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CHAMBRE DES PAIRS. Le 20, on continue la discussion de la loi départementale. M. Roederer retire sa proposition, tendant à faire nommer les membres des conseils généraux par le roi sur une liste de candidats. L'art 4, relatif au mode d'élection , est de suite adopie.

L'art. 5 concerne les exclusions. M. de La Rochefoucault propose de rétablor celle des ecclésiastiques salariés. M. de Montlosier s'élève avee chaleur coutre toute participation du clergé daus les affaires ; il croit voir renaitre son influence. L'orateur parle de l'intolérance des curés, des refus de sépnlıure, d'abus de pouvoir ; il cite le concile de Trente, Fleury, elc, Sa diatribe, qui n'excite que des rires et des murmures , est en quelque sorle la reproduction de son ancien mémoire à consulter.

M. Sylvestre de Sacy répliqne à cette sortie, et montre qu'il n'y auroit aucun danger à ce qu'un ecclésiastique se trouvat isolément dans un conseil général. M. Rolerer aboude dans le sens de son ancien collègue de l'assemblée constituante. M. Portalis dit qu'il ne s'agit que d'une question d'égalité civile et d'égalité elecforale. M. le ministre de l'intérieur déclare que l'influence du clergé n'est aucii. nement à craindre aujourd'hui. L'amendement est rejeté. MM. de Montlosier et Ræderer se zout seuls levés pour le sontenir. ; La chambre vole ensaile successivement jusqu'à l'art. 15. . . .

Le 21, M. Cousin fait le rapport du projet de loi sur l'instruction primaire. Il propose Je“ rétablir l'intervention de plein droit des curés dans les comités conmunaux, où leur présence, dit-il, est encore plus nécessaire que dans les comités d'arrondissement où la chambre des députés les a maintenus. Il recouduit que la religion est inséparable de l'instruction élémentaire.

La chambre acbève ensuite la discussion de la loi départementale. On y ajoule une disposition qui rend passible des peines prononcées par l'article 123 du code pénal, les imprimeurs on journalistes qui feroient counoitre les actes du conseil général dont la publicité est interdile. D'après une modification proposée par M. de Baranle, les éligibles au conseil d'arrondissement seront les contribuables de cet arrondissement, dont un tiers an moins ayant leur domicile dans le déparlement.

Il ne reste plus à voter que sur les tableanx de circonscription ; la chambre de se réunira que quand ils seront révisés par la commission.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS. Le 20, M. de Schonen lit une proposition tendant à ouvrir un crédit de 3 mil, lions pour continuer le paiement des créanciers de l'ancienne liste civile, et un de 750,000 fra pour distribuer aux pensionnaires les plus nécessiteux , à l'exclusion de ceux qui auroient pris part à des troubles. M. Debelleyme fait une proposition à peu près semblable. Le développement n'aura lieu qu'après le vote de la loi sur l'emprunt grec.

On reprend la délibération sur cette loi. M. Eschassériaux se plaint de ce que le discours du ministre des affaires étrangères n'ait pas encore élé publié dans le Mo. niteur. M. Guizot répond que le Nouvelliste l'a inséré. M. de Corcelles demande alors que les ministres consentent à avouer ce journal comme le leur. M. le président Dupin excuse le Moniteur, qui a envoyé à M. de Broglie l'épreuve de son discours. Ce ministre déclare que son discours étant long,, il lui a fallu beaucoup de temps pour le retoucher. M. Auguis se plaint de ce relard, qui empêche les oraleurs de préparer leurs réponses. Rentrant ensuite dans le fond de la question, il cherche à réfuter toutes les observations de M. de Broglie. M. de Falguerolles parle en faveur du projet de loi. M. Bignon soutient que l'emprunt ne sera utile qu'à l'Angleterre et surtout à la Russie, qui recevra ainsi de la Porte l'argent de sa créance sur les Grecs. Il ne pense pas que la signature donnée par Louis-Philippe au Traité de Londres doive influencer la décision; cela ne se peut dans un gouver. pement représentatif. Quant au paiement , qui répond que dans dix ans le gouvernement grec sera le même, et aura la volonté ou la possibilité de payer ? La garantie paroil surlout devoir être repoussée, depuis l'intervention armée des Russes dans les affaires de la Turquie.

M. le ministre de la marine défend le projet de loi. Il entre dans des détails sur l'expédition de Morée et sur les dispositions des Turcs et des Grecs; il pense que l'empire ottoman n'est pas près de crouler, et engage la chambre à achever l'oeuvre entreprise en faveur de la Grèce. M. Mauguin est persuadé que les desseins de Gatherine sur la Turquie s'accompliront bientôt. Il représente la Russie comme prête à tout envahir, et il croit que l'emprunt en question ne fera que seconder son plan. Depuis trois ans, on jelte par milliards l'argent de la France, et aucune qnestion n'est encore résolue. L'orateur termine par une critique de la politique du ministère, qui n'a pris aucune mesure sage pour éteindre les partis, qui a révélé les foiblesses d'une jeune femme, dont les ennemis mêmes ont dû honorer le courage, et qui a tant persécuté la presse, que le jury refuse acluellement de condamner. · M. le ministre de l'instruction publique vante la conduite énergique du gouvernement dans les affaires d'Orient. It repousse le conseil que l'on donne de renoncer à toute intervention étrangère, surtoul de ce côté. Il voit beaucoup d'intérêt pour la France à augmenter son influence dans le fond de la Méditerranée. M. Guizot n'est point partisan de la propagande; mais il croit qu'il convient de seconder tout pays qui réclame des institutions; c'est un sentiment qui manquoit à la restauration, dont il ne faut pas cependant condamner tous les actes. M. Eschassériaux s'étonne du dédain ou de l'oubli des ministres pour la question financière ; l'intérêt des contribuables devroit prévaloir.

Le 21, M, le ministre du commerce et des travaux publics présenle le projet de loi amendé par la chambre des pairs, sur l'espropriation pour cause d'utilité publique.

M. Laffille développe sa proposition sur le dessèchement des marais. Il évalue å 600,000 beclares l'étendue des marais iucultes existant en France. M. Jaubert combat et M. de Tracy appuie cette proposition. Elle est prise en consideration.

On reprend la discussion du projet de loi sur l'emprunt grec. M. de Laborde pense que l'on doit consolider la Grèce comme l'on a aidé les Etats-Unis. M. Joly objecte l'état de nos finances , et prétend que l'on ne devoit seconder la Grèce que pour son indépendance; mais que cela ne convient pas actuellement qu'il y a un roi. M. Jay fait observer que, depuis l'arrivée du prince Othon, le calme et la prospérité ont reparu. Il cherche à établir que l'intérêt bien entendu de la France est de ne pas renoncer à son influence dans l'Orient. . M. Couturier présente un amendement tendant à ajourner la garantie de l'eniprunt grec, jusqu'à ce que les négociations sur l'Orient soient terminées. M. le ministre des affaires étrangères dit que cela équivaudroit à un rejet, et qu'il est d'ailleurs sans exemple que l'on ait refusé de voter sur un projet du gouvernement. La question préalable est prononcée. M. Mérilhou propose de ne garantir l'emprunt qu'après l'évacuation de l'empire ottoman par les Russes. M. de Broglie. fatigué de ces chicanes, soutient que la chambre n'a que la question de finaoces à examiner, qu'elle n'est pas appelée à apprécier le traité; qu'au surplus, si l'on rejetoit la demande du gouvernement, ou mettroit celui-ci dans le plus grand embarras. M. Mérilhou réplique. Son amendement est écarté. MM. Boissy-d'Anglas et Auguis proposent enfin de déclarer que la garantie de la France n'aura lien qu'autant que le gouvervement de la Grèce se sera reconnu débileur envers elle des sommes payées aux gouvernemens antérieurs , tant en espèces qu'en nature. M. Laurence demande que cet amecdement soit roté avant l'art. r' du projet de loi. Les centres ne manquent pas de s'y opposer; mais ils ne l'emportent qu'à une très-foible majorité. L'arl. rer, qui consacre la garantie pour 20 millions, est donc mis aux voix; mais l'opposition a soin de réclamer l'appel nominal, e l'article ne passe qu'à la majorité de 176 contre 140. On revient à l'amendement. M. de Broglie soutient que la chambre n'a aucune condition à introduire dans le traité. Le rejet est déclaré, quoique la chambre de paroisse plus en nombre. M. Auguis présente un autre amendement, tendant à exiger l'établissement préalable en Grèce d'un gouvernement constitutionnel et représentatif. Les centres murmurent à ce sujet, La délibération est renvoyée au lendemain.

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M. Andrieux, de l'Académie française , est mort à Paris le vendredi co mai. François-Guillaume-Jean-Stanislas Andrieux, né à Strasbourg le 6 mai 1959, fit ses études au collége du Cardinal-Lemoine à Paris, entra ensuite chez un procureur, el fut reçu avocat en 1981; mais son goût pour les lettres l'entrainoit dans une antre carrière. Il donna avant la révolution quelques pièces de ibéâtre, el fut secrétaire du duc d'Uzès. Les idées philosophiques avoient séduit sa jeunesse, et le disposèrent favorablement pour la révolution. Il obtint alors des places, fut juge au tribunal de cassation, député au corps législatif en 1798, puis membre du tri. bunat, dont sou esprit d'opposition le fit éliminer. Parmi ses pamphlets irréligieux, nous citerons une Epítre au Pape en 1790, Saint Roch et Saint Thomas, pièce de vers sur l'enterrement de mademoiselle Chaineroy en 1803, la Bulle d'Alexandre VI, etc. Il travailla long-temps à la Décade philosophique, fondée en 1794 par Ginguené, et qui étoit entièrement dans le sens de l'école voliai. rienne. Nommé professeur de littérature au college de France et à l'Ecole polytechnique, il y étoit un apôtre très-ardent de l'impiété, et, jusqu'à ces derniers temps. il y lournoit en ridicule la religion et les prêtres avec un zèle qui alloit jusqu'au fanatisme. Ceux qui ont suivi son cours savent avec quelle affectation maligoe il recherchoit les occasions de se faire applaudir par ses épigrammes philosophiques. C'est sans contredit up de ceux qui ont le plus contribué de nos jours à égarer la jeunesse qu’altiroient à ses leçons ses saillies piquantes, déguisées sous une apparence de bonbomie. Nous avons autrefois examiné dans ce journal, a' 195, t. VIII, l'esprit général des productions de M. Andrieux, qui se maintint en place pendant la restauration, tant la tyrannie étoit alors terrible, et tant le parti-prétre avoit d'influence! L'académicien succéda comme secrétaire perpétuel à M. Raynouard, Il étoit d'une très-mauvaise santé, et persista cet hiver à faire son cours, malgré le dépérissement de ses forces, comme s'il n'eût pas voulu perdre l'occasion d'ipsinuer ses idées d'irréligion. C'est à ce zèle que ses amis altribuent sa mort. Son convoi a offert une réunion très-nombreuse de députés, de littéraleurs, d'artistes, d'acteurs, etc. Des discours ont été prononcés sur sa lombe par MM. de Cessac, de Sacy, Droz, Tissot , par deux élèves de l'Ecole polytechnique, et par un Anglais, M. Spien. M. Tissot, entre autres, a loué dans Andrieux le disciple de Voltaire, l'héritier de ses doctrines. Il y avoit, a-t-il dit, plus d'une sympathie entre Andrieux et Voltaire; lous deux avoient compris la nécessité d'assaisonner la raison du sel de la plaisanterie; tous deux attribuoient les malheurs du monde au fanalisme et à la tyrannie, ligués ensemble pour opprimer les nations. Et cela a été dit sur une tombe! On l'auroit pris plutôt pour une reminiscence des clubs de 1993. : : ..

fe Gérant, Adrirn fr Clere,

COURS DES EFFETS PUBLICS. - Bourse du 22 mai 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 78 fr. 85c., et fermé à 79 fr. 00 e. Cinq pour 100, jouiss, du 22 mars, ouvert à 103 fr. 20 e., et fermé à 103 fr. 30 c.. Aations de la Banque. · ·.:.·.i::...: 1790 fr. 00 c.

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SAMEDI 25 MAI 1833.

(N° 3006.)

Lettre pastorale de M. l'évêque de Chartres.

Cette lettre pastorale, qui est datée du 12 mai, auroit été insérée ici dans son entier, si cela eût été possible ; elle se recommande à la fois et par l'exactitude des faits , et par la sagesse des réflexions. On en jugera par quelques extraits. La pastorale commence par un exposé succinct de l'origine du schisme de Léves : , « Dans tous les temps, les premiers pasteurs, éprouvés par quelque grande affliction, ont déposé leur douleur dans le sein des chrétiens fidèles placés sous leur conduite. Les préventions dont ils étoient l'objet, dissipées, et l'altachement de leur troupeau lanimé par les injustices mêmes dont ils avoient eu à gémir, oni été leur consolation la plus sensible et la plus chère. C'est cet adoucissement à nos peines que nous cherchons aujourd'hui, N.T.C. F., et votre droiture, comme aussi la connoissance que vous avez de nos sentimens et de notre caractère, nous persuadent que nous ne l'aurons pas cherché en vain. Vous connoissez les événemens arrivés à Chartres le 28 avril ; ils firent sur nous une impression d'autant plus douloureuse qu'ils étoieni moins prévus, et que l'esprit des habitans de celle contrée, la douceur de leurs moeurs, les rendoit plus invraisemblables. Mais ce ne sont point les violences dont ce jour fut témoin qui nous ont le plus affligé. Les calomnies qui les ont précédées, et dont les excès auxquels on s'est porté envers nous n'ont pu tarir la source, voilà notre croix la plus briste et la plus pesante. On veut à tout prix affoiblir à polie égard votre affection et votre confiance, auxquelles nous tenons plus qu'à la vie. Nous opposerons à cette tentative le moyen le plus propre à la faire échouer. Nous vous retracerons exactement les faits, et c'est presque la seule défense que pourra nous arracher la nécessité de ne pas paroître confirmer l'imposture par notre silence.

» Au mois de décembre, nous jugeâmes de notre devoir de révoquer le desservant de Lèves. Nous n'aurions pu en effet, sans prévariquer essentiellement, nous abstenir de prendre celle mesure; nous l'adoucîmes par tous les égards qui pouvoient en tempérer la rigueur. Toutes les marques d'intérêt, et d'intérêt effectif que nous croyions pouvoir se concilier avec notre conscience, furent données. Celui qui en fut l'objet le sait bien, et nous fûmes étonné

· Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

L

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