un verdict d'acquittement.'

- M. Dupin ainé a voulu que sa ville favorite possédål ime (cole d'enseigleement mutuel. Il a obtenu du gouvernement 1,200 fr. pour l'établissement d'une semblable écule à Clamecy (Nièvre).

* M. Ouvrard, ancien banquier et munitionnaire, vient d'acquérir dans les ētals roinains la Villa-Matteï, ancienne propriété des ducs de Farnèse.

- Le diplomale anglais Strafford-Canning a quitté Madrid, après avoir échoiré dans sa mission de déterminer le gouverneinent espagnol à intervenir entre, dou Miguel et don Pedro pour obtenir un arrangement quelconque, ou du moins un armistice. :::- Le grand-jury de Middlesex a décidé qu'il y a lieu à traduire en jugemen! Sainas Read, qui a distribué devant les hustings, à Covent-Garden, le pamphlet intitulé : Une Convention nationale , seul remède qui convient. Il sera jaye par la cour du banc du Roi.

- M. Cobbell a présenté, le 16, à la chambre des communes, ime notion tendant à faire rayer M. Peel de la liste des membres du conseil, comme avleur du bill actuel sur le système monétaire. M. Peel a répondu avec modération à la diatribe du député radical. La molion a été rejeiée à la inajorité de 2;8 contre 4.

- Le gouvernement anglais a présenté un bill en faveur des nègres dans les Indes occidentales. M. Stanley a proposé en leur faveur un plan d'émancipation plus élendu. A la chambre des pairs, les propositions de lord Filz-William, len paut à modificr la législation des céréales, vut elé rejelées sans division. , i

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